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Le MEG veut décolonialiser ses activités

La décolonisation au coeur de la stratégie du MEG

La décolonisation figure en bonne place dans le plan stratégique 2020-2024 du Musée d'ethnographie de Genève (MEG). Il s'agit d'opérer un mouvement qui va de la brutalité à l'équité, a expliqué mardi le directeur de l'institution Boris Wastiau.

(ats) Le débat sur la décolonisation est né dans le monde anglo-saxon. Il agite depuis quelques années la France. Le MEG ne fait qui suivre le courant. L'ethnographie est une science coloniale du 19e siècle, a noté M.Wastiau. Les musées d'ethnographie sont en voie de disparition. Ils sont souvent rebaptisés en musées des cultures.

L'ethnographie peut être vue comme synonyme d'oppression et de dépossession des populations. Un rapport que le MEG veut transformer. Dans le futur, il faudra passer de la mainmise au partage, de la conservation à la conservation, a expliqué le directeur du musée.

L'objectif sera aussi d'anticiper d'éventuelles demandes de restitution d'objets, même si le MEG n'a, pour l'instant, pas encore été confronté à la question. Ce problème concerne tous les pays. Le musée genevois veut ainsi prendre les devants, en préférant anticiper au lieu de réagir.

Le MEG va aussi prendre l'habitude d'interroger la provenance de ses collections. Dans la conception des expositions, l'objectif sera de partager le pouvoir avec des personnes qui se reconnaissent dans les cultures qui sont présentées, a souligné M.Wastiau. Des "experts" qui pourront très bien provenir d'en dehors du monde muséal.

Le plan stratégique du MEG contient d'autres axes forts. Parmi eux, l'ambition de mieux répondre à l'évolution des publics. Il faudra d'abord identifier ces visiteurs et connaître leurs motivations. Le musée voudra aussi comprendre les appétences des nouvelles générations.

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