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Hockey sur glace

Hypothétique reprise

Le lancement de la saison de National League est fixé au 18 septembre prochain. En théorie. Dans le pire des cas, le hockey attendra 2021. C’est la crainte ultime de Daniel Villard, CEO du HC Bienne.

Mardi 10 mars, le HCBienne de Michael Hügli affronte Fribourg-Gottéron en match de maintien en forme. Il n’est pas encore dit que les deux équipes se croiseront à nouveau durant l’année 2020. (Matthias Käser)

Laurent Kleisl

Royaume des calendriers, le monde du sport souffre de l’incertitude de l’époque. Prévue hier, l’assemblée ordinaire des 24 entités de la Ligue nationale a d’ailleurs été reportée à mi-mai. «Pour moi, la question centrale est de savoir quand est-ce que nous pourrons à nouveau jouer devant du public», coupe Daniel Villard, CEO du HC Bienne. Demain, après-demain, un jour renverra à ce temps béni d’un business fleurissant.

Dans les plans préalablement établis, la reprise en National League est prévue le 18 septembre. Un épais voile d’inquiétudes enveloppe cette date. «On peut s’imaginer commencer le championnat en novembre au plus tard, ce qui permettrait encore de caser les 50 rondes de la saison régulière», précise-t-il. La présentation d’un programme complet tient de la nécessité contractuelle vis-à-vis des détenteurs de droits de télévision.

Tous les clubs en danger
Pour l’exercice 2020/21, chaque organisation de l’élite helvétique touchera environ 2 millions de fr. venus des caisses d’UPC. Déjà privé de play-off ce printemps, ce généreux partenaire est tout particulièrement à soigner. Pour l’heure, comme l’intégralité du monde du hockey, il doit se contenter de spéculations et de scénarios fumeux qui imposent la plus grande prudence.

Une amorce d’exercice trop hâtive sans public serait néfaste pour le produit et les finances des fabricants du hockey professionnel. L’attente, également, serait annonciatrice de mauvais présages. «Beaucoup d’experts s’expriment sur la pandémie dans les médias, mais personne ne sait vraiment dans quelle direction nous allons», reprend Daniel Villard. «Si on ne joue plus en 2020, cela commencerait à devenir très dangereux pour les finances des clubs, y compris celles du HC Bienne. Avec un début de saison en janvier 2021, je ne pense qu’il y ait 12 équipes en National League sur la ligne de départ. De nombreux emplois sont en jeu.»

Treize pour se rassurer?
Une ombre funeste plane sur ce secteur d’activité. Cet augure fétide a provoqué un débat nourri, entre les 12 clubs de l’élite, sur la suppression du barrage entre la National League et la Swiss League au printemps 2021. L’absence de relégation permettrait d’adoucir les problèmes qui s’annoncent. Déjà privé de la possibilité de jouer pour la promotion cette année, le champion de deuxième division serait automatiquement convié à la table des grands, à laquelle un 13e fauteuil serait ajouté.

Ce strapontin – terme plus approprié – incommoderait l’avenir à moyen terme de la National League. D’où cette interrogation: le No 13 devra-t-il être relégué sèchement en 2022? «Cela peut tomber n’importe quelle équipe, même le HC Bienne», lance Daniel Villard. Autre piste: l’élite devra-t-elle passer à 14 pour éviter cet appel du vide? «A part Kloten, je ne vois qui pourrait monter», reprend Daniel Villard. «A l’heure actuelle, Olten n’est pas un candidat crédible, notamment d’un point de vue financier. Le constat est le même pour Viège. Pour ces deux clubs, la marche est encore beaucoup trop haute.» Elle l’est tout autant, voire davantage, pour Ajoie, Langenthal et La Chaux-de-Fonds.

L’évocation de l’augmentation du nombre de formations en National League conduit à l’autre grand dossier en souffrance: le volume de la légion étrangère. «Pour 2020/21, on va rester à quatre», lance le manager seelandais. «Cette question n’est pas une priorité actuellement. D’abord, on doit se mettre d’accord sur la formule. Si on passe à 13, nous devrons alors discuter de l’augmentation du nombre d’étrangers en se rappelant que les droits TV seront partagés avec une équipe supplémentaire. De nombreux éléments sont interconnectés. J’ai des discussions chaque jour avec des managers d’autres clubs. Aucune majorité claire ne se dessine, tout le monde à une vision différente.» Un autre effet insoupçonné du coronavirus?

 

Une esquisse d’accord en stand-by

Deux cent cinquante mille francs, c’est l’indemnité minimale que pourrait avoir à verser une franchise de NHL à un club suisse auquel elle pique un joueur sous contrat. L’accord se base sur les standards en vigueur entre la ligue nord-américaine et les championnats européens. «Pour le moment, tout est en stand-by, la NHL a des problèmes bien plus importants à traiter», lâche Daniel Villard. Au rythme de l’avancée des travaux, l’entente ne devrait pas être effective avant la saison 2021/22. Ce qui laisse du temps pour régler un épineux problème. En pratique, les cracks de National League abandonnent une infime portion de leur salaire contre une clause libératoire pour l’Amérique du Nord. «C’est un dossier compliqué», admet le CEO biennois.

Tout comme la possibilité évoquée pour un club se faisant enlever une étoile par une équipe de NHL de compenser en bénéficiant, sur la glace, du renfort d’un étranger supplémentaire. «Oui, cette idée est en gestation. Pour une équipe qui perd son gardien durant l’été, il est impossible de trouver un remplaçant sur le marché des joueurs suisses», justifie Daniel Villard. A limiter aux seuls gardiens, de préférence, afin d’éviter un grand n’importe quoi.

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