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Bâtiments incendiés aux Iles Salomon

Plusieurs bâtiments incendiés dans la capitale des Iles Salomon

Plusieurs bâtiments ont été incendiés jeudi à Honiara, la capitale des Iles Salomon, selon des témoins. Des milliers de manifestants ont envahi le quartier chinois de la ville, exigeant la démission du Premier ministre.

Les Iles Salomon ont déjà connu des tensions inter-ethniques qui avaient entraîné le déploiement entre 2003 et 2013 d'une force de paix dirigée par l'Australie (archives).

(ats) Des témoins et des médias locaux ont fait état d'une foule bravant le couvre-feu, imposé à la suite des émeutes de la veille, pour descendre dans les rues.

Des images retransmises en direct ont montré des bâtiments en flammes et le panache d'une épaisse fumée noire s'élevant au-dessus de la capitale.

Mercredi, des centaines de personnes ont manifesté, réclamant la démission du Premier ministre Manassah Sogavare, avant de se rendre dans le quartier chinois de Honiara, où ils ont brûlé un poste de police et pillé des commerces jusqu'à l'intervention de la police avec des gaz lacrymogènes.

Suite à ces incidents, M. Sogavare a ordonné un couvre-feu immédiat à Honiara, déplorant un "événement triste et malheureux visant à faire tomber un gouvernement démocratiquement élu".

Des manifestants venus de l'île voisine de Malaita auraient pris part à ces violences pour protester contre la décision, en 2019, de transférer sa reconnaissance diplomatique de Taïwan à la Chine. Les Salomon avaient choisi de reconnaître Taïwan en 1983 et beaucoup d'habitants de Malaita entretenaient des relations étroites avec Taipei. Le gouvernement de cette île a régulièrement reproché à Honiara de s'être ainsi rapproché de Pékin.

Cet archipel du Pacifique, indépendante de la Grande-Bretagne depuis 1978, avait sombré dans des violences inter-ethniques au début des années 2000. De nouvelles tensions avaient entraîné le déploiement entre 2003 et 2013 d'une force de paix dirigée par l'Australie.

Le leader de l'opposition, Matthew Wale, a exhorté M. Sogavare à la démission, assurant que les troubles ne cesseraient pas avec un couvre-feu encadré par la police. "Malheureusement, les frustrations et la colère rentrée du peuple contre le Premier ministre se répandent de manière incontrôlable dans les rues, où des opportunistes profitent de la situation", a-t-il déclaré dans un communiqué obtenu par l'AFP.

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