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Prévisions économiques mitigées de la Fed

Etats-Unis: la Fed publie des prévisions économiques mitigées

L'économie américaine devrait s'en sortir un peu mieux que prévu en 2020. Mais le retour à la situation florissante du début de l'année est encore loin, et la crise touche les Américains de manière très inégale, a averti la Banque centrale américaine.

(ats) La récession sera moins forte que prévu en 2020, et l'emploi devrait se redresser plus vite qu'anticipé. Pour autant, le rythme de la reprise aux Etats-Unis est "hautement incertain", a reconnu mercredi le président de la Fed, Jerome Powell.

De plus, l'activité économique demeure d'une manière générale bien en deçà de ses niveaux d'avant la pandémie de Covid-19, a-t-il ajouté. "Je dirais qu'il faudra du temps pour (retrouver) l'expansion" économique, a-t-il commenté.

La chute du produit intérieur brut des États-Unis devrait toutefois être moins brutale que prévu en 2020, avec une baisse de 3,7%, au lieu des 6,5% prévus en juin, lors des dernières prévisions de la Fed. En revanche, le rebond qui suivra sera lui aussi moins fort: 4% en 2021 et non 5%, et 3% en 2022 au lieu de 3,5%, puis 2,5% en 2023.

"La reprise de l'économie va dépendre étroitement de l'évolution du virus", a déclaré dans un communiqué la Fed, qui a conclu mercredi sa dernière réunion monétaire avant l'élection présidentielle du 3 novembre, théâtre d'un duel entre le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden.

"L'actuelle crise sanitaire continuera à peser sur l'activité économique, l'emploi et l'inflation à court terme, et pose des risques considérables sur les perspectives économiques à moyen terme", ajoute-t-elle.

Le taux de chômage devrait aussi être moins élevé que prévu, à 7,6% en 2020, contre 9,3% estimés en juin quand l'économie se remettait alors progressivement en mouvement après la paralysie provoquée par la pandémie de Covid-19.

Les chiffres du mois d'août ont été meilleurs que prévu avec un taux de chômage réduit déjà à 8,4% après un pic historique de 14,7% en avril. Mais il reste "un long chemin" avant de retrouver le plein emploi, a estimé Jerome Powell.

Le mois de février semble loin, avec son taux de chômage au plus bas depuis 50 ans, à 3,5%, qui n'est toutefois "pas un chiffre magique", a-t-il encore dit. Car, "personne ne peut dire si ce chiffre est la référence" du plein emploi, a-t-il ajouté.

L'emploi maximum est l'objectif sur lequel la Réserve fédérale a décidé de concentrer ses forces. Permettre à tous les Américains d'avoir un emploi est en effet la meilleure manière pour la Fed de relancer durablement la machine et de réduire les inégalités, très fortes dans le pays et exacerbées par la crise.

"Nous voyons l'emploi maximum comme un objectif large et inclusif", a explicité Jerome Powell.

Pour y aboutir, elle a récemment procédé à un changement majeur dans sa politique monétaire, autorisant temporairement une inflation supérieure à l'objectif de 2% annuel, sans augmenter les taux d'intérêt, comme elle l'aurait fait jusqu'à présent.

Ainsi, la Fed a révisé à la hausse son objectif d'inflation, et table désormais sur 1,2% en 2020, contre 0,8% prévus, et pense atteindre l'objectif des 2% en 2023.

Côté taux d'intérêt, en revanche, pas de surprise, ils demeurent inchangés, restant au plus bas, dans la fourchette de 0 à 0,25% où elle les avait abaissés en urgence en mars, face à la propagation du Covid-19 aux Etats-Unis et à la mise en place des mesures de confinement. Et ils devraient le rester au moins jusqu'en 2023.

Cette réunion du comité monétaire était la dernière avant l'élection présidentielle du 3 novembre. Mais Jerome Powell s'est bien gardé de commenter cette échéance. Il a en revanche insisté sur l'importance de nouvelles aides pour les ménages et entreprises, condition sine qua non pour relancer la machine économique.

Une nouvelle aide aux ménages et entreprises américains est "probablement nécessaire", a-t-il dit, notant que "près de 11 millions de personnes sont toujours sans emploi à cause de la pandémie, et une bonne partie de ces gens travaillaient dans des secteurs qui sont à la peine. Ces personnes ont besoin d'un soutien supplémentaire".

Un accord pourrait être trouvé mercredi, alors que la Maison Blanche et les élus du Congrès négocient en vain depuis un mois et demi. Les discussions piétinaient notamment sur le montant de l'enveloppe, les républicains refusant d'approuver l'ensemble des fonds demandés par les démocrates.

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