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Hockey sur glace

Les dernières parades de Jonas Hiller

Lundi matin, alors que le HC Bienne venait de terminer son premier entraînement sur la glace, son gardien vedette a lancé une énorme bombe: «Ma décision est prise, c’est ma dernière saison».

Débarqué au HC Bienne en 2016 après neuf saisons en NHL, Jonas Hiller raccrochera le printemps prochain. (Matthias Käser)

Laurent Kleisl

Presque dans l’intimité, très loin de la frénésie médiatique qui a agité, il y a quatre mois, la demi-finale de play-off péniblement égarée face au CP Berne, l’histoire a effleuré le HC Bienne. Lundi matin, deux monuments du hockey, respectivement régional et international, ont lancé la préparation de la dernière saison de leur auguste carrière. «Oui, c’est certain, le printemps prochain, j’arrête», réaffirme Mathieu Tschantré. Rien de nouveau dans le cours de l’existence de l’attaquant de 35 ans. Et Jonas Hiller, l’air de rien, de lâcher une bombe. Enorme. «Pour moi aussi, c’est la dernière saison...»

Comment? «Je préfère le dire maintenant, comme ça, c’est fait. Oui, c’est ma dernière saison», sourit le gardien des Seelandais. L’Appenzellois passe la deuxième couche: «Ma décision est prise. Il faudrait beaucoup de choses pour que je change d’avis. J’ai quand même 37 ans, j’en aurai 38 en cours de championnat, je veux arrêter alors que j’arrive encore à atteindre le niveau que j’attends de moi-même, et je suis très exigeant à ce sujet. Je n’ai surtout pas envie de jouer jusqu’à 45 ans juste pour tirer des contrats. Je préfère arrêter une année trop tôt qu’une année trop tard.»

Propriétaire depuis 2016 de Gin Kiteboarding, entreprise neuvevilloise commercialisant des kitesurfs, Hiller arrivera au terme de son contrat le 30 avril 2020. Cette échéance, pourtant lointaine, est soulignée au gros feutre dans les agendas des dirigeants seelandais. C’est que les gardiens helvétiques de qualité, potentiellement libres de tout engagement, ne courent pas les rues. «C’est exact, il n’y a pas grand-chose sur le marché», admet Martin Steinegger.

Une minuscule ouverture
Dans ce contexte plutôt angoissant, l’annonce prématurée du futur retrait de Hiller sonnerait presque comme un bienfait. Le directeur sportif du HC Bienne a devant lui une année pour dénicher la perle rare, le portier susceptible de succéder à une institution nationale, à un homme aux 437 matches en NHL avec les Ducks d’Anaheim et les Flames de Calgary, international à 69 reprises, aux Jeux olympiques et aux Mondiaux notamment. «Dans ma tête, ma décision est claire, mais on ne sait jamais. Des jours, je me dis que je peux toujours changer d’avis», souffle Hiller, comme amusé de brouiller les pistes.

Steinegger s’empresse de mettre le pied dans la porte. «Si une solution intéressante s’offre à nous, en novembre, en décembre ou je ne sais quand, j’en parlerai immédiatement avec Jonas», explique Stoney. «A ce moment-là, il me dira s’il est certain de raccrocher.»

Le directeur sportif s’imagine une ultime fenêtre d’opportunité dans ce dossier. «Si Jonas continue de jouer à son meilleur niveau et qu’il prend du plaisir avec notre équipe, on peut envisager qu’il revienne sur sa décision.» Le cas échéant, dont la probabilité reste très faible, le HC Bienne se verrait offrir une année supplémentaire pour trouver la perle rare. «En ultime recours, on partira avec un gardien étranger pour la saison 2020/21», note Steinegger.

Elien Paupe d’attaque
Dans l’immédiat, Elien Paupe continuera à épauler Hiller – Nick Wyss, 16 ans, a officié comme troisième gardien lundi. Opéré mi-janvier à une hanche, le Jurassien de 24 ans paraît apte à assumer sa tâche. «Cet été, Elien s’est entraîné au camp des gardiens de Verbier et n’a connu aucun problème», précise Steinegger. «Comme tout s’est bien passé, on compte sur lui, mais il n’est pas impossible qu’on prenne un gardien sans contrat le temps de la préparation.»

Hiller s’engouffre dans le vestiaire en portant le poids de sa carrière et de ses certitudes sur les épaules. «Désormais, je n’ai qu’une chose en tête: la saison qui arrive. Je veux la jouer au niveau que j’estime être le mien.» Il répète: «Et je suis très exigeant avec moi-même.» Excellente nouvelle.

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