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Johann Schneider-Ammann: le suivi en continu

Démission de Johann Schneider-Ammann: le suivi en continu

Johann Schneider-Ammann quittera le Conseil fédéral à la fin de l'année. Le ministre de l'économie avait annoncé ce printemps que cette législature serait le dernière pour lui. Notre suivi en continu:

(ats) Le cas de figure de voir un PLR romand succéder à Johann Schneider-Ammann paraît "littéralement impossible", estime l'historien Olivier Meuwly. Il signifierait la présence de quatre latins au Conseil fédéral, "ce qui ne s'est jamais vu".

A l'heure du passage en revue de successeurs potentiels, il n'y a d'ailleurs guère de noms à même d'émerger sur le plan romand, relève cet expert du Parti libéral-radical (PLR) contacté par Keystone-ATS. Y songer impliquerait de se lancer dans une "bagarre hasardeuse", ce d'autant plus que la tradition veut que le PLR dispose d'un Alémanique et d'un Romand ou d'un latin (aujourd'hui Ignazio Cassis).

Il y a déjà trois latins au Conseil fédéral (outre Ignazio Cassis, le socialiste fribourgeois Alain Berset et l'UDC vaudois Guy Parmelin). "Et c'est déjà pas mal", note Olivier Meuwly. De plus, en Suisse romande, personne ne se distingue a priori, l'étoile du Genevois Pierre Maudet par exemple ayant pour le moins pâli ces dernières semaines, avec son affaire touchant son voyage controveré à Abou Dhabi.

Le PLR regrette la décision de Johann Schneider-Ammann. "Il a hissé la Suisse en tête de classement des pôles mondiaux d'Innovation et l'a fait entrer dans l'ère numérique", déclare le PLR dans un bilan. Pour ce parti, le démissionnaire s'est battu pour que les travailleurs suisses puissent préserver leurs places de travail et il s'est toujours engagé pour la paix sociale et le partenariat social.

Le PDC remercie le conseiller fédéral sortant pour son engagement en faveur de la place économique suisse. Depuis 2010, Johann Schneider-Ammann s'est investi tant pour l'économie que pour la formation et la recherche, relève-t-il. Son engagement a permis à la Suisse de maintenir sa force économique, notamment par la conclusion de plusieurs accords de libre-échange. Le PDC salue également l'attention que le ministre a portée à la culture digitale de la Suisse.

Les Verts pensent à l'avenir et espèrent la nomination d'une femme à la succession de Johann Schneider-Ammann. Sa démission "ouvre la voie à une meilleure représentation des femmes au gouvernement", réagit le conseiller national vert zurichois Balthasar Glättli dans un communiqué Les Verts attendent que le PLR propose les noms de deux candidates compétentes et éliront "celle qui propose les meilleures garanties en termes de valeurs écologiques et sociales", complète-t-il.

"Plus de femmes au Conseil fédéral, c'est bon pour la santé", ironisent pour leur part les Jeunes Verts sur Twitter, en détournant le célèbre discours prononcé par Johann Schneider-Ammann en 2016 à l'ocasion de la journée des malades.

Economiesuisse met l'accent sur l'engagement dont Johann Schneider-Ammann a fait part, notamment dans la défense de l’économie de la Suisse. "On peut relever en particulier les mérites du conseiller fédéral en lien avec la formation professionnelle, les accords de libre-échange et la modernisation de la politique agricole", indique la faîtière.

La Fédération des entreprises suisses ne souhaite en revanche pas prendre position sur les candidats potentiels à sa succession. Elle attend d’un nouveau conseiller fédéral qu’il "fasse preuve d’un intérêt marqué pour la place économique".

Sur Twitter, Swissmem salue pour sa part l'"engagement acharné, convaincu et inspirant" du ministre de l'économie pour le bien-être de la Suisse et pour les places de travail.

Johann Schneider-Ammann n'a pas voulu donner de noms pour son successeur. Il veut laisser sa place à "un esprit courageux libéral et entrepreneurial" qui portera les valeurs du PLR. "Je ne m'immisce pas dans les candidatures", a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse.

