
Les informations nous parviennent simultanément sur des canaux de plus en plus nombreux: télévision, radio, ordinateur et autre smartphone font partie de notre quotidien. Et la tendance va se poursuivre, car nous passons de plus en plus de temps sur des canaux de plus en plus nombreux, à consulter les médias et à recourir à la technique pour y parvenir.
Depuis 2000, internet s’est prodigieusement développé. En 2020, nous passerons en moyenne 3,5 heures par jour en ligne; et nous serons nombreux à surfer tout en nous déplaçant. En 2013 déjà, le Natel aura supplanté l’ordinateur comme support d’internet. Actuellement, 1,1 mio de Suisses possèdent un iPhone, et ils sont 36% à avoir un smartphone. Or, le temps passé sur la toile, c’est aussi du temps où on voit défiler de la publicité.
C’est ici qu’interviennent des agences comme Goldbach Interactive. Fondée en 1998 sous le nom d’Orange 8, cette entreprise biennoise fait partie depuis quatre ans du groupe Goldbach, un géant de la commercialisation des médias. Cela lui donne plus d’opportunités que par le passé, mais l’expose à une concurrence accrue, aussi bien des agences online que des agences de publicité traditionnelles, de plus en plus actives sur la toile.
Stratégie publicitaire
Partie intégrante de la branche online de Goldbach, l’équipe biennoise concentre son activité sur les sites internet, les shops et les portails. Elle développe la stratégie publicitaire qui va avec ces sites, ainsi que le domaine des médias sociaux. Outre les 45 employés de Bienne, Goldbach Interactive dispose de 70 collaborateurs supplémentaires à Zurich et à Constance, chargés d’améliorer la précision des moteurs de recherche ou de développer des applications pour iPhone adaptées à l’entreprise.
L’agence a travaillé pour des clients réputés: le Blick, le Beobachter, mais aussi McDonald’s. Directeur de la branche Interactive chez Goldbach, Bramwell Kaltenrieder rêve-t-il de compter parmi ses clients une marque célèbre? «Bien sûr, celles-ci continuent d’exercer leur fascination, notamment les labels de mode comme Burberry, certaines maisons automobiles comme Aston Martin ou BMW, et quelques grandes marques de montres.»
Divers modèles
Il explique que, pour créer le site du Journal du Jura et du Bieler Tagblatt, Goldbach Interactive ne s’est pas seulement inspirée des réalisations d’autres quotidiens régionaux, mais aussi du New York Times ou d’imprimés allemands qui proposent des versions en ligne. Le design du nouveau portail d’information du JdJ a d’ailleurs donné lieu à de vives discussions. «Les débats ont été très animés», confirme Bramwell Kaltenrieder. Ainsi, le nouveau logo du site internet a été au centre d’un débat de fond. Dans quelle mesure devait-il rappeler les caractères du titre de la version imprimée? Il a aussi fallu faire le grand écart entre les impératifs du design, des intérêts commerciaux, des fonctions et de la technologie.
Bramwell Kaltenrieder compare un site qui a pris de l’âge à une maison. Pendant longtemps, elle conserve une architecture très claire. «Puis, au gré des besoins et au fil du temps, on y ajoute des annexes à droite et à gauche; du coup son profil et son caractère perdent en clarté.» Et qu’en est-il de la clientèle en Suisse romande? Bramwell Kaltenrieder reconnaît que l’accès à ce marché est difficile et que l’entreprise n’y a pour l’instant qu’une poignée de clients.
Goldbach Interactive a moins de problèmes du côté de l’Est, où l’entreprise poursuit son expansion. En septembre 2011, elle a ouvert un site en Pologne, où travailleront 30 employés. En dépit de cette expansion, elle a l’intention de rester fidèle au site biennois, même s’il n’est pas toujours facile d’y attirer des spécialistes. «Mais une fois qu’ils sont là, ils s’y plaisent beaucoup.»
En Suisse, les dépenses publicitaires sur Internet sont encore faibles par rapport au nombre d’utilisateurs. Mais la question centrale qui se pose, surtout pour les portails d’information, est la suivante: les utilisateurs sont-ils disposés à payer pour accéder à des contenus? Il faut savoir que les portails rentables sont peu nombreux; seuls des titres importants comme le Spiegel Online dégagent des bénéfices avec leur édition en ligne.
Chez les éditeurs, on assiste depuis quelque temps à un revirement de tendance: la mentalité fondée sur la gratuité est en nette perte de vitesse. De plus en plus de journaux en ligne optent en effet pour des contenus rédactionnels payants. Bramwell Kaltenrieder juge qu’il s’agit là d’une tendance positive que d’autres vont suivre.
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