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Moutier

Beauté au service de la prévention

Une Prévôtoise de 20 ans élue Miss Afrique Suisse et ambassadrice de l’Association aide suisse contre le sida

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Pierre-Yves Theurillat

Elle fait la fierté de ses parents: après une première expérience mi-figue mi-raisin au concours de beauté Miss Suisse francophone, Laura Otieno, peu persuadée de l’intérêt de la démarche, accepte, sur l’insistance de son papa, de concourir encore une fois, pour le titre de Miss Afrique Suisse 2014 et d’ambassadrice de l’Association Aide suisse contre le sida. La belle Prévôtoise remportera ce concours:«J’ai surtout accepté finalement de concourir pour ce rôle d’ambassadrice. Il ne s’agit pas juste d’être regardée. Il faut avoir de bonnes idées, savoir de quoi on parle». Ses parents, Lindsay et Kate Otieno, lui Kenyan, elle sage-femme et infirmière d’origine anglaise, ont créé et ouvert entre 2003 et 2004 l’orphelinat Sainte-Catherine, au Kenya: «Nous avons commencé avec dix enfants orphelins et une personne employée. Dix ans plus tard, il y a 40 enfants et cinq employés. L’orphelinat coûte 3000 francs par mois. Nous n’avons aucune aide kenyane, seulement suisse et anglaise. La moitié du financement est toujours à trouver», dit Kate Otieno, qui ajoute:«Ils connaissent la mort de près, l’espérance de vie n’est pas élevée, malgré les médicaments gratuits, la trithérapie. 80 à 85% des femmes ont le sida, à l’hôpital, là-bas!» Pour aider au financement de l’orphelinat, l’association des Amitiés Suisse-Kenya dont ils font partie a organisé récemment un souper de soutien africain à la Maison des Oeuvres de Moutier. En parallèle, une vente de poules confectionnées par les élèves des classes de Moutier, ainsi qu’un marché africain ont été mis sur pied:«Un succès fou et une soirée merveilleuse!», se rappelle Kate Otieno. D’ailleurs, les quelques poules bricolées qui restent à vendre le seront aujourd’hui même sur un banc à la Foire aux cramias. C’est donc en connaissance de cause, dans un contexte très à propos que tombe ce titre pour leur fille, Laura Otieno, étudiante à la Faculté des Hautes Etudes commerciales de l’Université de Lausanne: «Au début, c’est vrai, j’étais réticente. Je sais ce que c’est que ce monde-là et je n’étais pas motivée. Mais j’ai vu que cela ne me prenait pas trop de temps et en fin de compte, ça m’a plu. Je n’étais pas comme une poupée. On m’a posé des questions sur le sida, j’ai été élue en live. Comme mes parents ont créé cet orphelinat, j’avais une bonne approche du sujet. Lorsque je suis retournée au Kenya, j’ai été accueillie en star et ai eu droit à toutes les interviews des médias sur place. J’ai été accueillie l’été dernier dans la salle où le président nouvellement nommé fait traditionnellement son premier speech, à Nairobi».

Les tâches d’une miss

Mais quelles seront ses tâches de miss et d’ambassadrice? «Je travaille avec un agent, dont l’association fonctionne aussi en Afrique. On doit faire des petits films pour la prévention. Le but n’est pas de défiler, mais de débattre sur le sida en diverses occasions, au travers d’un talkshow mensuel via African Mirror TV. Tout un tas d’événements auront lieu. Des conférences... A l’Africa Fest de Winterthour cet été, je suis sensée accueillir les artistes, Magic System et Shaggy, et les enjoindre à parler de la prévention du sida.»
Bénéficiaire du Diplôme officiel Swiss HIV Hilfe, elle constate: «Beaucoup d’enfants n’ont pas de parents à cause de cette maladie. A l’hôpital de Sega, ils ne prennent pas de précautions. Ils savent bien comment ça se transmet. Ils ont peur qu’on les regarde comme des zombies, qu’on les mette de côté. Il y a des raisons culturelles qui expliquent ce mal, comme le fait d’avoir plusieurs femmes. Je vais aller au Kenya, à l’orphelinat et parler, évoquer les projets aussi. Ces enfants sont de ma famille, je les connais!» Mais cela continuera-t-il après, au-delà de son rôle double de miss et d’ambassadrice? Elle dit ne pas savoir encore: «Il faut que je fasse un maximum de choses bien durant cette année. Ils ont plein de projets pour moi, c’est sûr. Je suis la première dans ce cas, ils verront et décideront», conclut la belle et jeune Prévôtoise, convaincue d’autant plus de la nécessité de son action humanitaire et de son rôle de représentation.

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