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Tramlabulle

Classe tous styles

Pour la 23e fois, le plus vieux festival de Romandie s’en vient transformer le CIP en temple de la BD. Auteurs originaux, expos revendicatrices, performances dessinées? Ne reste qu’à demander le prix. Raté: tout est gratos.

Tania Scommegna, Mathieu Chaignat et Cédric Humair:toujours aussi enthousiastes à l’idée d’organiser le festival le plus convivial de la planète BD. Et le plus ancien de Suisse romande, accessoirement.

Par Pierre-Alain Brenzikofer / Photo Stéphane Gerber

Difficile de passer du 22 au 23, quand on mise sur les gags faciles. Pourtant, l’ultime chiffre a une signification, lui aussi. Qu’on vous livre évidemment franco de port: «Nombre harmonieux favorable à la réussite. Apporte protection et appuis dans les entreprises. Travail et persévérance sont généralement récompensés par le succès et par la popularité...»

Une définition qui colle à la peau de Tramlabulle, non? Du vendredi 27 au dimanche 29 septembre, ce festival unique en son genre battra à plate couture la cave Dom Pérignon côté nombre de bulles. «Au niveau émotionnel, les auteurs adorent venir ici, assène Didier Juillerat, directeur du CIP qui abrite la fête depuis les débuts. Ils sont beaucoup plus disponibles que dans les autres rendez-vous du genre. A Tramelan, ils sont accueillis et cocoonés. Nul ne joue la star. Comme ils dorment au CIP, ils sont comme à la maison.»

«Sans le CIP, Tramlabulle n’existerait plus, juge le président Cédric Humair, soucieux d’enfoncer le clou. Et c’est nous qui choisissons les auteurs en fonction de nos passions, pas les éditeurs.»

Jonglant avec l’aisance qu’on lui connaît entre son job au CIP et sa fonction au sein de Tramlabulle, Mathieu Chaignat décoche une ultime flèche de Parthe: «Entre le CIP et le festival, le budget atteint tout juste 80000fr. A Delémont, vous pouvez ajouter un zéro. Mais là, ils ont recours à des pros.» «Ici, seule la passion domine», jubile Didier Juillerat.

Et, pour la bonne bouche, alors qu’une âme simple demande quelle différence il y a entre Sierre et Tramlabulle, le président Humair a la réponse qui tue: «Nous, nous existons toujours!»

On l’aura compris, Tramlabulle tenait conférence de presse, hier, sur les lieux du futur crime. Comme l’a révélé le président Humair, 30 auteurs seront présents cette année, sans compter les free lance et autres desperados.Parmi les «stars», onze Suisses, quatorze Français, cinq Belges et un Kosovar. Et parce que l’illustration est la meilleure défense du 9e Art, six expositions – un record – qui utiliseront la surface du CIP dans ses moindres recoins. Au menu? Nina Jacqmin, jeune Belge auteure de l’affiche de Tramlabulle. Le Français Christophe Girard, lui, se passionne pour Zola et l’affaire Dreyfus. Vincent l’Epée? C’est le dessinateur du JdJ, entre autres. Si vous aimez Blocher, Trump et les Renault 4L, vous avez toutes les chances de devenir son pote.

Quant à Guznag, illustre illustrateur bruntrutain, il proposera une histoire sur un seul tableau. Le rebelle Pitch Comment s’en viendra exposer «Les très riches heures du canton du Jura», un tantinet orientées. Soit une frise de 45mètres. Quand même moins que la Tapisserie de l’Apocalypse au château d’Angers et ses 140 mètres! Quant à la sixième expo, elle sera interactive, le fidèle Daniel Thurre emmenant le visiteur aux quatre coins du CIP en quête d’objets, d’odeurs et de sens.

Quelle variété!
Une fois de plus, les auteurs constitueront le plat de résistance. Et il y en aura pour tous:jeunes, vieux, cérébraux, sensuels, francs rieurs et même dépressifs. Cédric Humair, en esthète consommé, est tout heureux de pouvoir accueillir Gani Jakupi, Kosovar exilé en Espagne, qui a forcément la révolution dans le sang. Ghislaine Dulier ravira les kids avec Sam & Watson évoquant les relations entre un enfant et son chat. Côté jeunesse, d’aucuns hurleront leur joie en apprenant le retour de Michel Rodrigue (Cubitus) et Philippe Luguy (Les bons tuyaux, Percevan).

