Vous êtes ici

Abo

BIENNE

Qui sont les Biennois et où vont-ils?

Les cinq conseillers municipaux ont présenté hier leurs ambitions en vue de la prochaine législature. Quatre années qualifiées de «cruciales» pour le développement de la ville. La population aura son mot à dire

Image Gemeinderatsschwerpunkte_lsg 032bis.jp (6440765)

JULIEN BAUMANN

Le Conseil municipal biennois, réélu au complet l’automne dernier, veut consolider ses acquis et ambitionne de façonner la Bienne de 2030 durant la prochaine législature. Economie, infrastructures, démographie, finances, intégration, culture, les jalons à poser pour créer de bonnes bases au développement sont nombreux. Les cinq élus ont présenté hier une feuille de route comportant les points forts des quatre années à venir. Une procédure participative invite la population à définir elle-même ses attentes (lire ci-dessous). Qui sommes-nous et où allons-nous? sont les questions auxquels devront répondre les Biennois lors de rencontres qui débuteront dès le mois de juin.

Bienne est en plein chantier. Nouveaux quartiers d’habitations, Campus, Parc suisse d’innovation et implantation d’entreprises vont entraîner une hausse de la population. La question est de savoir si la commune est prête à faire face à cet essor. «Le jour où il n’y aura plus de grues à Bienne, c’est là qu’il y aura encore davantage de défis», admet le maire Erich Fehr qui ne se risque pas à faire des pronostics. «On ne sait pas combien d’enfants vont avoir les familles ou quelle sera la situation de la migration. Il faut plancher sur une croissance régulière de 300 à 400 personnes par année que l’on peut ‹digérer›.»

Au niveau des écoles, dont la rénovation et l’agrandissement restent des priorités, le directeur de la Formation, de la culture et du sport Cédric Némitz reste confiant face aux évolutions démographiques. «On a assumé ces quatre dernières années une augmentation de 600 élèves et on a appris des lacunes du passé. C’est un immense challenge, mais nous ne sommes pas dans une situation de crise.»

Autre défi de taille: la mise en place des mesures d’accompagnement liées à l’ouverture de la branche Est de l’A5 cet automne. Barbara Schwickert, directrice des Travaux publics, de l’énergie et de l’environnement parle d’une transition en douceur. «On va réaliser des mesures immédiates pour soulager les quartiers en concentrant le trafic sur les axes principaux et faire plus de place pour les piétons, les vélos et diminuer le bruit. Le détail de ces mesures sera présenté après les vacances d’été.» La conseillère municipale promet qu’il n’y aura pas de grands chantiers en lien avec l’ouverture de la branche Est dans les mois à venir.

Et pour la branche Ouest, les travaux auront-ils commencé avant les prochaines élections? «Non, mais ce n’était pas prévu», affirme Erich Fehr qui pense que les opposants ne provoqueront pas de retards supplémentaires. «Je pars du principe que le canton et la Confédération ont prévu ces oppositions dans leur calendrier.»

Après quatre années difficiles, marquées par le refus de deux budgets dans les urnes et un plan d’assainissement des finances très discuté, la Ville semble sortir la tête de l’eau. Dans le sillage du canton de Berne, qui vient d’annoncer de nouvelles économies de plusieurs centaines de millions de francs, Bienne va-t-elle aussi devoir faire de nouvelles coupes budgétaires à partir de 2018? «Il est trop tôt pour dire si oui ou non il y aura une augmentation d’impôt ou de nouvelles économies à faire d’ici-là», répond Silvia Steidle, directrice des Finances. «Cela dépendra des décisions du canton et de la Confédération, mais je peux annoncer que jusqu’en 2018, nous continuerons à avoir un équilibre. Nous sommes sur la bonne voie.»

Avec un taux toujours au-dessus des 10%, la gestion de l’aide sociale à Bienne restera un sujet d’actualité durant la prochaine législature. Le directeur de l’Action sociale et de la sécurité, Beat Feurer, a rappelé hier qu’il ne se focalisait pas sur ce chiffre qui dépend selon lui «de nombreux facteurs. Et si la responsabilité de l’action sociale est importante, ma direction n’est pas le seul acteur impliqué.»

Hormis la réorganisation du Département de l’action sociale entamée au début de l’année, le politicien compte miser sur l’intégration des migrants pour améliorer la situation. «L’asile est une compétence cantonale. Si on fait bien le travail d’intégration à ce niveau-là, les migrants qui arrivent chez nous partent sur de meilleures bases. Nous voulons aussi renforcer la collaboration avec Asile Bienne et Region (ABR). Nous réfléchissons également à des nouveaux modèles d’intégration dans le marché du travail pour réinsérer les bénéficiaires de l’aide sociale, mais aussi pour éviter que les chômeurs arrivent à l’aide sociale.»

Au niveau communal, Beat Feurer s’attend à une meilleure prise en charge grâce à la digitalisation de certains services (un des points forts du Municipal) et en demandant une augmentation du personnel pour traiter les dossiers du service des habitants.

Parmi tous les projets de développement urbains, économiques et sociaux, la culture se fait bien discrète dans les quelque 20 points forts définis par les autorités. Il est question de la tenue de l’Exposition suisse de sculpture en 2018 ou de la participation au projet d’Exposition nationale des villes dans la section consacrée à l’image et au rayonnement de Bienne, mais aucune institution ou événement ne sont spécifiquement mentionnés. Pas de mention du NMB, du TOBS, du FFFH ou des Journées photographiques. Une seule phrase laconique: «Mise en place des conditions qui permettent l’évolution et le développement des activités culturelles.»

Cédric Némitz justifie ce choix pour éviter de faire du favoritisme. «Je ne veux pas mettre en valeur les grandes institutions par rapport aux autres. La dernière législature, on a protégé ces institutions. Il s’agit maintenant de développer la culture, notamment en équilibrant les aides pour les grands et les petits projets, sans fragiliser les grandes institutions. Je ne sais pas encore comment, mais ça va se faire», promet-il.

La cohabitation entre les francophones et les Alémaniques à Bienne reste encore et toujours un des grands axes de développement. Le cas du vote de Moutier le 18 juin prochain ne va pas bouleverser l’équilibre selon Erich Fehr: «Quel que soit le résultat, on continuera de soigner nos relations avec Moutier et le Jura bernois. Ça ne changera pas grand-chose finalement. Mais en cas de oui, il faudra quand même veiller à renforcer ou, en tout cas, faire en sorte que le canton ne diminue pas ses efforts envers la minorité francophone et le bilinguisme.»