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Le réalisateur Jean-Jacques Beineix est mort

Mort de Beineix, qui réchauffa les années 1980 avec "37°2 le matin"

Le réalisateur Jean-Jacques Beineix est décédé à l'âge de 75 ans, après une carrière courte qui a marqué les années 1980 et révélé Béatrice Dalle en un film culte, "37,2° le matin".

Le réalisateur Jean-Jacques Beineix, auteur du film culte "37°2 le matin", est décédé. Il avait 75 ans. Ici, une photo de 2009. (archives)

(ats) Le réalisateur est décédé jeudi à son domicile parisien, ont indiqué à l'AFP son frère Jean-Claude, ainsi que sa femme et sa fille. Jean-Jacques Beineix est mort des suites d'une longue maladie.

Pour certains, Beineix restera le réalisateur de "Diva" (1981) puis de "La lune dans le caniveau" (1983), qui l'ont fait connaître. Lui se rappelait surtout avoir été insulté à Cannes pour ce dernier film. Mais la plupart retiendront "37,2° le matin", sorti en 1986, vu par 3,6 millions de spectateurs en salles et qui a depuis accédé au statut de film culte.

Histoire de passion torride et destructrice entre deux écorchés vifs rattrapés par la folie, Betty et Zorg, interprétés par Béatrice Dalle, alors inconnue, et Jean-Hugues Anglade, le film est une adaptation du roman du même titre de Philippe Djian. Nommé à neuf reprises aux César, "37°2 le matin" fut nommé à l'Oscar du meilleur film étranger.

"Zorg et Betty sont orphelins", a réagi sur Instagram Béatrice Dalle, se souvenant du tournage comme l'une "des plus belles pages de ma vie". "Je t'aime", a-t-elle encore écrit à l'intention du réalisateur décédé.

L'actrice Romane Bohringer, dont le père Richard avait obtenu l'un de ses premiers rôles de cinéma dans "Diva", a elle aussi voulu dire "merci" au réalisateur : "Ce film a de fait changé nos vies et marqué mon enfance. J'en garde un souvenir ébloui".

Beineix avait "un cran, un style, une méthode, la grandiose assurance des entêtés", a salué l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob.

Né à Paris, Jean-Jacques Beineix entame des études de médecine avant de préparer la prestigieuse école de cinéma Idhec (aujourd'hui Femis) qu'il rate de peu.

Ses premiers projets l'amènent à la publicité. Il réalisera notamment le spot de lutte contre le sida multi-diffusé "Il ne passera pas par moi". Après plusieurs projets, il décide de quitter le milieu.

"C'est bien de mettre son talent au service de causes" et la publicité, "ce n'était pas des causes", expliquera-t-il. Son esthétique restera très marquée par la publicité, ce que lui reprocheront ses détracteurs.

Après "37°2 le matin" suivront plusieurs films, tous des échecs, dont "Roselyne et les lions" et "IP5",le dernier d'Yves Montand, mort à la fin du tournage.

En 2001, après neuf ans d'absence, il revient avec "Mortel Transfert", un échec critique et commercial complet. Il déclare, d'ailleurs, que ce film l'endette fortement. Ce sera le dernier de ses six longs-métrages, suivi de documentaires pour la télévision ("Les enfants de Roumanie", "Place Clichy sans complexes"...), sous la bannière de sa société de production, Cargos Films.

Signe de l'éclectisme de Jean-Jacques Beineix, la réalisatrice et ancienne actrice X, devenue militante féministe, Ovidie, s'est dite très "attristée" par la mort de celui qui l'avait "mise sur les rails" en produisant son premier documentaire, avant qu'ils ne se brouillent.

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