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Nouvelle gouvernance pour le HFR

La gouvernance de l'Hôpital fribourgeois sera renforcée

Le Grand Conseil fribourgeois a voté vendredi un renforcement de la gouvernance des établissements hospitaliers publics pour ramener le calme au sein de l'Hôpital fribourgeois (HFR). La composition du conseil d'administration de ce dernier va changer.

(ats) La loi modifiant l'organisation des établissements hospitaliers publics a reçu l'aval du Grand Conseil par 75 voix contre 13 et 4 abstentions. Il a fallu deux heures de débats.

Le contexte de l'HFR est pour le moins difficile. Dans les chiffres rouges (perte de 14,5 millions de francs en 2017), l'établissement a perdu sa directrice Claudia Käch en février et verra son président Philippe Menoud partir en fin d'année. L'occasion avec ce départ de repenser l'organe qui contrôle et fixe les orientations stratégiques.

Le conseil d'administration sera redimensionné, de neuf à sept membres. L'idée est de le dépolitiser et de le doter de personnes disposant de véritables compétences professionnelles (santé, gestion financière, ressources humaines et informatique), a expliqué la conseillère d'Etat Anne-Claude Demierre, en charge de la santé.

La question de la présence ou non d'un conseiller d'Etat dans le conseil a suscité un débat nourri. Le gouvernement voulait s'en extraire et que le chef du service en charge de la santé le représente, avec voix consultative. En cela, il a dit s'inspirer du modèle en vigueur à la Banque cantonale de Fribourg.

Côté socialiste, le député Pierre Mauron a décrit un ancrage cantonal comme indispensable. Le "Conseil d'Etat doit être partie prenante", a-t-il insisté. Le PDC et le PLR ont soutenu l'approche du Conseil d'Etat. Leurs députés ont estimé dans leur majorité qu'ainsi les conflits d'intérêts seraient évités.

Pour situer les enjeux, le rapporteur Nicolas Kolly (UDC) a rappelé que le HFR constituait une entité employant près de 3500 personnes, avec un budget annuel de plus de 460 millions de francs. Au final, l'objectif consiste à répondre aux besoins de la population fribourgeoise, a précisé Anne-Claude Demierre.

Après le vote sur ce point, les députés ont nettement opté pour le maintien d'un conseiller d'Etat dans le conseil d'administration. Il ne s'agira pas nécessairement de la titulaire de la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS).

Pour trouver les perles rares du conseil, le canton instaurera un comité de sélection, avec cinq membres du Grand Conseil et deux conseillers d'Etat, dont la titulaire du dossier de la santé. Trois administrateurs seront choisis par le législatif, trois par l'exécutif et un par le conseil, ce indépendamment du comité de sélection.

Jusqu'ici, les neuf membres du conseil d'administration étaient choisis par le Grand Conseil (trois) et par le Conseil d'Etat (six). Il est encore prévu de réduire, de deux à un, le nombre des représentants des médecins et du personnel participant systématiquement, avec voix consultative, aux séances du conseil.

La question de l'élection du président du conseil d'administration sera finalement réglée en son sein. Le Conseil d'Etat souhaitait le nommer, sur la proposition de l'organe de surveillance.

Ce dernier fonctionnera dans sa composition actuelle jusqu'à son renouvellement sur la base de la nouvelle loi, qui devrait entrer en vigueur début 2019. Au-delà de la formation du conseil, des députés ont souligné que le HFR devait penser à son avenir, alors qu'il est plongé depuis des mois dans l'incertitude.

"Les modalités de composition du conseil d'administration ne constituent qu'une partie de la solution. Après la tête, il faudra aborder les investissements", a averti Pierre Mauron. "Il est temps d'agir", a complété le libéral-radical Peter Wüthrich. Un message repris par la PDC Anne Meyer Loetscher.

Les modalités retenues vendredi par le parlement fribourgeois seront aussi valables pour l'organe de surveillance du Réseau fribourgeois en santé mentale (RFSM). Ici, le conseil finira sa période administrative avant de se voir renouveler.

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