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Hockey sur glace

«Reto Berra ne m’étonne pas»

«Nous n’avons pas très bien joué. Mais à cette époque de la saison, l’essentiel, c’est les trois points.» C’est avec ces mots qu’Arno Del Curto qualifie la victoire 3-1 remportée jeudi face au HC Bienne, club pour lequel l'entraîneur du HC Davos nourrit le plus grand respect. Dès lundi et pour le temps de la Coupe Spengler, les Grisons accueilleront pour la troisième fois d’affilée Reto Berra, le gardien étoile des Seelandais. Un ex-Davosien...

Reto Berra chaudement félicité par Arno Del Curto. C'était lors de la Coupe Spengler 2009. (Swiss-Image)

Arno Del Curto, cette saison, le HC Davos peine particulièrement contre Bienne. Comment l’expliquez-vous?

Kevin Schläpfer fait exactement le même travail que moi quand j’ai commencé à Davos il y a 15 ans. Mais de mon côté, j’ai bâti mon équipe sur une idée offensive, sur la vitesse et le jeu avec le puck, avant de prendre étape après étape. Schläpfer part dans l’autre sens, il construit par la solidité défensive, secteur qu’il a très bien réussi à stabiliser. Les deux chemins sont excellents. Je suis parti en poussant mes joueurs à aller vers l’avant et, petit à petit, j’ai reculé, je me suis occupé de la zone neutre, puis de la défense. Il fait l’inverse, il commence par derrière et va ensuite pousser ses joueurs vers l’avant, c’est sa prochaine étape. Finalement, le chemin que l’on prend pour arriver au succès n’est pas très important, pourvu qu’il mène au succès.

Donc, à vous entendre, le HC Bienne sera champion de Suisse  dans cinq ans?

Pourquoi pas? Avec sa philosophie, Schläpfer fait en tout cas tout pour y parvenir. Quand les Seelandais sont dans un bon jour, qu’ils sont bien en place, cela devient une équipe très difficile à manœuvrer. Davos l’a remarqué lors du premier match que nous avons disputé cette saison contre Bienne à la Vaillant Arena. On est mené 0-3 et on s’impose 4-3 avec énormément de chance, uniquement de la chance! Bienne doit continuer à suivre son chemin consciencieusement, sans perdre son objectif de vue. Je suis convaincu que cette équipe va réussir à se qualifier pour les play-off. Elle en a les moyens.

Pourtant, jeudi, le HC Bienne n’a pas très bien joué...

Oui, d’accord, mais il s’est toujours montré dangereux.

Devant les filets seelandais, Reto Berra, que vous êtes allé chercher aux ZSC Lions en 2007, a atteint un niveau exceptionnel. Ses performances vous surprennent-elles?

Non, elles ne m’étonnent pas! L’année passée, si Leonardo Genoni avait pris la direction de la NHL, Reto serait revenu à Davos. Quand il évoluait chez nous (réd: entre 2007 et 2009, avant de s’engager à Bienne), il n’était pas moins bon que Genoni, mais Genoni était plus solide mentalement. Reto a énormément progressé sur ce plan. Humainement, je l’apprécie infiniment, c’est un très très très chic type, extrêmement gentil et sympathique. Chaque année, c’est un réel plaisir de l’accueillir le temps de la Coupe Spengler.

C’est un peu le passage d’un vieil ami à la maison!

Oui. Mais pour lui, c’est une superbe opportunité. Il a la possibilité de disputer deux matches à un haut niveau contre de grandes équipes. C’est le meilleur moyen pour encore progresser. Reto est très fort, il l’a d’ailleurs encore démontré jeudi contre nous. Thomas Wellinger (réd: ancien junior de Davos) est aussi devenu un défenseur solide. Cela me fait dire que Davos aide beaucoup le HC Bienne! (rires)

Jeudi face aux Seelandais, vous avez à nouveau aligné quelques juniors totalement inconnus au bataillon, comme Lukas Sieber, 17 ans, auteur de deux assists…

En fait, ces jeunes, je les prends et je les laisse jouer. Je leur demande uniquement de ne pas prendre de buts. Il n’y a aucun secret: ils jouent car il y a des blessés et que je n’ai pas d’autres possibilités. Sans ces blessures, ces jeunes auraient également eu leur chance, mais pas à 17 ans, à 20 ou 21 ans. Ils arrivent juste plus tôt que prévu.

Vous faites également de la formation avec les étrangers. Après sa première saison complète à Davos (41 matches et 15 points en 2007/08) de nombreux clubs auraient mis l’attaquant tchèque Petr Taticek à la porte. Pas vous...

Taticek a une énorme soif d’apprendre, il veut continuer à progresser. Il travaille particulièrement dur pour y parvenir. Son comportement est exemplaire. Au fil des saisons, il est devenu un excellent renfort étranger, un des meilleurs de LNA. Si les autres clubs ne prennent pas ce temps avec un étranger, c’est leur problème. Il suffit de le faire! A la base, Taticek était venu à Davos en test pour un mois il y cinq ans. Et il est toujours là...

Davos, Laurent Kleisl

Arno Del Curto à propos du hockey moderne, de sa passion, de ses doutes, de sa longévité au HC Davos, c'est à lire samedi dans l'édition papier du JdJ.

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