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Fusion des communes

Si la commune de Valbirse voit le jour, ce sera sans Champoz

Le maire de Champoz et son exécutif peuvent s’appuyer sur un avis clair exprimé par les électeurs. (S. Gerber)

Michael Bassin

Plusieurs signaux laissaient penser que les citoyens de Champoz n’étaient guère enthousiastes à l’idée de fusionner avec les autre communes du Bas de la Vallée de Tavannes. Ces indices ont été confirmés sans équivoque par un sondage dont les résultats ont été communiqués hier: 71% des électeurs de Champoz estiment que leur localité doit se retirer du projet alors que seuls 29% souhaitent poursuivre le processus jusqu’à la votation. Au vu de ces chiffres, l’exécutif de Champoz a décidé lundi soir de quitter l’aventure avec effet immédiat. Le projet Valbirse continue donc avec cinq communes, les exécutifs de Malleray, Bévilard, Court, Sorvilier et Pontenet ayant eux donné leur feu vert pour aller jusqu’aux urnes.

Problème de bourgeoisie

Maire de Champoz, André Mercerat souligne le taux de participation très élevé qu’a rencontré le sondage. Pas moins de 72% des 124 électeurs ont en effet donné leur avis. «C’est énorme. Cela montre que le sujet préoccupe ou, du moins, intéresse la population», commente-t-il. S’agissant du résultat, le maire n’est pas surpris du «non» exprimé. Par contre, l’ampleur du refus l’interpelle.

Ce sondage a le mérite de clarifier la situation. «Avec un tel résultat, c’est clair et net», confirme André Mercerat. Le questionnaire envoyé en 2010 arrivait aux mêmes conclusions (72% opposés à une fusion), mais la participation avait été assez faible.

En retournant leur sondage, certains électeurs ont expliqué les raisons de leur refus. «Plusieurs remarques stipulent qu’une fusion serait envisageable à condition que les autres communes apportent elles aussi les biens bourgeois dans la nouvelle entité (réd.: Champoz est une commune mixte avec une bourgeoisie forte)», indique André Mercerat. Le sondage ne mentionnait-il pas la possibilité pour Champoz de recréer une bourgeoisie et, ainsi, devenir compatible avec les autres localités? «Oui, mais pour beaucoup, cette idée est considérée comme un retour en arrière.» A Champoz, près d’un tiers des électeurs sont bourgeois.

Dans tout ce processus, nul ne pourra reprocher au Conseil communal de Champoz d’avoir mis les pieds contre le mur ni d’avoir fait capoter le projet Valbirse en votation. Mais si la fusion passe, André Mercerat est bien conscient que sa commune pourrait avoir à subir des conséquences. Le village, qui fait partie de nombreux syndicats et groupements (eaux usées, pompiers, école secondaire par exemple), devra alors négocier ferme avec Valbirse. La voie bilatérale? «Effectivement, Champoz pourrait devenir la Suisse en Europe. Mais cela ne serait pas insurmontable.» Rappelons par ailleurs que la commune de Champoz dispose aujourd’hui d’une quotité d’impôt bien plus intéressante que ses voisines.

Député-maire de Malleray et président du comité de pilotage, Roberto Bernasconi accueille la décision de Champoz sereinement: «C’est regrettable car le projet à six était séduisant, mais ce n’est pas une surprise». Selon lui, ce retrait n’aura que peu d’influence sur le projet Valbirse. «Reste à espérer qu’il se concrétise par les urnes et qu’il prouve à Champoz combien il est intéressant», conclut Roberto Bernasconi, qui préfère logiquement un retrait aujourd’hui plutôt qu’un échec en votation.

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