«Nous ne sommes pas peu fiers d’accueillir la coloriste Jacqueline Charance», a insisté le président. Le coloriste est en effet le parent pauvre de la galaxie. A tort! Côté animations, on citera fissa les performances dessinées, avec le duel au soleil Caro-L’Epée, le concert dessiné qui verra l’entrée en scène du bondissant Peter Gasser et de ses Yellow Note, la possibilité de venir vendre ses BD grâce à Trocazabulles, les deux films au Cinématographe, le spectacle Olive pour les plus jeunes la virtualité virtuelle dans tous ses états à la médiathèque, avec simulateurs, casques et tout le tintouin. De quoi attirer 5000 personnes au moins.Mais comme tout est gratuit, dur de faire une estimation précise. Au moins, on ne compte pas trois fois la même personne comme ailleurs, ainsi que l’a glissé le malicieux Mathieu Chaignat

Programme complet en fin de journal, dans les pages du Progrès-Courrier.

Comme un lion dans Middlecage

Le Middlecage nouveau est arrivé. De g. à d., David Kessi, Stéphane Froidevaux, Steve Fari, Romain Béguelin et Glenn Grossenbacher. Photo: LDD
Quand on oscille entre Tavannes et Tramelan, on ne peut que faire rocker Tramlabulle!

Après avoir presque volé le show à Galaad à Delémont dans l’enfer du prog, les grunge rockers remontent au front, galvanisés qu’ils sont par le retour de leur charismatique chanteur originel Steve Fari, l’Eddie Vedder de la Vallée. Pour appuyer le guitariste vintage Romain Béguelin, Stéphane Froidevaux, un p’tit nouveau, a tout intérêt à tenir ses cordes par le bon bout. A la batterie, Glenn – Bonham – Grossenbacher se réjouit comme un gosse de pouvoir martyriser ses peaux dans son fief.

Carrie au bal de Diabolo
Moralité? Heureusement que le bassiste David Kessi est là pour tenir le tout! Le vendredi 27, au CIP (21h), ils laisseront toutefois à Diabolo (sans Satanas) le soin de chauffer la salle avant de fourguer leurs nouvelles compos.

Comme d’hab, une sélection éclectique
La liste de Tramlabulle:
Balthazar Flore (B) Les Louves, Frida Kahlo
Bédu (B) Les Psy
Bénédicte (CH) Du lourd!, Bénédicte 1
Biancarelli Franck (F) Une erreur de parcours, Grand Est
Cabrol Steven (F) Surcouf
Cachemaille Julien (CH) Frida, Flink
Caro (CH) Le meilleur du dessin de presse Vigousse
Charrance Jocelyne (F) Le rendez-vous d’onze heures
Comment Pitch (CH) Les très riches heures du Jura
Degome Pal (CH) Floppy
Di Silvestro Vincent (CH) Dites-le avec des fleurs
Dulier Ghislaine (F) Sam & Watson
Girard Christophe (F) L’Affaire Zola, Virginia Hill
Guznag (CH) Performance dessinée (samedi)
Houot André (F) Le rendez-vous d’onze heures
Jacqmin Nina (B) Les ruines de Tagab, La tristesse de l’éléphant
Jakupi Gani (E) El Commandante Yankee, Retour au Kosovo
Le Berre Eric (F) Les nains de Martelfer, Seznec
L’Epée Vincent (CH) Buffet froid
Luguy Philippe (F) Percevan
Michel Guy (F) Surcouf
Munoz Jonathan (F) Godman, Mauvaises Mines
Péroz Maxime (F) Big Bang Saïgon
Raives Guy (B) Purple Heart, Sous les pavés
Ridel Curd (F) Le bâtard des étoiles, Le P’tit coach
Rodrigue Michel (F) Les nouvelles aventures de Cubitus, Bidule
Segal Laurent (F) Là où poussent les coquelicots (documentaire dvd)
Sjöestedt Nicolas, Jo (CH) Farinet, Comment ne pas se perdre dans le noir
Sjöestedt Yvan, Ted (CH) Farinet, Comment ne pas se perdre dans le noir
Warnauts Eric (B) Purple Heart, Sous les pavés

+ Fanzines et auteurs régionaux.
Parmi lesquels le bondissant Denys Mathey, le rusé Chrigou et les punks genevois authentiques de La Puce...

Mots clés: Tramlabulle, Tramelan, CIP, BD

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