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Un exploit indispensable pour voir Bienne

Les Suissesses devront écarter de leur route la France ou l’Espagne si elles veulent disputer les demi-finales de l’Euro M19 à la Tissot Arena. Elles avaient déjà réalisé pareille performance il y a deux ans.

Les jeunes joueuses suisses espèrent avoir de quoi jubiler mercredi lors de leur premier match face à la France (photo Keystone)

Christian Kobi

Elles ont eu la gentillesse de laisser la priorité aux hommes pendant la Coupe du monde en Russie, mais les femmes reprennent le contrôle du ballon rond dès mercredi à l’occasion de l’Euro des moins de 19ans. Celui-ci se déroule pour la deuxième fois après 2006 en Suisse, dans quatre stades dont la Tissot Arena de Bienne qui accueillera trois matches de poules ainsi que les demi-finales et la finale, à la fin du mois.

Pour avoir la chance de rejoindre le dernier carré et fouler le billard biennois, les Helvètes devront s’extirper d’un groupe ô combien difficile qui comprend l’Espagne, tenante du titre, la France et la Norvège. «L’Espagne et la France sont clairement les favorites de ce groupe», concède Nora Häuptle, entraîneure de cette équipe de Suisse M19. «Mais nous avons démontré par le passé que nous pouvions rivaliser avec des équipes de premier plan. Le premier match (réd: mercredi à Wohlen face à la France) sera très important et peut-être déjà décisif pour notre parcours dans le tournoi.»

Rééditer l’exploit de 2016
A quelques heures du coup d’envoi, Nora Häuptle ne laisse transparaître aucun signe de nervosité. Car la Thurgovienne de 35 ans, qui occupe son poste depuis maintenant trois ans, connaît la recette du succès: il y a deux ans en Slovaquie, lors de ce même Euro M19, elle avait emmené les siennes jusqu’en demi-finales après avoir battu l’Allemagne en phase de groupes. Mais la France, par la suite, s’était avérée être un trop gros morceau.  «Cette année, notre but est à nouveau de terminer dans les deux premiers et de disputer les demi-finales», révèle la coach.

Mais Nora Häuptle ne fait pas une obsession des résultats. Elle préfère fixer d’autres objectifs à ses joueuses. «Je veux qu’elles atteignent un certain niveau de performance durant cette Euro. Si elles y parviennent, les résultats suivront d’eux-mêmes.» Limpide, même si les résultats des matches de préparation disputés en 2018 (une seule victoire en six matches) n’ont pas été à la hauteur des espérances.

Deux fers de lance
Pour relever la tête au bon moment, la sélectionneuse s’appuiera sur un groupe à forte consonance alémanique, seules deux Romandes – dont la Chaux-de-Fonnière de Young Boys Ilon Guede Redondo – ayant réussi à se frayer une place dans la sélection. Les fers de lance de cette équipe sont la milieu de terrain Géraldine Reuteler et l’attaquante Alisha Lehmann, deux joueuses qui ont déjà été sélectionnées en équipe A et qui gagneront dès la saison prochaine leur vie à Francfort et à West Ham.

A noter que la moitié des joueuses retenues sont passées par le centre de formation de Bienne. «Nous avons un bon mélange entre des filles nées en 1999 et des plus jeunes de 2001», juge Nora Häuptle. «Mais c’est surtout l’excellent esprit d’équipe qui prédomine. C’est important pour la motivation de chacune et du collectif.»

 

La Tissot Arena, un stade parfait
Après la Coupe horlogère la semaine dernière, le football sera à nouveau à l’honneur ces prochains jours à Bienne. En plus de trois matches de poules de l’Euro féminin M19, la Tissot Arena accueillera les demi-finales et la finale. «C’est un stade parfait pour ce genre d’événement, qui répond à tous les critères de l’UEFA», note Damien Mollard, responsable de l’organisation.

Même si l’enceinte biennoise peut accueillir 5200 spectateurs, elle ne fera sauf énorme surprise jamais le plein durant la compétition. «Nous tablons sur 500 spectateurs en moyenne par match. Un peu plus ensuite pour les demi-finales et la finale, surtout si la Suisse y participe», rêve l’organisateur.

Le budget de la manifestation se monte à environ un million de francs. «Nous n’allons dégager aucun bénéfice, c’est certain. Cette compétition, c’est surtout l’occasion pour nos joueuses de se mettre en vitrine à la maison, devant leur public. Et pour l’ASF, c’est une excellente manière de promouvoir le football féminin en Suisse.» Et, qui sait, de susciter quelques vocations.

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