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Élections municipales

Smartvote à nouveau pris en grippe

Le PS, les Verts ou encore le PRR ont refusé de participer à Smartvote, dont ils critiquent le coût et le fonctionnement. Ils lui préfèrent une autre plateforme.

Smartvote permet aux électeurs de comparer leurs positions politiques avec celles des partis et des candidats. Keystone
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Le PS, les Verts et le PRR ne se joignent pas à Smartvote. Êtes-vous d'accord avec eux?



Didier Nieto

La gauche biennoise continue de bouder Smartvote. Comme il y a quatre ans, le Parti socialiste (PS) et les Verts ont renoncé à participer au site d’aide au vote en vue des élections municipales. Le Parti radical romand (PRR) et le Parti ouvrier et populaire (POP) ont aussi décliné l’invitation cette année.

Ce refus est surtout motivé par des raisons économiques. L’association à but non lucratif Politools, responsable de Smartvote, demande une contribution financière aux partis: 125 fr. pour chaque candidat élu au Conseil de ville et de 300 fr. pour chaque siège conquis au Conseil municipal.

«Si nous maintenons nos élus en place, cela nous coûterait un peu plus de 1000fr. Une somme que nous préférons investir ailleurs dans la campagne», explique Daniel Suter, président du PRR. De son côté, le coprésident du PS Franz-Dominik Imhof juge problématique que des formations politiques financent une association privée. «D’autant que son fonctionnement n’est pas transparent. On ne sait pas qui rédige les questions, ni sur quoi se base sa méthodologie.»

«Pas intéressant»
Autre reproche adressé à la plateforme: «Seule une partie des questions est liée à Bienne. Le reste concerne la politique cantonale et nationale. Au niveau local, le résultat n’est donc pas très intéressant», regrette Urs Scheuss, président des Verts.

«Les questionnaires ne révèlent rien de nouveau sur les candidats», poursuit Daniel Suter. «Tous les membres du parti sortiraient avec le même profil.» Franz-Dominik Imhof ajoute que les recommandations de vote émises par Smartvote «encouragent le panachage et non le cumul des noms».

Le PRR, le PS et les Verts préfèrent donc participer à la plateforme Vote-o-mat Bienne.

Bienne aura son Smartvote
En 2012, Smartvote avait renoncé à couvrir les élections suite aux refus du PS et des Verts. Il n’y aura pas de revirement cette année. «Nous affirmons la volonté de maintenir l’offre smartvote à Bienne malgré la non-participation de plusieurs partis», assure Léo Benmenni. Le collaborateur du site reconnaît cependant que «les résultats ne seront pas complets» en l’absence des deux principaux partis de gauche. «Mais nous ne voulons pas priver les électeurs de notre service juste parce que ces partis n’y participent pas.»

Smartvote mettra en ligne les questionnaires d’ici la fin de la semaine, en indiquant le nom des partis qui ont renoncé. Un cas de figure inédit. «Nous avons déjà enregistré des refus de petits partis dans d’autres villes, mais jamais dans de telles proportions.»

Smartvote réfute les critiques dont il fait l’objet à Bienne. «La contribution que nous demandons nous permet uniquement de couvrir nos frais», explique Léo Benmenni, assurant que l’opération seelandaise se soldera par un déficit. Concernant les questions, il relève que la moitié d’entre elles – 21 sur 42 – sont liées à Bienne.

«Notre modèle a besoin de questions plus globales pour que les profils des candidats soient significatifs.» Finalement, il rappelle que les recommandations de vote peuvent être présentées sous la forme de noms des candidats ou de listes électorales. «Et selon une étude smartvote de 2013, seul 8%des utilisateurs adoptent telle quelle leur recommandation de vote comme bulletin final, le reste l’ajustent par panachage ou cumul.»

 

L’alternative Vote-o-mat

AIDE AU VOTE Tout comme Smartvote, la plateforme Vote-o-mat Bienne permet aux électeurs de comparer leurs positions politiques avec celles des partis. Inspiré du modèle Wahl-o-mat qui existe en Allemagne depuis le début des années 2000, elle a été créée par l’association biennoise Aucun parti, qui vise à encourager la participation politique dans la cité seelandaise.

La plupart des partis de la ville ont accepté d’y prendre part – seule la présence du FDP et du POP reste à confirmer. La participation est gratuite. Contrairement à Smartvote, Vote-o-mat définit uniquement le profil des partis, et non celui des candidats.

Le questionnaire comprend 32 thématiques, toutes liées à Bienne: accompagnement des bénéficiaires de l’aide sociale, Agglolac, image de la ville,...  «Les questions ont été élaborées conjointement avec des représentants des partis politiques», explique un des membres d’Aucun parti, qui souhaite conserver l’anonymat.

L’association a décidé de développer Vote-o-mat après l’opération manquée de Smartvote en 2012. «Cette aide au vote est importante pour inciter les gens à se rendre aux urnes. Nous ne cherchons pas à concurrencer Smartvote. Notre plateforme est un complément à leur offre. D’ailleurs nous ne faisons aucune recommandation de vote. C’est plutôt de l’information.» La plateforme sera mise en ligne le 25 août.

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