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Hôpital de Moutier

Optimiste parce qu’il faut une solution

Attaqué de front par l'Entente jurassienne, Anthony Picard, président du Conseil d'administration de l'HJB réplique

Lundi soir au Conseil de ville de Moutier, Pierre Sauvain, au nom de l’Entente jurassienne a tiré à boulets rouges sur le président du Conseil d’administration de l’Hôpital du Jura bernois Anthony Picard (voir le JdJ d’hier). L’entente reproche tout particulièrement à Anthony Picard son revirement de position immédiatement après que le résultat du vote a été connu. En gros de très pessimiste, il est devenu instantanément optimiste, d’où ce fort soupçon exprimé qu’il aurait instrumentalisé l’HJB pour en faire un outil de propagande.

Contacté hier, Anthony Picard nie farouchement toute instrumentalisation, mais relève que le 18 juin, la donne a fondamentalement changé et que le premier janvier 2021, le site prévôtois de l’HJB sera sur territoire jurassien et dépendra directement de la politique du Gouvernement jurassien et de son bon vouloir. Son optimisme dépend donc entièrement du bon vouloir des Jurassiens, la balle est dans leur camp.

Economique, pas politique
«Quant à notre Conseil d’administration qui agit unanimement, il poursuit inlassablement le même but, à savoir défendre les intérêts des patients et du personnel au travers de sa mission qui est économique, pas politique», a-t-il tenu à préciser. Il confirme l’optimisme dont il a fait part parce qu’il n’y aura pas d’autre choix que de s’entendre. Cela aurait été beaucoup plus facile dans le canton de Berne dont la planification hospitalière donne beaucoup plus de marge de manœuvre à ses hôpitaux qui sont des sociétés anonymes. Or, ce qui conforte Anthony Picard dans sa vision, ce sont les propos de Philippe Receveur, président de l’Hôpital du Jura,  parus dans le Temps le 19 juin et qui espère que le Jura puisse s’inspirer de «l’excellent modèle bernois d’autonomisation des hôpitaux».

Il dit également revendiquer plus d’autonomie pour l’Hôpital du Jura dans le cadre d’une révision de stratégie hospitalière qu’il appelle de ses vœux. Et c’est bien par rapport à de tels propos qu’Anthony Picard veut croire à une sortie du tunnel qui impliquera que le Jura modifie sa position.

«La solution au problème existe, mais elle dépend de la volonté ou non de l’appliquer au niveau politique. Ils ont beaucoup de pain sur la planche!», explique-t-il en disant espérer un bon partenariat entre les cantons de Neuchâtel, Berne et Jura.  Cependant, Anthony Picard n’oublie pas que les questions que son Conseil d’administration avait posées à la ville de Moutier sur les missions qui seront attribuées au site prévôtois après la séparation, ainsi que les garanties sur l’emploi sont néanmoins toujours restées sans réponse. «Avant le vote, nous avons informé les citoyens et les employés de risques parfaitement avérés et qui le sont toujours. Il appartient aux politiciens de les résoudre!» De son côté, Pierre-Alain Schnegg rappelle la position du Gouvernement bernois qui n’a pas varié par rapport au vote du 18 juin.

«Il n’est pas envisageable de créer une planification par zone dans le canton de Berne», indique Piere-Alain Schnegg.

En revanche les propositions d’ouverture du canton n’ont manifestement pas été  entendues par ses adversaires qui l’ont toujours accusé de blocage. «Nous sommes pourtant toujours prêts à discuter d’une planification des soins à l’échelle de divers cantons, mais nous n’avons jamais reçu de demande dans ce sens. Nous ne sommes absolument pas opposés à collaborer et c’est écrit noir sur blanc sur la lettre que nous avons adressée à la ville pendant la campagne», ajoute-t-il.

Toujours pas de garanties
Le conseiller d’Etat bernois reste cependant pessimiste quant à l’avenir de l’HJB suite au vote du 18 juin. «Le Gouvernement jurassien se dit optimiste pour le site de Moutier, mais il ne veut pas donner de garantie quant au maintien de sa liste hospitalière, de mon point de vue c’est inquiétant.»

Il comprend pourtant parfaitement la position d’Anthony Picard: «Quel administrateur serait-il s’il disait qu’il n’y a aucune chance de survie? Pour moi, il joue parfaitement son rôle qui n’est pas de nature politique et je ne vois aucune raison de le pousser vers la sortie. Au Gouvernement, cela n’est pas un thème de discussion.»

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