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Bienne

Seize jours pour dire stop au sexisme

Un groupe de travail bénévole issu du collectif biennois de la grève des femmes a mis sur pied un programme riche et diversifié pour dénoncer le sexisme. Etalé sur 16 jours, il débute le 23 novembre.

Les bénévoles organisatrices des 16 jours sont issues du collectif biennois de la grève des femmes. Parmi elles (de gauche à droite): Emmeline Bienvenu, Michelle Gisiger, Debbie Widmer, Graciana Fornage et Stefanie Nuozzi. Photo LDD

Julie Gaudio

Comme annoncé au lendemain de la grève des femmes, Le Journal du Jura a décidé de consacrer un article sur le thème de l’égalité entre les sexes chaque quatorzième jour des mois à venir.

Quand en juillet dernier, Emmeline Bienvenu reçoit la newsletter de la campagne suisse «16 jours contre la violence faite aux femmes», elle apprend que rien n’est organisé pour Bienne. Active dans le collectif biennois de la grève des femmes, elle lance un appel et huit femmes répondent présentes. En trois semaines, elles mettent sur pied un programme bilingue dans la cité seelandaise (voir ci-dessous). Une action 100% bénévole, réalisée en partenariat avec Solidarité Femmes Bienne et région, qui débute samedi 23 novembre.

La campagne des 16 jours a été créée en 1991 et se déroule chaque année dans plus de 180pays. La Suisse a rejoint le mouvement en 2008. A Bienne, Solidarité Femmes a régulièrement organisé des actions depuis cette année-là. Cette année, «la grève des femmes a donné un sacré élan», assure Emmeline Bienvenu.

Les 16 jours visent à sensibiliser la population sur les violences subies par les femmes: sexisme, harcèlement sexuel dans les lieux publics ou au travail, violence domestique qui tue toutes les deux semaines une femme en Suisse, discriminations contre les lesbiennes et transgenres, violences médicales, etc. «En Suisse, ces sujets sont tabous. On n’a pas envie de les voir et pourtant, ces violences existent», estime en outre Emmeline Bienvenu. Des films, des débats et des témoignages sont ainsi programmés. Le but est aussi d’offrir des outils et des contacts à toutes et tous pour agir en cas de besoin.

Avec les hommes

Le groupe a contacté plusieurs partenaires biennois et tous ont répondu présents. «Nous avons été bien reçues partout où nous avons présenté notre programme. Tous se sont montrés très contents de participer», raconte-t-elle, encore étonnée de ce bel accueil. Ainsi, Filmpodium, le Nouveau Musée de Bienne et la Bibliothèque de la Ville font partie des lieux qui proposent des activités dans le cadre de ces 16jours. Tous sont en entrée libre avec collecte, sauf  Filmpodium. Les recettes seront versées à la Mädchenhouse des filles.

Plus que «contre la violence faite aux femmes», ces 16 jours sont aussi «pour la dignité humaine». Un titre que le collectif a tenu à ajouter. «Le mot ‹contre› est trop agressif pour les hommes. Nous ne voulons pas les exclure mais construire un monde égalitaire avec eux, pas contre eux», explique Emmeline Bienvenu. Focaliser seulement sur les violences, cela aurait été «trop lourd», poursuit-elle avant de rappeler que «nous avons toutes et tous un cœur qui bat, avant d’avoir un sexe».

Le mois des femmes

Au-delà de ces «16 jours», novembre est, en quelque sorte, le mois des femmes. Déjà, la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes se tient le25. C’est d’ailleurs cette date qui, historiquement, lance les 16jours partout dans le monde.
Le 1er novembre, Solidarité Femmes a lancé «AppElle!», une ligne téléphonique d’urgence pour les femmes victimes de violences domestiques dans le canton de Berne. Un numéro (031 533 03 03) atteignable 24h sur 24 et tous les jours (Le JdJ du 01.11).

Enfin, Amnesty International Suisse  remettra une pétition le 28 novembre à la Chancellerie fédérale. Lancée en mai, celle-ci réclame la justice pour les victimes de violence sexuelle. Elle s’inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation axée autour du slogan: «D’abord oui, ensuite oh ouiii – Pas de rapport sexuel sans consentement mutuel.»  L’organisation non gouvernementale souhaite modifier le Code pénal suisse pour qu’un rapport sexuel sans consentement soit considéré comme un viol. Plus de 33 000 signatures ont déjà été récoltées en ligne.

 

Un programme varié à Bienne

A l’origine, les 16 jours se tiennent entre le 25 novembre, journée mondiale contre la violence faite aux femmes, et le 10 décembre, journée mondiale des droits de l’Homme. Or, cette année, la campagne est lancée dans tout le pays le samedi 23 novembre, pour plus de commodités. A Bienne, le programme est varié. Un rendez-vous est également organisé à Tavannes.

Samedi 23 novembre: manifestation pour lancer la campagne officielle, place Centrale, 14h.
Mardi 26 novembre: projection et discussion autour du film «On the basis of sex», Filmpodium, 19h.
Jeudi 28 novembre: soirée afro-féministe dans le cadre de l’exposition «Moi homme, toi femme, des rôles gravés dans la pierre?», Nouveau Musée de Bienne, 18h-21h.
Mardi 3 décembre: conférence sur la traite des femmes, Infokiosque, 20h.
Mercredi 4 décembre: Femmes en résilience – lectures et témoignages, librairie du Pierre-Pertuis, Tavannes, 19h.
Jeudi 5 décembre: apéro et échanges autour du film «La source des femmes», Haus pour Bienne, 20h.
Vendredi 6 décembre: tambours de grève, stand d’informations, vieille ville, dès 18h.
Dimanche 8 décembre: brunch, workshops et performance «Les dangers de l’amour», Haus pour Bienne, 9h30-17h.
Mardi 10 décembre: marche pour la dignité, gare de Bienne, 18h.
Du 18 novembre au 7 décembre: exposition de peinture de Danila Tramacere «The suffering of souls», Bibliothèque de la Ville.

Mots clés: Bienne, Femmes, 16 jours

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