Vous êtes ici

Présidence de la FIFA: Fatma Samoura "fière"

Fatma Samoura: "Gianni fait bouger les lignes"

Fatma Samoura est, depuis mai 2016, la première femme à occuper le poste de secrétaire générale de la FIFA, qui n'avait jamais auparavant connu de titulaire non-européen.

(ats) La Sénégalaise espère conserver son travail au côté d'un Gianni Infantino "qui fait bouger les lignes", écrit-elle à Keystone-ATS.

Même si "le temps est passé trop vite" et même s'il s'est avant tout agi, durant ces trois années, de "restaurer une FIFA forte" sans avoir "le temps de (se) poser des questions", Fatma Samoura l'affirme: "Quand je vois ce qu'est devenue la FIFA, une organisation dynamique, diverse et beaucoup plus ouverte qu'il y a trois ans, je me sens fière de ce que nous avons accompli avec le président", répond par écrit celle qui a sillonné l'Afrique durant 21 ans pour le compte de l'ONU. "Bien entendu, il reste beaucoup à faire et j'espère poursuivre notre travail et continuer à accompagner ces changements."

Alors qu'on l'a dit souvent coincée entre la garde rapprochée de Gianni Infantino - surtout entre ses deux secrétaires généraux adjoints, Zvonimir Boban et Alasdair Bell -, Fatma Samoura souhaite pourtant rester en poste. Ce qui est du ressort du président, comme elle le rappelle. "J'aime mon travail, mais il appartient au président de décider de la suite de notre collaboration. Nous partageons la conviction que le football peut faire du bien et changer la vie des individus, indépendamment de leur sexe, de leur origine, de leur religion ou de leur orientation sexuelle. Tant que nous partagerons ces convictions et que nous continuerons à nous investir pour réaliser nos objectifs communs, ce sera un plaisir pour moi d'occuper la fonction et de travailler au côté de Gianni pour rendre le football accessible à tous."

La Sénégalaise le sait aussi parfaitement, sa nomination, en plus d'avoir surpris, a parfois été moquée et considérée comme un coup de communication destiné à l'Afrique et ses cruciales 56 voix au Congrès. Mais Fatma Samoura préfère y voir un signe du progrès. "Pour moi, Gianni est un homme qui fait bouger les lignes et un féministe! Il a pris un pari risqué en nommant pour la première fois une femme. Mon arrivée a suscité de nombreuses réactions dans le monde du football. Gianni a envoyé un message clair à une certaine vision, démodée et dépassée. En nommant une femme africaine à ce poste, il a adressé un premier signal fort au monde du football: le temps de la diversité est venu."

Ce qui semble se confirmer, à en croire la secrétaire générale. "Je suis fière de pouvoir vous dire que le vent du changement souffle sur la FIFA et sur la communauté du football en général, notamment grâce au recrutement d'un plus grand nombre de femmes aux postes de direction. Par ailleurs, nous avons lancé un programme pour promouvoir le développement du leadership féminin et amener davantage de femmes à la table des dirigeants."

Une diversité qui se traduit aussi dans les nationalités des employés. "Nous avons veillé à ce que les voix de toutes les régions du monde puissent être entendues. Sous l’ancienne administration, l'Afrique ne disposait que de quatre sièges au Comité Exécutif, aujourd'hui, elle compte sept représentants au Conseil, ce qui permet à l'Afrique de mieux se faire entendre au sein du principal organe décisionnaire. Je suis également très satisfaite de la diversification de notre équipe depuis ma nomination. Aujourd'hui, je vois des visages originaires d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique du Sud dans les couloirs de notre siège et dans toute l'organisation. J'espère que nous continuerons dans ce sens à l'avenir."

Ainsi, Fatma Samoura assure ne pas regretter un seul instant son choix d'avoir quitté l'ONU après 21 ans pour basculer dans l'inconnu du football. "Beaucoup de mes collègues des Nations Unies m'ont demandé pourquoi j'acceptais cette offre et j'ai répondu à chaque fois que le football est une force positive, qu'on peut changer la vie des gens à travers le football. Durant ma carrière à l’ONU, j'ai travaillé dans des pays traversés par de graves crises, qu’il s'agisse de famines ou de guerres. Partout où je me suis rendue, le football apportait du réconfort aux populations. Lors de mon passage au Libéria, j'ai remarqué qu'il n’y avait que deux choses qui pouvaient arrêter les belligérants: la pluie et le football. Je savais qu’en devenant secrétaire générale de la FIFA, je pourrais mettre le football au service du progrès et de la paix partout dans le monde."

Et la Sénégalaise de tirer, donc, un bilan très positif du premier mandat du Valaisan à la présidence. "Après les scandales associés à l'administration précédente, période où la FIFA était considérée comme une marque toxique, il fallait avant tout restaurer la confiance des partenaires commerciaux et des amoureux du ballon rond. Je crois que ce pari a été remporté puisque le cycle financier de la FIFA vient d'être bouclé avec un résultat net de 1,2 milliards de dollars et un niveau de réserves jamais égalé (2,7 mrd de dollars)."

Articles correspondant: Actualités »