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Bienne

L'utilisation temporaire des espaces vides a son règlement

Après un débat nourri et noueux, le Conseil de ville a accepté le Règlement sur l'utilisation temporaire des espaces vacants.

Le «Terrain Gurzelen», le plus célèbre cas actuel d’occupation intermédiaire d’un espace vide. archives

Par Didier Nieto

Trop souple, trop contraignant ou carrément inutile: le Règlement sur l’utilisation temporaire d’espaces vacants a divisé le parlement hier soir, avant d'être finalement accepté avec de légères modifications. Pour rappel, ce document élaboré par le Conseil municipal vise à mettre en œuvre l’initiative populaire «Animons les espaces vides», déposée en 2017 par les Jeunes socialistes (Juso). Il oblige les propriétaires immobiliers à annoncer leurs locaux ou terrains vides depuis plus de trois mois afin d’en permettre une utilisation intermédiaire. La Ville, qui récoltera ces données, remplira la fonction d’organe de coordination et de médiation entre les occupants éphémères et les propriétaires – ces derniers resteront toutefois libres, au final, de mettre ou non leurs biens à disposition.

Une chance ou pas? 
Au sein de l’hémicycle, personne ou presque n’a contesté la volonté de doper l’utilisation des espaces vides à Bienne. «De quoi encourager l’esprit novateur et promouvoir les rues piétonnes», a résumé Natasha Pittet (PRR). Reste que le règlement conçu par la Ville a soulevé de nombreuses critiques. «Obliger les propriétaires à s’impliquer n’est pas la bonne solution», a fustigé Peter Bonhnenblust (FDP). «Chacun doit pouvoir disposer de ses biens comme il l’entend, sans subir de pression. C’est une question de liberté individuelle», a enchaîné Olivier Waechter (UDC).
Au contraire, ce règlement est «une chance immense pour la créativité dans notre ville», a contré Max Wiher (PVL). Lui aussi séduit par la démarche, le PSR a tout de même émis ses craintes quant aux ressources que la Ville devra engager pour appliquer son règlement, a souligné Joseline Stolz.
Même s’il répond aux exigences principales formulées dans l’initiative, le règlement n’est pas non plus entièrement au goût des Juso. Le parti a exigé trois modifications majeures. Premièrement, les espaces vides doivent être mis à disposition d’activités sociales ou culturelles à but non lucratif exclusivement. «Personne ne doit pouvoir chercher à s’enrichir en profitant de cette possibilité», a argumenté Levin Koller. Deuxièmement: la Ville doit s’impliquer dans l’opération en tant que «partenaire contractuel». «Cette présence est hautement importante. Elle permettra aux propriétaires de déléguer leur responsabilité. C’est une garantie de sécurité pour ceux qui seraient effrayés à l’idée de céder temporairement leurs locaux.» Enfin, troisièmement: les utilisateurs intermédiaires ne doivent s'acquiter que des frais accessoires et administratifs. Seul ce troisième point – finalement accompagné de l'obligation pour des utilisateurs de payer les éventuels frais de réparation – a rallié une majoritétrois amendements se sont toutefois heurtés à la majorité du Conseil de ville. La proposition des JUSO de créer une "bourse aux espaces" pouvant être consultées par le public a elle aussi été acceptée.

Les JUSO n’ont pas été les seuls à soumettre des amendements. Le PRR a demandé de supprimer la sanction prévue – une amende allant jusqu’à 5000 fr. – à l’encontre des propriétaires n’ayant pas communiqué leurs biens vacants. L’UDC, elle, a demandé que seuls les locaux de 150m2 au minimum soient susceptibles d’être occupés temporairement, et non de 15m2 comme le propose la Ville.
Avant le vote final, le maire Erich Fehr a appelé les élus à donner une chance à un règlement qui vise à lutter contre les locaux vides. Après près de 3h30 de débat, le Conseil de ville a accepté le règlement sur l'utilisation temporaire d'espaces vacants par 32 voix contre 23. Celui-ci entrera en vigueur le 1er janvier 2020.

Plébiscite pour le nouveau centre d’athlétisme

Sport. Le parlement a accepté à l’unanimité un crédit de 3,8 millions de francs destiné à l’aménagement d’un nouveau centre d’athlétisme et d’un terrain de football au chemin du Long-Champ 1. Ces installations, jugées indispensables par de nombreux partis, remplaceront celles de la Champagne, vouées à disparaître dans le cadre du développement du quartier (Le JdJ du 12 juin) et durer jusqu’au printemps 2020.

Urbanisme. Le Conseil de ville a aussi donné son feu vert à deux projets immobiliers: l’un dans le secteur de la rue du Breuil, l’autre vers la place de l’Ours. Dans les deux cas, le parlement a largement accepté de modifier la réglementation en matière de constructions afin de permettre la création de nouveaux lotissements. A la place de l’Ours, au centre du quartier de Mâche, le concept urbanistique développé par la Ville prévoit de bâtir une tour de huit étages à l’emplacement de l’ancien restaurant du Bären. Dans le secteur de la rue du Breuil, situé entre le centre-ville et le quartier de Madretsch, il est prévu de construire plusieurs lotissements allant de quatre à huit étages (Le JdJ du 18 juin). Pour le Conseil de ville, ces projets valoriseront le paysage urbain de la ville tout en appliquant une stratégie de densification adaptée. Les deux objets seront soumis à la votation populaire le 20octobre. 

Mots clés: Bienne, Espaces vides

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