Vous êtes ici

Les Européens, puis les JO en ligne de mire

La fin approche, mais Sabrina Jaquet demeure ambitieuse

Sabrina Jaquet ne s'inquiétera pas trop de son abandon au premier tour du Swiss Open de Bâle mercredi. La meilleure badiste suisse vise les Jeux européens, avant les Jeux olympiques en 2020.

(ats) Et les Mondiaux de Bâle (19-25 août), alors? Sabrina Jaquet nous arrête tout de suite. "On parle beaucoup de ces championnats du monde. Mais ce n'est pas le seul objectif de ma saison. C'est un peu trop loin pour y penser déjà, il y a beaucoup d'étapes et d'échéances importantes." La Chaux-de-Fonnière n'a pas tort, ce n'est pas parce qu'ils auront cette année lieu en Suisse que le calendrier de la saison de badminton ne comporte pas d'autres dates majeures.

"Evidemment, tous les athlètes n'ont pas cette chance de disputer un tel évènement à la maison, concède Jaquet. Ce sera différent des autres années, notamment parce que ma famille sera présente." Reste que, pour elle, la portée d'une telle compétition se relativise. "Le but est d'aller le plus loin possible bien sûr, mais il convient de rester réaliste. J'aimerais simplement y réaliser le meilleur résultat de ma carrière, ce qui serait le cas en accédant au 3e tour. Cela suggère de battre une tête de série et de bénéficier d'un tirage clément." Les Mondiaux ne peuvent en effet pas constituer un objectif prioritaire pour celle qui est actuellement la 57e joueuse mondiale au classement BWF.

A son niveau, il s'agit surtout d'engranger des points. Son début de saison est moyen avec une victoire pour cinq défaites. "C'est vrai que c'est compliqué sur le plan des résultats, mais cela fait suite à presque deux saisons où j'ai eu des blessures, tempère-t-elle. J'ai un peu de peine à retrouver la confiance. J'y travaille, et ça va de mieux en mieux." Dernier exemple en date: mercredi soir, au Swiss Open de Bâle. Face à la Sud-Coréenne Sung Ji-Hyun, tête de série numéro 4 et dixième meilleure joueuse du monde, Sabrina Jaquet a dû abandonner à un set partout après avoir ressenti des douleurs au genou droit.

La période n'est pas évidente pour la Neuchâteloise. Son corps suit moins bien qu'avant. L'âge est une explication, l'évolution du jeu une autre. "C'est devenu plus aérien, explique-t-elle. Aujourd'hui, les filles sautent beaucoup plus qu'avant, comme les garçons. Il y a plus de kilomètres parcourus, plus de vitesse aussi. J'ai dû adapter mes entraînements, les optimiser. Je suis peut-être un peu moins sur le terrain qu'avant." Sabrina Jaquet poursuit aussi la confiance, qui met un peu de temps à revenir: "Je ne suis évidemment pas encore au top. Mon niveau n'est pas si loin, il faut que je trouve de la régularité, de la patience, pour tenir les échanges."

A bientôt 32 ans, la tête de gondole du badminton helvétique n'a plus beaucoup de temps à disposition pour laisser passer ses chances: "Pour être honnête, je suis plutôt à la fin de ma carrière qu'au début, sourit-elle. Dans mon idée, j'arrêterai en 2020. Mais je suis encore motivée, j'ai toujours envie de voyager, d'aller faire ces grands tournois en Asie. J'ai obtenu mes beaux résultats sur le tard, donc j'ai encore faim." Référence est faite à sa médaille de bronze aux championnats d'Europe en 2017.

Une performance qu'elle aimerait renouveler à l'occasion des Jeux européens de Minsk fin juin. "C'est le tournoi où je souhaite faire un résultat cette année, en allant chercher une médaille. J'aimerais pouvoir y être tête de série. Il y en aura huit, et je suis actuellement neuvième au classement. Mais il y a quelques bons tournois où je pourrai prendre des points ces prochains mois." Et puis Sabrina Jaquet a déjà Tokyo dans un coin de la tête. La période de qualification olympique débutera au mois de mai. Avec comme objectif de participer à des troisièmes JO, après ceux de Londres 2012 et de Rio 2016. Cela couronnerait une très belle carrière dans un sport mineur en Suisse.

Articles correspondant: Actualités »