Deux fois, le LHC a buté devant la porte d’entrée de la LNA. Deux fois face au HC Bienne. A Malley, toutefois, le propriétaire du club, Barry Alter, est très rapidement passé à autre chose. Deux jours après l’ultime défaite de la saison 2009/10, le Canadien faisait le ménage parmi ses cadres, limogeant notamment son directeur général, le Tramelot Gérard Scheidegger. «A mon avis, c’est le plus grand tremblement de terre que le LHC ait connu. Et pourtant, le club est habitué aux histoires, lâche Staudenmann. Joueurs, supporters, sponsors, tout le monde a pris un grand coup sur la tête.»
Cette instabilité organisationnelle, par osmose, s’est ressentie au cœur même de l’équipe. C’est que ce grand ménage aurait très bien pu nettoyer le vestiaire. «Mon contrat à Lausanne porte jusqu’en 2012, reprend Staudenmann. Comme tout le monde était viré, à un moment donné, je me suis demandé si j’allais aussi y passer. Dans l’équipe, on ne savait pas à quoi s’attendre.»
Depuis, Lausanne a retrouvé une certaine routine, un terme presque nouveau là-bas. Au Sentier, les Lions lancent une nouvelle campagne riche en ambitions. Légitimes? Sans doute. Avec les arrivées de deux anciens des ZSC Lions, le Biennois Alain Reist – le cousin de «Staudi» – et le CanadoSuisse Jan Alston, ainsi que l’engagement de l’Autrichien Oliver Setzinger (ex-Davos), le LHC peut voir venir en LNB. «Ça fait du bien de retrouver la glace, mais il s’est tellement passé de choses chez nous que j’ai l’impression que la saison passée s’est terminée il y a trois semaines, rigole Staudenmann. Même si on a perdu Jérémy Gailland et Alain Miéville (réd: le meilleur Biennois hier), on est solide. J’espère que cette année sera la bonne, et si possible pas face au HC Bienne!»
Dans ce contexte, les retrouvailles d’hier sentaient le couac. Si ce n’est le premier quart d’heure, où les deux équipes ont joué et plutôt bien, le solde de la partie n’a été qu’une suite de provocations et de sales coups. Un premier combat entre Fröhlicher et Antonietti (17e), avec la modeste contribution de Reist, a mis le feu aux poudres. A la 38e, Kparghai avec Fischer, Spylo avec Reist, histoire de parachever son œuvre, remettaient la compresse. Pour la fine bouche, Seydoux descendait gratuitement Augsburger à une poignée de secondes de la fin du 2e tiers. Dans la foulée, alors que les deux équipes rejoignaient le vestiaire, c’est Steinegger et Setzinger qui se lançaient dans un ballet à mains nues, à l’ancienne, comme en NHL. Dépassé, l’Autrichien demandera à «Stoney» de cesser les hostilités... Un combat qui, au moins, a eu le mérite de calmer tout le monde. Au bout d’un 3e tiers tout gentil, le HC Bienne s’imposait 3-0. Un salaire légitime.
«Avant le match, il y avait bien un ou deux coéquipiers tout excités. Sinon, on prend cette rencontre comme une autre», confiait Reist, hier dans la matinée. Entre Bienne et Lausanne, les rencontres comme une autre, cela n’existe pas.
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