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SwissSkills 2018

Que le meilleur gagne!

Les Championnats de Suisse des métiers ont démarré sur les chapeaux de roues, hier à Berne. Jusqu’à samedi, les meilleurs apprentis vont se battre pour décrocher le titre dans leur domaine respectif.

Les halles de Bernexpo ont été prises d’assaut, hier, premier jour des SwissSkills, notamment par des milliers d’écoliers venus avec leur classe d’école.

Textes et photos Philippe Oudot

«Je suis heureux d’être présent ici, à l’ouverture de ces SwissSkills, qui sont la plus importante manifestation professionnelle du genre au monde!», a lancé le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, lors de la petite cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée hier matin dans la halle 10, Celle-ci accueille les apprentis jardiniers-paysagistes et les constructeurs de bateaux. «Avec le bruit des machines et les odeurs de laque, on est vraiment au cœur de la formation professionnelle», a-t-il relevé.

Rappelant que l’édition 2014 avait déjà été un vif succès, le ministre de l’Economie s’est dit persuadé que le millésime 2018 serait encore meilleur. Il n’a pas caché sa fierté «de voir ces près de 1000 apprentis, dans 75 métiers, se battre et donner le meilleur d’eux-mêmes pour décrocher la palme du meilleur apprenti». Il n’a pas tari d’éloges sur le système de formation professionnelle en Suisse, n’hésitant pas à dire qu’«il est le meilleur au monde, comme l’a lui-même déclaré le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim.»

Quasi-pas de chômage
Johann Schneider-Ammann a aussi souligné que lors de ses voyages à l’étranger, ses interlocuteurs l’interrogeaient toujours sur «notre système de formation assez unique, qui permet non seulement de former la relève de demain afin d’assurer la compétitivité de nos entreprises, mais qui contribue aussi à ce que la Suisse ne connaît pratiquement pas le phénomène du chômage des jeunes».

Le conseiller fédéral a aussi salué l’engagement des associations professionnelles dans l’organisation de cette gigantesque fête des métiers et a remercié les maîtres d’apprentissage pour leur engagement dans la formation de la relève. Il a aussi martelé que la voie académique n’était de loin pas la seule à offrir des perspectives de carrière et s’est félicité de voir que près de deux tiers des jeunes continuaient à privilégier la voie de l’apprentissage. En effet, a-t-il poursuivi, «notre système de formation souple et flexible offre différentes passerelles qui permettent aux titulaires d’un CFCde continuer à se perfectionner jusqu’à un niveau universitaire.»

Capitale des métiers
Directeur de l’Economie, le conseiller d’Etat bernois Christoph Ammann s’est réjoui de voir la ville fédérale accueillir pour la deuxième fois une telle manifestation qui fait de Berne la capitale de la formation professionnelle et des métiers. Acet égard, il s’est réjoui de voir que sur les 64000 écoliers attendus, 17000 viennent du canton de Berne, «ce qui montre bien l’importance de la formation professionnelle dans un canton comme le nôtre, dont le tissu économique est composé essentiellement de PME». Et d’ajouter qu’elles sont 193 à avoir au moins un apprenti qui participe à cette édition 2018.

«La formation est notre capital le plus précieux, et Berne est un lieu de formation important. Pour la ville de Berne, il est donc logique que l’édition centralisée des SwissSkills ait lieu à Berne et nous espérons qu’elle le sera aussi dans quatre ans», a quant à lui déclaré Alec von Graffenried, maire de la cité hôte. Il a mis en évidence l’engagement sans faille des associations professionnelles, «qui permettent de faire de ce rendez-vous une véritable fête de la formation professionnelle, et plus particulièrement de la formation duale». Il en a profité pour dire qu’en tant que maire de Berne, il se sentait parfaitement à l’aise, puisque dans ses différents services, la ville de Berne a actuellement 234apprentis en formation.

