Vous êtes ici

Alimentation

Allez, vous en prendrez bien encore une bonne poignée, non?

La consommation d’insectes pourrait remplacer celle de la viande, mais elle inspire de la répulsion

Ça croque sous la dent, ces petites bêtes… A-Keystone

(c-pho) La vente d’insectes pour l’alimentation humaine devrait être autorisée en Suisse dès l’année prochaine. Or, d’après une étude menée par les chercheurs en consommation à la Haute Ecole des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) de la Haute Ecole spécialisée bernoise (HESB), les Suisses se montrent plutôt frileux à l’idée de manger des insectes.

Il existe pourtant de bonnes raisons pour recourir aux insectes au lieu de la viande comme source de protéines. Tout d’abord, leur production est considérée comme durable. En plus, ils fournissent des protéines de qualité et contiennent peu de graisse, ce qui les rend sains. Dans le cas d’une production à échelle industrielle, cette alternative pourrait même devenir intéressante en termes de prix. Finalement, les insectes, avec leur petit goût de noisette, ouvriraient de nouvelles perspectives dans le domaine sensoriel.

«Mais ces arguments ne suffisent pas toujours à convaincre les consommateurs. Et lorsque c’est le cas, leur comportement d’achat n’en est pas forcément influencé», explique Thomas Brunner, professeur en comportement des consommateurs à la HAFL.
Avec des collègues, il a mené un sondage des deux côtés de la Sarine afin de voir dans quelle mesure les consommateurs étaient prêts à manger des insectes et de comprendre leurs motivations.

Nourriture saine et écologique, oui, mais…

Globalement, les personnes sondées affichent une attitude neutre par rapport aux quatre arguments que sont la durabilité de la production, le fait que les insectes soient sains, leur prix et leur goût. Ce sont la durabilité et l’aspect santé qui ont obtenu les meilleurs scores et qui inciteraient les sondés à mettre des insectes au menu. Mais rares sont ceux qui sont vraiment prêts à franchir le pas.

Le sondage révèle toutefois que près de 16% des personnes interrogées ont déjà mangé des insectes, la plupart par curiosité. Parmi elles, près d’un quart a indiqué que s’ils n’en mangeaient pas plus souvent, c’était parce qu’ils n’en avaient pas l’occasion. Quant à ceux qui n’y avaient jamais goûté, presqu’un tiers a déclaré que c’était pour cette même raison. Quoi qu’il en soit, si on ne mange pas des insectes, c’est principalement parce qu’ils inspirent de la répulsion (44%).

Romands moins dégoûtés
L’entomophagie, ou consommation d’insectes, est plus connue en Suisse romande et la population s’y montre plus ouverte qu’outre-Sarine. Un détail intéressant: les critères gustatifs semblent convaincre davantage qu’en Suisse alémanique. Du moins, l’argument selon lequel les insectes pourraient apporter une plus-value gustative semble avoir pesé plus lourd. Mais, quelle que soit la région géographique, la commercialisation des insectes comme nourriture ne sera pas une entreprise facile.

Articles correspondant: Région »