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Baden, un client très sérieux

Un dernier obstacle – de taille – se présente sur la route de la Challenge League pour le FC Bienne: Baden. Portrait d’un club qui veut réintégrer une catégorie de jeu qu’il a quittée voici deux ans.

Baden, un client très sérieux
Etienne Chapuis

Juin 2006: au terme d’une saison difficile, Baden, entraîné par Salvatore Andracchio, finit 17e et doit prendre congé de la 2e division suisse. Le club argovien assiste à l’exode de la plupart de ses joueurs et confie à Ryszard Komornicki le soin de reconstruire l’édifice. Le technicien polonais s’y attelle plutôt mal que bien: à Noël, son équipe se morfond dans les profondeurs du groupe 3 de 1re ligue et lui-même, répondant à une offre du FC Aarau, quitte le navire. En janvier 2007 est alors embauché un certain Mirko Pavlicevic, un Croate qui a passé 10 ans de sa carrière de joueur professionnel à Aarau, justement.

«En arrivant à Baden, j’ai vite dû me rendre à l’évidence: le collectif ne fonctionnait pas, révèle Pavlicevic. La plupart des joueurs ne s’entendaient pas entre eux, ni en matière de caractère, ni balle aux pieds. A cela sont venues s’ajouter des plaies comme l’accumulation de blessures et la mauvaise humeur de certains. Bref, les conditions étaient loin d’être remplies pour voir la vie en rose.» Clopin-clopant, les pensionnaires de l’Esp seront impliqués jusqu’au bout dans la lutte contre la relégation. «Nous avons sauvé notre place de justesse, lors de l’ultime journée, se souvient l’entraîneur. Nous avons terminé au 14e rang, un point au-dessus de la barre...»

L’été dernier, le contrat de Pavlicevic est prolongé, et l’intéressé choisit de faire table rase du passé. Il écarte les indésirables et engage une meute de nouveaux joueurs, «des garçons que je connaissais tous fort bien», précise-t-il. Il s’entoure aussi d’un assistant réputé, l’ancien buteur bulgare Petar Aleksandrov, avec qui il a évolué naguère à Aarau et dont il est un ami intime. Le changement est radical. Baden présente un tout autre visage, plus stable, plus expérimenté, plus conquérant, plus professionnel. «Aujourd’hui, je dispose d’une vraie équipe, structurée, soudée et concentrée, affirme le Croate. Elle a aligné les performances avec une constance jamais démentie.»

En effet, Baden se maintient en tête du championnat d’un bout à l’autre et se qualifie haut la main pour les finales. Qu’il entame par un succès d’estime (2-0) à Carouge. Au retour, samedi à l’Esp, devant 725 spectateurs seulement (la moyenne en «saison régulière» était de 521), il se contente d’un 0-0 pour assurer le coup. «Certains de mes joueurs croyaient l’affaire déjà dans le sac, avoue Pavlicevic. Nous avons raté un penalty dans les premières minutes et avons joué à 11 contre 10 pendant plus de 80 minutes. Mais bon, on doit rendre justice aux Carougeois d’avoir crânement tenté leur chance. Et il faut dire que nous avons toujours gardé le jeu sous contrôle.»

Pour Baden, l’équation à résoudre désormais s’appelle «FC Bienne». «Je connais assez bien les forces et les faiblesses de cette équipe, via mes propres observations et le rapport de mes informateurs, certifie Pavlicevic. Elle fait preuve de combativité et pratique un jeu compact, athlétique, simple et rapide, donc dangereux.»

Prié de faire un pronostic, Pavlicevic, comme bien l’on pense, ne se mouille pas trop: «La double confrontation s’annonce équilibrée et très ouverte, ce sera du 50-50. Notre comité ne nous met pas sous pression pour monter absolument, mais, dans le vestiaire, tout le monde est évidemment suspendu à cet objectif». /ECH
Mots clés: FC Bienne

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