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Bienne

Révolution en matière d'hygiène

Denis Crottet, directeur de la start-up Smixin à Bienne, et son équipe ont développé une station de lavage des mains révolutionnaire.

Denis Crottet (photo: Peter Samuel Jaggi)

Marjorie Spart

«Oui, ce système est révolutionnaire!» Denis Crottet, directeur de la start-up Smixin, ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle du système de lavage des mains qu’il développe depuis plusieurs années avec ses collègues. Et pour cause: il ne propose rien de moins que de se laver les mains avec «juste ce dont on a besoin», le minimum de savon et le minimum d’eau, additionnés d’un peu d’air. La clé de la réussite? Un savant mélange entre les trois éléments, réalisé à l’aide d’une petite pompe volumétrique. «Le savon est déjà émulsionné lorsqu’il sort du robinet. Cela permet une substantielle économie d’eau», détaille le directeur de Smixin. Voilà où réside la révolution. Le système de Smixin allie donc hygiène, confort et économie d’eau. «Et je n’ai jamais vu d’autres stations de lavages telles que la nôtre», s’enthousiasme le jeune directeur, convaincu que ce produit trouvera sa place dans la vie de tous les jours, ailleurs qu’aux toilettes, dans les entrées des restaurants par exemple.

Version mobile ou fixe
«Notre système se décline en deux variantes: un produit fixe et une station mobile», explique le jeune entrepreneur. Le système fixe – à savoir le mélangeur – a d’ores et déjà trouvé preneur. «Nous avons conclu un partenariat avec un industriel actif dans le domaine des cuisines professionnelles, qui va l’intégrer à ses produits. Il sera donc disponible dans son catalogue 2013», précise Denis Crottet, physicien EPFL de formation. Quant à la station mobile, elle est en cours de finalisation: «Nous sommes en train de fignoler le design de la station mobile, qui contiendra le savon, plusieurs litres d’eau, le mélangeur ainsi qu’un distributeur de serviettes pour se sécher les mains après usage.»

Même si le système mobile n’est pas encore terminé, il est déjà prévu qu’une centaine d’exemplaires voient le jour en mars 2013. «Nous récolterons ensuite les premiers feedbacks des entreprises ou collectivités qui nous ont passé commande pour améliorer notre système», poursuit Denis Crottet.

Le projet de Smixin a vu le jour dans la société Creaholic – active dans l’innovation de rupture, c’est-à-dire celle qui n’a pas encore été demandée par le public –, société dans laquelle travaillait Denis Crottet. «Dès qu’un tel projet a atteint un certain niveau d’aboutissement, il faut le sortir de Creaholic, pour que cette dernière ne déroge pas à sa ligne de conduite qui est de créer des innovations. C’est de cette manière qu’est née la start-up Smixin, en octobre 2009, pour donner vie au projet», confie le directeur.

Déjà des projets d’avenir
Actuellement, une dizaine de personnes travaillent à la mise en place des systèmes de lavage de mains de la start-up, qui est restée dans les locaux de Creaholic, à la rue Centrale 115. Le challenge de la start-up est d’arriver à se faire une place sur le marché grâce aux échos des premiers utilisateurs et grâce aux 100 stations qui seront mises en circulation en mars. «Lors de la phase test, les premiers utilisateurs se sont dits satisfaits de la station de lavage. Je suis donc optimiste pour la suite, assure Denis Crottet. Je suis persuadé que ces stations ont leur place tant dans les entreprises, dans la restauration que dans les lieux publics. En effet, elles garantissent un lavage efficace des mains et participent de la sorte à la réduction des épidémies, notamment de la grippe.»

Les stations, qui seront d’abord réalisées dans la région, visent premièrement le marché européen. Mais il n’est pas exclu que le système soit exporté dans les pays en voie de développement par la suite. «L’eau est une ressource clé qui fera défaut à l’avenir. Il est donc primordial de trouver des solutions pour l’économiser», martèle Denis Crottet.

Optimiste quant au succès de son système de lavage de mains, le jeune entrepreneur imagine que dans cinq ans Smixin aura fait ses preuves et que de nombreux appareils auront trouvé preneur. Et il se pourrait bien que ce système de mélangeur trouve d’autres applications, comme par exemple avec du shampoing ou de la lessive... Les idées ne manquent pas à cet homme qui entend bien continuer à créer «pour faire avancer les choses».

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