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Olivier Tschumi

Une pétition pour continuer le combat

Afin que le dossier d’Olivier Tschumi, ce Jurassien bernois enlevé au Mexique en décembre 2010, ne finisse pas aux oubliettes, une pétition à l’intention des autorités mexicaines a été lancée sur internet. Entretien avec Frédérique Santal, sa sœur, domiciliée à Bévilard, qui poursuit son inlassable combat.

Frédérique Santal se bat inlassablement depuis deux ans pour que le dossier de son frère ne passe pas aux oubliettes. Stéphane Gerber

Mélanie Brenzikofer

Au 1er décembre prochain, Enrique Pena Nieto, élu président du Mexique en juillet dernier, entrera dans ses nouvelles fonctions. Et, à chaque changement de présidence, des milliers de dossiers en cours passent à la trappe. «Avec cette pétition adressée aux autorités mexicaines, nous voulons non seulement que l’enquête se poursuive, mais également que le dossier d’Olivier soit envoyé au procureur suisse, chose qui, pour l’instant, a toujours été refusée», explique Frédérique Santal.

Pour cette dernière, il paraît plausible que ce refus cache, en réalité, un dossier vide. «Nous savons que des battues ont été organisées dans la forêt où Olivier a été enlevé, mais seulement six semaines plus tard. Parc contre, au sujet d’éventuels interrogatoires, le flou subsiste. Nous avons reçu des témoignages assez contradictoires.»

Une association
Depuis l’enlèvement de son frère en décembre 2010, Frédérique Santal n’a cessé de se battre. Aujourd’hui, elle met sur pied sa propre association, «Olivier Tschumi sequestrado en Mexico». Par ce biais, elle espère que ses actions auront plus de poids. «C’est certain, il faut recommencer les mêmes démarches, mais œuvrer au travers d’une association peut avoir plus d’impact que des démarches privées.»

Frédérique Santal a donc demandé de l’aide à des ONG telles que la Croix-Rouge ou Terre des Hommes, voire encore Amnesty Suisse qui lui a carrément claqué la porte au nez. Motif: l’ONG ne pourrait rien faire pour les victimes de criminalité. Réponse qui a plus que déçu la sœur du séquestré et les nombreuses personnes qui soutiennent son action. «Amnesty avait pourtant consacré une semaine aux familles victimes de disparitions… Et puis, qui nous dit qu’Olivier a été victime de criminalité?» Malgré cette grande déception, Frédérique Santal préfère se concentrer sur le positif et sur l’énorme élan de solidarité qu’elle constate chaque jour.

Un quotidien difficile
Depuis ce drame, la vie de Frédérique a complètement basculé. «Le pire, c’est de ne pas savoir. Tout devient plausible.» Les plus terribles scènes de films ont déjà effleuré l’esprit de la sœur d’Olivier Tschumi à maintes reprises. «Est-il mort? Esclave pour un cartel? Torturé? Des milliers de scénarios s’alignent dans ma tête et je suis partagée entre maintes émotions: la peur, le désespoir, la haine, la colère…» Et même si elle admet trouver énormément de compassion, elle regrette qu’il n’y ait aucune aide concrète pour les familles victimes de l’enlèvement d’un proche. «Le DFAE fait ce qu’il peut, et les autorités mexicaines sont débordées. Des cas comme celui d’Olivier, il y en a tellement là-bas…»

Des policiers impliqués?
Et puis, il subsiste également au Mexique, la corruption, et la peur. Par le biais d’écoutes de conversations téléphoniques, la famille d’Olivier a eu la preuve que des policiers étaient impliqués dans l’enlèvement. «Lors de l’appel pour la demande de rançon, nous avons reconnu un parler typiquement utilisé dans la police. Les termes étaient exactement les mêmes.» Une récompense de cinq millions de pesos avait également été promise pour toute personne aidant à retrouver Olivier Tschumi, mais suite à un climat de peur, personne n’a répondu à l’annonce.

Quoi qu’il en soit, Frédérique Santal poursuivra son combat acharné. Découvrir la vérité, quelle qu’elle soit, reste un but ultime. «Pour cela, continuer de parler d’Olivier est une nécessité, afin que son histoire ne tombe pas dans l’oubli.»

 

Lien pour la pétition: www.change.org/fr/p%C3%A9titions/retrouver-olivier-tschumi-s%C3%A9questr%C3%A9-le-19-d%C3%A9cembre-2010-au-mexique

Groupe de soutien à Olivier Tschumi: www.facebook.com/groups/penseraoliviertschumi/

 

Les buts de l'association «Olivier Tschumi sequestrado en Mexico»

Participer à la recherche d’Olivier Tschumi séquestré au Mexique.
Sensibiliser et conscientiser l’opinion publique suisse aux cas de violations universelles des Droits de l’homme d’Olivier Tschumi.
Agir contre l’isolement de la famille blessée à sang face à la lenteur de la justice.
Défendre et promouvoir les valeurs et principes fondamentaux démocratiques.
Favoriser la diffusion d’information objective concernant le cas d’injustice d’Olivier Tschumi.
Médiatiser le cas d’Olivier Tschumi.
Créer un réseau de partenariat entre organismes suisses, mexicains mais également tous les pays européens (incluant France, Belgique, Suisse, Allemagne, Irlande…) spécialisés dans la défense des droits humains en établissant une convention entre partenaires.
Soutenir financièrement aux frais de défense, de fonctionnement, de déplacement, d’hébergement…

Commentaires

BOURGEOIS

Les prises d'otage sont inadmissible, encore plus dans une guère des "gangs". A ces Messieurs du Gouvernement : " bougez-vous !"


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