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Elections biennoises

Rébellion féminine au PSR

Les désignations jeudi dernier par le Parti socialiste romand (PSR) de Cédric Némitz et de Mohamed Hamdaoui comme candidats au Conseil municipal n’a visiblement pas fait que des heureuses: la présidente et la vice-présidente du PSR ont annoncé lundi matin sur les ondes de la RSR leur démission avec effet immédiat.

Emilie Moeschler et Michèle Morier-Genoud

Isabelle Graber
 

Si elles quittent leurs fonctions, Michèle Morier-Genoud et Emilie Moeschler restent cependant dans les rangs du Parti socialiste romand. Celui-ci s’est réuni lundi soir en comité extraordinaire et a désigné Béatrice Sermet-Nicolet et de Roberto Perez à la coprésidence ad interim.

Vice-présidente du PSR depuis six ans, Emilie Moeschler explique pourquoi elle jette l’éponge: «Il s’agit simplement d’être cohérente avec le point de vue féministe que je défends depuis des années. Je n’ai évidemment rien contre Mohamed Hamdaoui, mais je ne peux pas admettre que le PSR présente un ticket exclusivement masculin pour les élections au Conseil municipal. Je regrette en outre que, jeudi dernier, aucun débat de fond portant notamment sur la représentation des femmes n’ait eu lieu avant le scrutin.» Un vote qui avait été extrêmement serré puisqu’une seule voix (sur 29 au total) avait départagé Mohamed Hamdaoui de Michèle Morier-Genoud au troisième tour.


«Que ceux qui ont voté assument»
La présidente démissionnaire ne cache pas son désappointement: «J’ai mûrement réfléchi dans la nuit de jeudi à vendredi et me suis rendu compte qu’il me serait impossible de défendre la position qu’avait choisie de prendre mon parti pendant cette campagne.»

Non sans un brin d’amertume, Michèle Morier-Genoud poursuit: «Que ceux qui ont pris la décision de présenter une liste masculine assument... Je trouve cela d’autant plus regrettable que le double ticket hommes-femmes a toujours été au centre des préoccupations du PSR, sans toutefois que nous jouions les passionarias féministes...» La présidente, en place depuis six ans elle aussi, pourrait-elle avoir été écartée des élections par ces camarades de peur qu’elle ne fasse trop d’ombre à Cédric Némitz? «Je pense effectivement que ce calcul a été fait par certains», concède Michèle Morier-Genoud.


Le moment est-il bien choisi?
Ces démissions tombent à un moment fort inopportun pour le PSR: le parti à la rose mène actuellement d’intenses négociations avec les Verts dans la perspective d’une liste commune pour le Conseil municipal, une option qui doit encore être avalisée par le PS et les Verts lors de leurs assemblées générales respectives du 7 février. «Il est vrai que le moment n’est pas idéal, admet Emilie Moeschler. Mais il m’aurait été impossible d’entamer des négociations avec d’autres partis en défendant un ticket exclusivement masculin.» Michèle Morier-Genoud renchérit: «La décision du PSR démontre que les femmes ont encore du chemin à faire en politique...»

A l’aube d’une campagne qui s’annonce extrêmement tendue, le Parti socialiste peut-il se permettre ce genre d’atermoiements? «Je pense au contraire que nous donnons l’image d’un PS combatif, au sein duquel certaines personnes savent qu’il y a des valeurs à respecter» , rétorque la présidente démissionnaire. Reste à savoir si le PSR réussira à trouver des successeurs suffisamment motivés pour prendre la succession des deux démissionnaires, dont le rôle dans la campagne s’avérait fondamental. Suite au prochain épisode...

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