Vous êtes ici

Politique

La Suisse: un modèle pour Trump?

Maxime Ochsenbein, un membre du Conseil du Jura bernois, a vécu la campagne de Donald Trump de l’intérieur. Selon lui, le nouveau président s’intéresse notamment au fonctionnement de notre pays.

Le philosophe et écrivain Frank Mitchell, l’ancienne conseillère nationale PLR Geneviève Aubry, le conseiller du président George Lombardi, Maxime Ochsenbein et la responsable de la campagne de Trump pour l’Etat du Tennessee Rosine Ghawji (de g. à d.)

Aude Zuber

Maxime Ochsenbein, domicilié à Bévilard, a été nommé officieusement consultant par Rosine Ghawji. Cette Franco-américaine était la responsable de la campagne de Trump pour l’Etat du Tennessee. Son rôle consistait à l’informer de la perception des Suisses sur l’élection présidentielle américaine.

Le jeune UDC a rencontré Rosine Ghawji sur Facebook. Ils ont immédiatement sympathisé et ont énormément échangé sur le fonctionnement politique de leur pays respectif. En mai 2016, Rosine Ghawji l’a contacté pour l’informer qu’elle était en tournée européenne pour trouver des soutiens au candidat Trump. Il a saisi l’occasion de proximité et a pris l’initiative d’organiser un meeting.

Une rencontre dans le plus grand des secrets
Une dizaine d’élus fédéraux et l’équipe de campagne de Trump se sont ainsi entretenus pendant deux jours à Berne. A la question de savoir qui étaient les politiciens suisses présents, Maxime Ochsenbein ne divulgue aucun nom. «Ça s’est passé dans le plus grand des secrets et il est trop tôt pour les déclarations.» Heureusement, mon interlocuteur se montre plus bavard en ce qui concerne la nature des échanges. «L’équipe de Trump a écouté les doléances des élus suisses, notamment sur le dossier des banques, qui ont été malmenées sous la présidence d’Obama.»

Facebook, l’arme ultime?
Son équipe de campagne était très restreinte. «Dans les QG, il y avait très peu de monde, alors les médias ne l’ont pas pris au sérieux», commente le jeune homme. Alors comment a-t-il pu mettre en œuvre une telle campagne médiatique? Selon Maxime Ochsenbein, plusieurs éléments ont participé à sa victoire. L’organisation était pyramidale et très bien organisée. Ce qui a fait la différence est la communication par les réseaux sociaux. Plusieurs groupes constitués sur Facebook étaient très actifs. Une publication touchait dix millions d’Américains. Les médias ont sous-estimé cette voie pour mener campagne. A cela s’ajoute les déclarations sulfureuses et la multiplication des déplacements de Trump à travers toute l’Amérique. Une ressource humaine limitée était ainsi suffisante.

Un président légitime?
Est-ce que son élection est légitime lorsque l’on sait qu’il a obtenu moins de suffrages au vote populaire qu’Hillary Clinton? «Absolument. D’ailleurs en Suisse, il s’est déjà passé des situations similaires. Prenons le cas des élections au Conseil exécutif de 2014. Philippe Perrenoud (86 469 votes) est élu devant Manfred Bühler (94 957 votes) grâce à la moyenne géométrique», déclare-t-il avec fermeté. Néanmoins, une différence notoire existe dans cette comparaison. La moyenne géométrique est un système qui a été mis en place pour représenter la minorité francophone de Berne. Alors qu’aux Etats-Unis, il n’est pas question de rééquilibrer la représentativité d’une minorité.

Une collaboration helvético-américaine?
Le président Trump dit vouloir instaurer une politique protectionniste. Durant sa campagne, il a déclaré à plusieurs reprises l’Amérique d’abord. Alors quelle collaboration peut-on espérer avec l’oncle Sam? D’après les sources de Maxime Oschenbein, Trump a une grande estime pour la Suisse et souhaiterait même s’inspirer du système de santé helvétique. De plus, il prévoit un accord concernant les échanges de savoirs et de technologies. Seul l'avenir nous le dira.

 

Articles correspondant: Région »