Le parti lui avait demandé de rester encore quelques mois, mais selon le ministre de l'économie, il est préférable "de faire de la place maintenant". Johann Schneider-Ammann a par ailleurs expliqué qu'il avait décidé d'annoncer sa démission ce mardi et non vendredi, car il voulait couper court aux "mensonges" qui se seraient diffusés durant le reste de la semaine. "Ma famille a par moments souffert" durant mon mandat au Conseil fédéral.

La présidente du Conseil des Etats Karin Keller-Sutter a rendu hommage à Johann Schneider-Ammann. "C'est certainement le moment de vous remercier de tout coeur pour votre grand travail et votre engagement sans relâche en faveur de la population et de la Suisse", a dit la Saint-Galloise après avoir lu la lettre de démission du ministre de l'économie.

Selon elle, Johann Schneider-Ammann est connu au Parlement comme "un homme avec des qualités, des valeurs et des convictions" qu'il a toujours défendues. "Nous nous réjouissons du temps restant avec vous", a-t-elle déclaré. Ses mots ont été suivis par des applaudissements debout des sénateurs.

"La Suisse est un bon pays, un pays en forme", selon Johann Schneider-Ammann. Il est construit sur le partenariat social et les milices. Ce sont des atouts dont nous avons besoin et qu'il faut cultiver.

C'est le bon moment pour remettre le flambeau, a indiqué Johann Schneider-Amman lors de sa conférence de presse. La Suisse est dans une position forte. Il n'y a pratiquement pas de chômage. Et elle se trouve devant le défi de la numérisation, dont on sous-estime encore beaucoup ce que cela implique et apporte.

"Je vais bien","je suis éveillé": Johann Schneider-Ammann a débuté sa conférence de presse en démentant les rumeurs sur sa santé. Et le ministre de l'économie démissionnaire de préciser qu'il avait encore trois mois de travail intensifs devant lui. Mais aujourd'hui, il entend "être un grand-père actif".

Johann Schneider-Ammann, 66 ans, quittera le Conseil fédéral après un peu plus de huit ans d'exercice. Sa longévité est dans la moyenne des autres conseillers fédéraux, son âge pas. Derniers à partir avant le Bernois, Didier Burkhalter et Eveline Widmer-Schlumpf sont aussi restés ministre durant huit ans. Micheline Calmy-Rey avait siégé un an de plus.

Contrairement à la plupart des conseillers fédéraux ces dernières années, Johann Schneider-Ammann abandonne son siège après l'âge de la retraite. Tout comme Hans-Rudolf Merz, qui avait presque 68 ans lorsqu'il est parti. Son âge est au-dessus de la moyenne. On est aussi loin des records. Adolf Deucher est mort en fonction en 1912 à l'âge de 81 ans. Quant à Ruth Metzler, elle a été évincée en 2003 quelque mois avant qu'elle ne célèbre ses 40 ans.

La course à la succession du libéral-radical est désormais ouverte. L'élection aura lieu lors de la session d'hiver, probablement le 5 décembre. La pression féminine sera forte. Karin Keller-Sutter pourrait prendre sa revanche. La Saint-Galloise, désormais conseillère aux Etats, avait été candidate en même temps que Johann Schneider-Ammann en 2010.

D'autres élues fédérales pourraient se lancer, dont la conseillère nationale schwyzoise et présidente du parti Petra Gössi ou la Bâloise Daniela Schneeberger. Comme Karin Keller-Sutter, elles ont l'avantage de venir d'une région dépourvue de ministre.

"Notre pays est un petit paradis", a écrit le ministre de l'économie dans sa lettre de démission lue par le président du Conseil national Dominique de Buman. De l'étranger on n'entend que de la reconnaissance. "Il nous faut être courageux et chercher le renouveau."

Aujourd'hui, presque tout le monde a un travail. Pour que cela reste comme cela, "je souhaite un maximum d'investissement dans la société". Dans sa lettre, il a également remercié ses collègues du Conseil fédéral pour leur "union dans la différence", ses collaborateurs pour leur loyauté et les Chambres fédérales.

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