Vous êtes ici

Abo

Sonceboz

Une femme à l’avant-garde

La cheffe d’entreprise, Gwendoline Flury, n’a pas hésité à prendre des risques pour lancer son entreprise qui promeut le bien-être avec une conscience écologique.

Gwendoline Flury a commencé à fabriquer des produits naturels pour bébés et mamans après la naissance de sa première fille, car elle avait de la peine à trouver de soins sans substances nocives. Photo: Raphael Schaefer

Par Aude Zuber

Joie de vivre, passion et esprit entrepreneurial habitent Gwendoline Flury, qui vient de se voir décerner le Prix Zonta 2018 (voir notre édition du 15 décembre) pour son entreprise de vente en ligne de produits cosmétiques naturels, Flury Naturals Sàrl, basée à Tavannes.

Tout a commencé grâce à ses filles. «Peu de temps après la naissance de mon premier enfant, je me suis rendu compte qu’il était difficile de trouver des soins pour bébé ne contenant pas de substances nocives.» Et la maman âgée de 32ans d’ajouter: «C’était typiquement le cas pour le soin des fesses des bébés. Ayant un diplôme d’aromathérapeute, je me suis alors dit pourquoi ne pas confectionner mon propre onguent, appelé liniment. Il s’agit d’une recette ancestrale du sud de la France où nous formons une émulsion en mettant en contact l’eau de chaux avec l’huile d’olive.»

Ces produits fabriqués maison, sains et bon marché, ont immédiatement rencontré le succès auprès de ses amis et de ses connaissances. «Ça devenait compliqué de gérer les commandes et le stock, alors j’ai créé une boutique en ligne en 2014», raconte Gwendoline Flury.
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, elle a ouvert un deuxième site, où l’on trouve tout ce qu’il faut pour fabriquer soi-même ses cosmétiques. «Je me suis dit que si je pouvais créer de tels produits les autres aussi», explique-t-elle.

Pour partager plus facilement ses connaissances, elle diffuse des vidéos sur sa chaîne Youtube et sur sa page Facebook, où elle vulgarise les recettes de divers cosmétiques. De plus, elle organisera des ateliers de formation. Les dates seront communiquées dès janvier sur son site.

Peu de temps après, l’habitante de Sonceboz s’est retrouvée à un moment charnière. «Je ne parvenais plus à suivre, soit  j’arrêtais là, soit je me développais en créant une entreprise.» Après avoir obtenu des conseils de la Chambre d’économie publique du Jura bernois, cette économiste de formation n’a plus hésité longtemps avant de mettre sur pied Flury Naturals Sàrl. «J’ai toujours eu cet esprit d’entreprise. Je pense que ce n’est pas donné à tout le monde de savoir gérer cette insécurité qu’impliquent l’entrepreneuriat et les heures supplémentaires qui en découlent.»

Son mari a choisi de quitter son poste d’informaticien pour la rejoindre dans son entreprise. «Nous sommes très complémentaires», ajoute-t-elle.

10000 clients
Son conjoint a eu raison, puisque sa PME ne cesse de se développer. «Nous comptons 10000 clients, principalement des femmes romandes. Notre objectif est désormais de gagner des parts de marché en Suisse allemande.»

Dès janvier, une cinquième personne viendra compléter son équipe. «Mon mari est le seul homme. Les autres collaborateurs sont des mamans. Il faut également leur donner leur chance», insiste-t-elle.

Chaque nouvelle année scolaire, elle revoit les horaires de travail de ses employées. «Nous essayons de coordonner avec ceux de nos enfants.»  D’ailleurs, elle se bat dans son village pour ouvrir l’Ecole à journée continue également pendant les vacances scolaires. «En ayant quatre semaines et pas 13, comme nos enfants, il est difficile d’aller travailler sans structure de garde», souligne-t-elle avec fougue.

Les femmes, un atout
Pourtant, elle estime que les femmes ont tant de choses à apporter au marché économique. «Je trouve généralement que nous sommes davantage pragmatiques, organisées, rapides, car nous n’avons jamais suffisamment de temps pour réaliser nos différentes tâches.»

Elle ne mâche pas ses mots: «Les institutions politiques doivent en faire plus. Tant qu’il n’existera pas une structure efficace pour la garde des enfants, les femmes seront toujours sous-représentées en politique comme dans les entreprises.»

A la question de savoir où son entreprise se trouvera dans 5ou 10 ans, elle répond qu’elle ne sait pas. «Il ne faut pas se fixer d’objectifs sur le long terme, car c’est une source d’angoisse. Le marché peut évoluer si rapidement et il existe tellement de facteurs externes sur lesquels nous avons aucune emprise.» Et Gwendoline Flury de conclure: «Par contre, il est essentiel de savoir où va notre entreprise et avoir une ligne de conduite.»

Ses deux sites internet: www.essentialis.ch et www.cosmaking.ch

Articles correspondant: Région »