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Une enquête policière plus vraie que nature

Fabio Benoit, commissaire à la police judiciaire neuchâteloise, sort son premier roman. Sur fond de cambriolages, le lecteur est plongé dans une enquête rocambolesque.

Fabio Benoit a écrit ce premier roman un peu en urgence, à la disparition de son ami policier pour transcender le deuil. Photo: LDD

Par Aude Zuber

«Ce livre est un acte égoïste. Je n’étais pas bien après le décès de mon coéquipier Olivier Guéniat. Je me suis donc enfermé chez moi et j’ai écrit. Cela m’a permis de ventiler mes émotions», a expliqué Fabio Benoit, commissaire à la police judiciaire neuchâteloise qui vient de sortir «Mauvaise personne». Il s’agit d’un thriller à rebondissements dont l’énigme navigue entre le berceau de l’horlogerie suisse, notamment à Bienne, et le crime organisé lyonnais.

Une écriture frénétique
Fabio Benoit qui avait le scénario en tête aura mis seulement cinq semaines pour écrire son premier jet. «Tant que j’étais inspiré, je rédigeais, parfois, ça pouvait durer jusqu’à 5 heures du matin. Je ne dormais quasiment plus», indique-t-il.

Le commissaire a ensuite travaillé l’écriture pendant environ trois mois. «Et il m’a fallu autant de temps pour ensuite me remettre de mon état de fatigue», glisse le Neuchâtelois, avec le sourire.

Le résultat est un polar qui navigue entre fiction et faits réels. «Toutes les procédures de la police sont vraies. Cela amène davantage de crédibilité à mon histoire. En revanche, les personnages sont inventés», détaille-t-il.

Entre suspense et rebondissements
L’une des figures centrales est Angel, un employé de voirie apparemment sans histoire qui se retrouve à l’hôpital, suite à l’utilisation maladroite d’un coton-tige. «Une telle mésaventure m’était également arrivée et Olivier Guéniat s’était bien moqué de moi», raconte-t-il, en rigolant aux éclats.

Angel y fera la rencontre malsaine d’Urs, dangereux psychopathe lié à une bande de braqueurs. Marc, un enquêteur de la police judiciaire, interviendra à son tour.

La description des lieux est concise. A l’opposé, celle des personnages est fine. «Comme lors d’un interrogatoire de police, j’ai essayé de les comprendre, d’aller dans leur tête.»

Pour y parvenir, les personnages principaux s’expriment à la première personne. «Si j’utilisais le ‹je› uniquement pour Angel. Cela ne me permettrait pas de décrire les autres de l’intérieur», précise-t-il.

Une complexité reflétée
La frontière entre les «gentils» et les «méchants» s’amenuise au fil des pages. «Tout n’est pas complètement blanc ou noir!», commente l’écrivain.

Fabio Benoit utilise avec brio deux genres différents: le dramatique et le burlesque. «Cela aurait été trop dur s’il n’y avait pas quelques touches d’humour. Et le lecteur s’embêterait.»

En pleine campagne de promotion, Fabio Benoit pense déjà au tome 2. «J’ai l’idée d’une suite», glisse le commissaire, avec enthousiasme, sans pour autant en dire davantage.

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