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Bienne

Un livre et une expo pour Jean-Claude Kunz

L'artiste biennois expose ses oeuvres jusqu'au 3 novembre à la Galleria. Il vient aussi de publier aux éditions W. Gassmann SA un livre richement illustré intitulé "Kunz, une vie, une passion".

Jean-Claude Kunz (Photo Jean-Pierre Aubert)

L’accouchement aura été exceptionnel: 24 mois! «Mais mon dernier-né est superbe», savoure le peintre biennois Jean-Claude Kunz, qui fêtera  ses 70 ans le 10novembre. Costaud avec ses  192 pages, le nouveau-né en question se nomme «Kunz, une vie, une passion». Cet opus a été verni jeudi soir à la Galleria de Marianne et Daniel Flury, aménagée à la rue Rechberger 3, en même temps que la nouvelle série de tableaux du maître biennois, complétée de créations faites de bois flottés.


Fruit de longues recherches  qui ont exigé deux ans de travail de bénédictin, l’ouvrage a été imprimé aux éditions W. Gassmann SA: plus qu’une rétrospective richement illustrée de ses plus belles œuvres au fil des ans, cet ouvrage dévoile de larges pans des 50 ans d’activité picturale de l’artiste. Cet ouvrage se lit comme une forme de reconnaissance légitime pour son parcours de vie, allant de pinceaux en palettes, de voyages en souffrances, de passions en colères aussi.


Entre chemins de traverse, navigation en pleine mer imaginaire, balades de baladin du pinceau et poésie de la gestation artistique, Jean-Claude Kunz  troque les pinceaux pour la plume. D’où sa démarche en dix commandements, dont voici deux exemples: «La première chose qui me vient à l’esprit, chaque matin, c’est ma peinture.  Et la sixième chose? C’est l’horreur de ne pas maîtriser  ma peinture...»
Artiste réfractaire aux pérégrinations artistiques purement commerciales, Jean-Claude Kunz avouait un jour: «Je m’identifie à ceux qui ont une petite noisette dans le crâne: les vrais, les sincères, ceux qui osent s’exprimer avec discrétion, souvent torturés de pudeur et d’humilité, et à l’ombre des commanditaires officiels et des mondanités.»


Outre sa passion démesurément intime pour la peinture et la féminité, le maître a aussi  connu plusieurs vies, comme les chats. Jeudi soir, dans son laudatio prononcé lors du vernissage de l’exposition, le journaliste René Villars a notamment révélé que Jean-Claude Kunz fut jadis footballeur et joueur de waterpolo  avec le club de Soleure et dans l’équipe nationale. En 1967, il s’en va pour Marseille, avec l’idée d’aller bosser dans un kibboutz à Tel Aviv. Mais l’histoire le rattrape à Djerba, en Tunisie, au Club Méditerranée. Déjà sa passion pour la peinture lui fait suivre les cours de l’Académie de la Grande Chaumière, à Paris. Puis c’est à Grenoble, à seulement 27ans, qu’il présente sa première exposition personnelle. En 1969 en Tunisie, il publie son premier recueil illustré et intitulé « Désirs». Dans les années 70, ce sera son coup de foudre pour la Provence, période qui marquera son œuvre, en harmonie avec ses amis les peintres biennois Item et Richterich. Son livre révèle aussi, au gré des critiques artistiques parues dans la presse des années 70 jusqu’à aujourd’hui, la dimension extraordinaire de son réalisme imaginaire. Jean-Claude Kunz expose à la Galleria jusqu’au 3 novembre. /JPA

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