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Consommation

Des réfrigérateurs publics pour éviter de jeter les aliments

Les bénévoles de l’organisation Foodsharing s’engagent pour lutter contre le gaspillage de nourriture

Patrick Pulver, Gabi Gäumann et Nathalie Wyss (avec son fils Neo), trois des sept membres de l’antenne biennoise de Foodsharing. Photo ©: Matthias Käser

A quelques heures du départ en vacances, le réfrigérateur est à moitié plein. À quelques minutes de la fermeture du magasin, les étagères de la boulangerie sont couvertes de pain. Toutes ces denrées sont encore consommables. Or, elles finissent généralement à la poubelle. En Suisse, un tiers des denrées alimentaires est jeté. L’organisation de bénévoles Foodsharing (partager la nourriture) part en guerre contre ce gaspillage. Elle a ouvert sur internet une plateforme permettant d’offrir les excédents de nourriture grâce à l’installation dans le domaine public de réfrigérateurs accessibles à tous.

Nourriture gratuite

Pour l’instant les offres provenant de la région sont plutôt timides. En Suisse, le concept ne fait pas fureur, contrairement à nos voisins allemands et autrichiens. L’idée est pourtant séduisante: les ménages et les commerces peuvent faire cadeau de leurs surplus de nourriture. Les personnes intéressées s’annoncent et vont chercher les produits à un endroit convenu. En Allemagne, ce système prévu à l’origine pour les grandes villes s’est répandu comme un feu de paille dans les campagnes.

Localisation sur Facebook

Dans beaucoup de villes allemandes, des bénévoles de Foodsharing installent et entretiennent des réfrigérateurs accessibles à tous dans la rue ou dans les arrière-cours. Ce sera bientôt le cas à Bienne. Les denrées sont récoltées par des «Foodsavers» (sauveurs de nourriture) auprès des boulangers ou autres commerçants et des privés. Elles sont ensuite emballées et placées dans les réfrigérateurs, prêtes à être emportées. La page Facebook de Foodsharing annonce quelle nourriture est mise à disposition et dans quel réfrigérateur elle se trouve.
Pour l’instant, nul ne sait quand et où la campagne démarrera. «Mais ce sera avant le mois d’août», déclare Patrick Pulver, initiateur de l’antenne biennoise de Foodsharing. L’équipe se compose de sept bénévoles, et trois sites seraient sur le point d’être autorisés. Pour l’instant, tout se passe par le biais des réseaux sociaux. On y cherche des réfrigérateurs et des bénévoles, mais surtout des commerçants disposés à céder leurs invendus. Le magasin bio Phönix a déjà assuré qu’il participerait à l’opération. De leur côté, les grands distributeurs ont répondu par la négative. Chez Coop, les produits qui finissent à l’incinérateur ne représenteraient que 0,2% du stock (0,1% chez Migros). Le taux de marchandises invendues mais encore consommables s’élèverait à 1,4%. Ces denrées-là sont distribuées à des associations de soutien alimentaire, comme Table suisse ou Table, couvre-toi. «Tout ce qui n’est pas consommable est transformé en nourriture pour animaux ou en compost», explique Christine Gaillet, porte-parole de Migros. Coop procède de la même manière. Les grands distributeurs sont tenus d’imposer aux organismes repreneurs de denrées des normes d’hygiène très strictes, raison pour laquelle ils déclinent tout partenariat avec Foodsharing.

Offre pour tout le monde

Contrairement aux apparences, Foodsharing n’a pas l’intention de faire de la concurrence aux grands distributeurs en matière d’assistance aux nécessiteux. «Tout le monde peut profiter de notre offre. Peu importe qui se sert dans nos réfrigérateurs, que ce soit un marginal ou Nick Hayek, c’est égal», explique Patrick Pulver. Les adeptes du projet sont d’ailleurs plutôt des personnes sensibles aux problèmes environnementaux. Il existe à travers toute l’Europe une véritable communauté opposée à notre société de gaspillage. Il en va de même à Bienne: plus de 600 disciples ont d’ores et déjà rejoint Foodsharing Bienne sur Facebook, alors que l’action n’a pas encore démarré. eru-mg

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