Vous êtes ici

Bienne

Les Romands se sentent discriminés

Le Forum du bilinguisme à Bienne a dévoilé mardi matin les résultats de son baromètre du bilinguisme

Denis Grisel a présenté les résultats du baromètre du bilinguisme (photo PSJ)

Marjorie Spart

Le Forum du bilinguisme a dévoilé mardi matin les résultats de son 4e baromètre du bilinguisme. Réalisé à intervalle de huit ans, cet outil a pour objectif de dresser un état des lieux de la pratique du bilinguisme dans la cité seelandaise.

Les résultats annoncés mardi montrent que pour 76% des sondés, le bilinguisme est perçu comme vecteur d'avantages. Il est aussi intimement lié à Bienne et véhicule l'idée d'un enrichissement culturel.

Par contre, ce sondage, réalisé en ligne entre les mois de mars et juin de cette année, montre aussi que les Romands sont moins satisfaits qu'en 2008, année du dernier baromètre. En effet, 87% des Romands estiment n'être pas traités de la même manière que leurs homologues germanophones, particulièrement dans les domaines de l'économie et de la formation.

Retrouvez plus de détails dans notre édition papier de mercredi.

 

Communiqué

Selon les résultats tirés d’un large sondage proposé à la population biennoise entre février et juin 2016, le bilinguisme dans la cité seelandaise demeure enthousiasmant, huit ans après le dernier « Baromètre ». Toutefois, s’il reste un composant de l’identité biennoise et présente plus d’avantages que d’inconvénients pour la population, les Romand-e-s sont moins satisfait-e-s qu'en 2008.
Le « Baromètre du bilinguisme » a été réalisé pour la quatrième fois en 2016, année-anniversaire des 20 ans du Forum du bilinguisme. Comme lors des précédentes éditions, il a poursuivi le but d’établir un état des lieux du bilinguisme à Biel/Bienne du point de vue des communautés germanophones, francophones et bilingues. 558 personnes de 18 ans révolus ont répondu à un sondage en ligne entre février et juin 2016. Les résultats de cette étude quantitative ont, par la suite, été interprétés par le Forum et précisés grâce à deux groupes de discussion rassemblant des Biennois-e-s issu-e-s des trois communautés linguistiques et de différentes tranches d’âge. En résultent un rapport complet et détaillé (41 pages) ainsi qu’une version « abrégée » sous forme de livret (28 pages pour chaque langue) destinée au grand public.
Des comparaisons avec les résultats de 2008 – à quelques occasions également avec 1998 – ont été effectuées afin d’évaluer l’évolution des tendances sur une vingtaine d’années. Finalement, une série de propositions et de recommandations générales et concrètes est disponible au terme du rapport détaillé.

Un bilinguisme toujours positivement perçu
En 2016, le bilinguisme est toujours largement lié à des notions et aspects positifs. Pour un quart de la population, il est associé au fait de parler deux langues, mais il renvoie aussi à la ville de Biel/Bienne, ainsi qu’à un enrichissement culturel. De plus, le bilinguisme représente, pour 76% des répondant-e-s, plus d’avantages que d’inconvénients. Finalement, Alémaniques et Romand-e-s confondu-e-s se considèrent majoritairement comme « Biennois-e-s » avant toute autre identification.

Les Romand-e-s moins satisfait-e-s qu'en 2008
La communauté romande semble toutefois plus critique sur plusieurs aspects. Cette baisse d’enthousiasme, en comparaison avec le « Baromètre 2008 », se ressent sur plusieurs points. Il faut, entre autres, citer une frustration quant à la communication à l’égard du bilinguisme dans l’espace public (48% d’insatisfait-e-s vs 23% en 2008), un rapport avantage/inconvénients moins pertinent qu’il y a huit ans (58% vs 71%) et, surtout, le sentiment d’être massivement désavantagé-e-s vis-à-vis des Alémaniques. En effet, 87% des Romand-e-s de Biel/Bienne (53% en 2008) estiment n’être pas traités de la même manière que leurs homologues germanophones. Ceci concerne particulièrement les domaines de l’économie et de la formation. Ainsi, les Romand-e-s semblent percevoir davantage de difficultés relatives au bilinguisme que les Alémaniques, particulièrement celles qui touchent directement leur communauté linguistique.

Le bilinguisme à l’école : un enjeu essentiel
La problématique du bilinguisme en milieu scolaire demeure un enjeu important pour les personnes interrogées et les résultats y relatifs sont plutôt nets. Une majorité des Biennois-e-s souhaitent qu’existe une opportunité (voire une obligation, quand il s’agit de l’école enfantine uniquement) de scolarisation en deux langues. Les participant-e-s rejettent également de manière massive (77%) le remplacement d’une des deux langues locales par l’anglais à l’école. Ils sont également 60% à considérer que les établissements scolaires biennois ne s’investissent pas assez en faveur du bilinguisme.
L’administration biennoise honore son Label du bilinguisme

Les résultats relatifs aux relations entre l’administration municipale et le bilinguisme sont largement positifs et prouvent que la certification obtenue en décembre 2014 par cette dernière est méritée. 70% des Biennois-e-s considèrent qu’elle est parfaitement/fortement bilingue. Ils/elles semblent donc satisfait-e-s de la manière dont l’administration biennoise aborde et vit le bilinguisme au quotidien.

Un préambule au futur Baromètre en entreprise
Dans la lignée de 2008, l’allemand standard se renforce comme langue principale des entreprises de la région (23% des salariés). L’étude nous apprend également que 54% des francophones ont déjà rencontré des difficultés dans leur recherche d’emploi à cause d’un manque de compétences en allemand. Seuls 16% de germanophones font le même constat à cause du français. La problématique particulière du bilinguisme en entreprise fera l’objet d’un « Baromètre » spécifique qui sera lancé au cours du premier trimestre 2017.
 

Articles correspondant: Région »