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Vote de Moutier

Rideau sur la Question jurassienne

Le Conseil exécutif a pris connaissance du résultat de la votation communale sur l’appartenance cantonale de Moutier.

Un drapeau jurassien a été installé sur l’Hôtel de Ville de Moutier. Photo: Michael Bassin

De manière particulièrement marquée suite à la création de l’Assemblée interjurassienne, le gouvernement bernois a opté pour une ligne empreinte de tolérance et d’ouverture face aux revendications séparatistes, a rappelé le président du Conseil exécutif Bernhard Pulver devant la presse. Il a toujours cherché et encouragé le dialogue avec les parties prenantes, ainsi qu’avec les autorités jurassiennes et prévôtoises. Tout en affirmant sa volonté de préserver sa minorité francophone, il n’a pas hésité à affronter le verdict populaire.

Démocratie vivante
Le Jura bernois a décidé à une très nette majorité, le 24 novembre 2013, de continuer à bâtir son avenir dans le canton de Berne. Ce dimanche, la ville de Moutier a choisi de rejoindre le canton du Jura. Le Conseil exécutif accepte cette décision. Il constate néanmoins qu’une forte minorité du corps électoral prévôtois s’est exprimée en faveur d’un maintien en terre bernoise. Il comprend et partage la déception de ces citoyennes et citoyens bernois de cœur, qui se sont engagés dans la campagne pour éviter cette partition du Jura bernois.

Cet engagement n’a pas été vain, même si l’issue du scrutin n’a pas été à la hauteur de leur investissement. Il est la marque d’une démocratie vivante. Le canton de Berne a une longue expérience de dialogue et de cohabitation avec des milieux défendant des opinions différentes. Le Jura devra lui aussi réapprendre à vivre avec des personnes qui auraient préféré un autre sort. Le gouvernement bernois compte sur la bienveillance jurassienne à leur égard.

Concordat à négocier
Il s’agira maintenant d’entamer les discussions pour concrétiser le transfert de la commune de Moutier. Lorsque les autorités bernoises et jurassiennes auront conclu un concordat intercantonal, les citoyens des deux cantons seront appelés à se prononcer. Puis, l’Assemblée fédérale devra avaliser la modification territoriale. Le canton de Berne sera un partenaire loyal dans cette négociation, mais il sera ferme aussi, a averti le conseiller d’Etat Pierre Alain Schnegg, président de la Délégation pour les affaires jurassiennes. 

En parallèle, le gouvernement bernois se penchera sur une nouvelle répartition des institutions et des unités administratives actuellement situées à Moutier et bénéficiant à la population francophone bernoise. Le transfert de Moutier se traduira par un affaiblissement de la composante francophone du canton de Berne. Mais le Jura bernois demeure un territoire uni et francophone au sein d’un canton comprenant aussi, outre sa terre romande, une région bilingue et une région germanophone. 

Appel à la Confédération
«Le Conseil exécutif continuera d’œuvrer pour le bien des Jurassiennes et Jurassiens bernois et de soutenir les instruments de décisions propres à la région par le biais du développement du statu quo+», a assuré le conseiller d’Etat Christoph Neuhaus. La constitution bernoise est claire: «Le canton de Berne se considère comme un lien entre la Suisse romande et la Suisse alémanique». Le dynamisme créé par les relations entre une région francophone, une région germanophone et une région bilingue perdurera. Disposer de deux cultures qui se côtoient et échangent entre elles est une source d’enrichissement pour tous les Bernois. 

«Pour le canton de Berne, l’ère des Assemblée interjurassienne, réunions bi- et tripartites, rapports en cascade, Déclarations d’intention et autres feuilles de route prend fin maintenant. Elle prend fin pour toujours», a fait valoir Pierre Alain Schnegg. Berne demande à la Confédération de veiller à ce que ce scrutin et les votations de Belprahon et Sorvilier mettent définitivement un terme à la Question jurassienne, comme prévu dans la Déclaration du 20 février 2012.

COMM

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