Les voir de près
De son côté, Reto Wyss, conseiller d’Etat lucernois, mais surtout président du conseil de fondation de SwissSkills, s’est félicité du départ en fanfare de cette édition 2018. Il a notamment souligné qu’avec ses quelque 100000m² de surface, le site d’exposition était idéal et que peu de villes pouvaient proposer une telle infrastructure.

Et si les compétitions se terminent bien samedi, la manifestation, elle, se poursuit jusqu’à dimanche. «Et ça vaut la peine de venir le dimanche, car les barrières derrière lesquelles travaillent les apprentis qui font le concours auront été enlevées, et les visiteurs pourront s’approcher des jeunes qui feront des démonstrations de leur savoir-faire.»

Quant au président du comité d’organisation, Claude Thomann, il a salué la nouvelle offre proposée par les associations professionnelles sur une centaine de stands qui invite les jeunes à mettre la main à la pâte pour se faire une idée plus précise du métier dans le cadre de My Skills (voir ci-dessous). Ases yeux, «les SwissSkills sont une illustration parfaite de ce que peut être un bon partenariat public-privé».

Il a aussi constaté avec satisfaction que les gros efforts faits en Suisse romande et au Tessin avaient été payants. Dans ce contexte, il a salué l’engagement des deux conseillers fédéraux Ignazio Cassis et Guy Parmelin pour promouvoir la manifestation. Le 18 août, à Montreux, lors de la présentation des 150 candidats romands, «Guy Parmelin a rappelé qu’il était une incarnation vivante de l’ouverture qu’offre l’apprentissage, puisqu’il a commencé sa vie professionnelle comme apprenti agriculteur et qu’aujourd’hui, il siège au Conseil fédéral».

Un défi qui dure 22 heures
Sur le stand des plâtriers constructeurs à sec, les concurrents sont concentrés. «Ils ont reçu les plans à 9h, et ils ont 22 heures à disposition pour achever leur programme», explique l’expert Leo Stillhard. Le régional de l’étape, Loris Glauser, de Moutier, a choisi de commencer par préparer des moulures. D’autres se sont attaqués à la construction de parois. «Ils sont libres de s’organiser à leur guise, mais au bout du compte, ils devront livrer un produit fini, comme si c’était pour un client», poursuit l’expert, qui en connaît un bout sur les concours, lui qui, en 2009, avait été médaille d’argent aux Championnats du monde des métiers au Canada, dans sa discipline.

Loris Glauser s’est attaqué hier aux moulures. 

 

My Skills permet de mettre la main à la pâte
Pour toutes les associations professionnelles, les SwissSkills sont une excellente occasion de se faire connaître auprès du jeune public et lui offrir l’occasion de mettre la main à la pâte. Car si voir des apprentis à l’œuvre est motivant, ça l’est encore davantage quand on a l’occasion de prendre soi-même les outils en main. Sur une centaine de stands, ceux qui entameront peut-être un apprentissage peuvent s’initier aux premiers gestes des professionnels. Au palmarès des stands pris d’assaut figure assurément celui des constructeurs de route. Quoi de plus passionnant, en effet, que de s’essayer au métier de machiniste en pilotant une pelle mécanique en modèle réduit, de charger un camion de copeaux et de le conduire ensuite sur une piste jusqu’à l’endroit où pourra décharger la benne…

Au stand des constructeurs de route, les plus jeunes peuvent s’improviser machiniste ou chauffeur.

Ce qu’il faut savoir
Dates Du 12 au 16 septembre, sur le site de Bernexpo.
135 Nombre de métiers à découvrir.
75 Nombre de métiers qui organisent un championnat.
900 Nombre de participants.
79 Nombre d’associations professionnelles présentes.
Télévision La SSR est partenaire des SwissSkills et diffuse une émission de 4h samedi après-midi sur RSR1.
64000 Nombre d’écoliers qui viendront avec leur classe.
Dimanche Journée découverte pour les familles.
 


 

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