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Bienne

Romands largement sous-représentés aux postes clés de la Ville

Le Conseil municipal prend des mesures pour améliorer la part de francophones parmi les cadres supérieurs.

A la Direction des travaux publics, de l’énergie et de l’environnement, logée dans le bâtiment du Contrôle, 185 des 216 collaborateurs sont alémaniques – soit 86%. Photo Archives

Didier Nieto

L’engagement cet été de cinq secrétaires généraux adjoints – un par Direction municipale – avait fait bondir le Parti radical romand. La raison: les nouveaux cadres sont tous alémaniques. «Avec environ 50% de francophones en ville de Bienne, ne devons-nous pas considérer ces nominations comme une faute politique, un affront aux francophones?», s’était insurgé le conseiller de ville Pascal Bord dans une interpellation (notre édition du 2septembre).
Dans sa réponse, le Conseil municipal explique que «les besoins et les exigences spécifiques de chaque direction ont été pris en compte» et que l’introduction d’un quota de langues «aurait été contraire à la pratique». Il précise encore que seuls quatre des cinq nouveaux collaborateurs sont germanophones, alors que la cinquième est «de langue française» et «a accompli sa formation en allemand».

10% de cadres francophones
La Ville ne nie cependant pas le déséquilibre des langues au sommet de la hiérarchie administrative biennoise. Sur les 20 postes à haute responsabilité – sans prendre en compte les cinq membres de l’exécutif – 18sont occupés par des Alémaniques. Les deux seuls cadres supérieurs francophones travaillent à la mairie – aucune des autres directions n’emploie de Romands aux fonctions clés. Le Conseil municipal constate aussi qu’il n’y a pas davantage de francophones qui sont engagés par les membres eux aussi francophones de l’exécutif – soit la directrice des Finances Silvia Steidle (PRR) et le directeur de la Formation, de la culture et du sport Cédric Némitz (PSR).

Analyser les causes
La Ville reconnaît que «des mesures appropriées s’imposent pour améliorer d’urgence» la situation, étant donné qu’une répartition linguistique au sein du personnel demeure «absolument indispensable dans une ville réellement bilingue» – et cela aussi en raison de différences culturelles «dépassant largement l’aspect linguistique». Elle a donc décidé de créer – c’est une première à Bienne – un groupe de travail chargé d’analyser les causes de la sous-représentation romande au niveau des cadres supérieurs et de proposer des mesures appropriées pour combler ce déficit.
Dirigé par la responsable du Département du personnel – l’une des deux cadres supérieurs francophones– et composé essentiellement de Romands, le groupe de travail devra notamment analyser pourquoi les candidatures francophones sont souvent en minorité, «ce qui est probablement l’une des causes de l’engagement insuffisant de personnes de langue française». Son rapport est attendu sur le bureau duConseil municipal pour fin mars au plus tard.

Plus équilibré sur l’ensemble
La Ville ne considère toutefois pas que l’écrasante majorité d’Alémaniques parmi ses cadres constitue une menace pour son «Label du bilinguisme» obtenu fin 2014. D’une part, parce qu’elle prend des mesures pour améliorer la répartition des langues. Et, d’autre part, parce que l’ensemble de l’administration affiche un visage linguistique plus équilibré. Sur les 1911 collaborateurs qu’emploie la Ville, 1171 sont germanophones et 740 francophones – soit 61% contre 39%. La Mairie, pilotée par Erich Fehr (SP), est la direction où la proportion des Romands est la plus élevée (47%). Ils sont en revanche largement sous-représentés (14%) au sein de la Direction des travaux publics, de l’énergie et de l’environnement, conduite par Barbara Schwickert (Les Verts).
L’interpellation de Pascal Bord sera discutée, en principe, la semaine prochaine au Conseil de ville.

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