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Football

Bienne paraît déjà hors d’atteinte

Le bilan contrasté du premier tour des quatre clubs de 2e ligue de la région biennoise.

Kaua Safari (à gauche) et ses coéquipiers du FC Bienne ont rempli leur contrat. La promotion leur tend les bras. Tanja Lander

Etienne Chapuis

A mi-parcours, le championnat de 2e ligue dégage déjà une tendance limpide. A moins d’un effondrement aussi improbable qu’un gain majeur à l’Euro Millions, le FC Bienne a toutes les chances d’être sacré champion de groupe en juin prochain et de grimper d’un étage dans la hiérarchie. Avec ses cinq points d’avance et à considérer la valeur et la profondeur de son contingent, le leader paraît hors de portée de tous ses adversaires, y compris ses poursuivants immédiats Courgenay et Boncourt.

«Nous avons fait le break et il sera en effet très difficile de nous déloger de la première place», confirme le directeur sportif Arturo Albanese avec son franc-parler habituel. «Je pressens que nous allons boucler la saison sans essuyer la moindre défaite. Nous égarerons encore quelques points via des matches nuls, ça oui, mais pas davantage.»

«Pas de minimalisme»
Et d’ajouter cette sentence: «Ce qui pourrait nous faire échouer? Nous-mêmes. Mais je n’ai pas peur, car notre potentiel est nettement supérieur à celui de la concurrence. Nous sommes les plus réguliers aussi. A un moment donné, nous accusions quatre points de retard sur Courgenay. Or aujourd’hui, nous en comptons cinq de plus.»

 «AA» balaye d’un revers de main les reproches que l’on peut formuler sur le comportement de son équipe, jugé parfois nonchalant, pour ne pas dire suffisant. «Vous me parlez de minimalisme? Je ne suis pas d’accord avec ça», lance-t-il.

«Il se trouve que notre style de jeu est axé sur la ‹jouerie›, pas sur l’engagement physique, et que cela ne fonctionne pas toujours du premier coup, comme par exemple dimanche contre Besa. Mais dans ces cas-là, les joueurs savent aussi retrousser les manches et rajouter l’intensité qu’il faut pour forcer la décision. Et puis, soyons réalistes: il n’y a pas une équipe au monde capable de jouer à fond la gomme pendant 90 minutes. Cela se fait toujours par à-coups.»

Albanese n’a que modérément goûté, bel euphémisme, aux déclarations un brin provocantes de l’entraîneur de Besa Philipp Eich (cf notre édition d’hier). «Ces commentaires à deux balles sont risibles», balance-t-il.

«Ceux qui se permettent de les proférer seraient mieux inspirés de s’occuper de la progression de leur propre troupe. Nous n’aurions pas d’esprit d’équipe? Allons donc, c’est tout le contraire. Je tiens à rappeler que, à l’exception de quatre mercenaires, tous nos joueurs sont d’ex-Biennois revenus au bercail l’été dernier et qu’ils se connaissent depuis des années.»

«De l’anti-football»
Sur le terrain, le FC Bienne a dû apprendre aussi à gérer le problème de la pression, né de ses propres exigences de succès et de l’attitude de ses opposants. «A l’exception de Boncourt, tous nos adversaires ont pratiqué de l’anti-football et joué la carte de la crainte et du repli défensif massif», rappelle Albanese. «Or quel plaisir ont-ils pu éprouver ainsi? Tôt ou tard, ils ont fini par perdre quand même. Ils n’ont pas compris que, pour nous battre, il fallait prendre des risques.»

A l’en croire, son groupe arriverait à mieux s’exprimer dans le contexte de la 2e ligue inter. «Non seulement parce que nous avons atteint maintenant déjà le niveau de cette catégorie», prétend-il, «mais aussi parce que nous affronterions des adversaires d’autres régions qui ne seraient pas obnubilés par la seule idée de nous empêcher de développer notre jeu.»

Plaidoyer pour Baumann
Parmi les points positifs relevés cet automne, Albanese cite l’appui massif du public (673 spectateurs en moyenne à la Tissot Arena, 459 à l’extérieur). Et le travail du coach Kurt Baumann.

«On ne pouvait pas trouver mieux, il est l’homme idéal pour mener à bien notre projet de remonter en 1re ligue dans les plus brefs délais.» Et de citer, pêle-mêle, les qualités du technicien de Longeau: «Baumann sait gérer un groupe de 22 joueurs, connaît les rouages du club et les séries inférieures, participe activement au recrutement des joueurs, est extrêmement disponible et possède le feu sacré. En plus, les résultats lui donnent raison.» Un vibrant plaidoyer.

Jusqu’à fin novembre, l’équipe biennoise va encore s’entraîner de façon réduite, et même disputer un match amical contre Granges (ce prochain samedi), avant de s’accorder une pause jusqu’au 12 janvier, date de la rentrée des classes. En principe, elle devrait aborder ensuite ses échéances printanières avec le même visage.

«A ce jour, nous n’avons prévu aucun transfert durant le mercato hivernal. Nous avons ce qu’il nous faut et voulons respecter les limites budgétaires», précise Albanese. «Nous n’engagerions de nouveaux joueurs que pour compenser d’éventuels départs. En revanche, quelques retouches sont prévues l’été prochain, lorsqu’il s’agira de mettre sur pied une équipe, je l’espère, de 2e ligue inter...»

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