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Pas encore au bout du tunnel

La mise à l’enquête du projet de tube ferroviaire de Gléresse entre Chavannes et Douanne a généré 44 oppositions. Dont celle des communes de La Neuveville et de Plateau de Diesse.

Les organisations opposées à une partie du projet revendiquent notamment qu’on améliore les portails ouest. Photo: ldd

Par Dan Steiner

«avec un projet d’une telle envergure, il faut s’attendre à des oppositions. Mais cela ne devrait pas influer sur le calendrier», estimait, confiant, l’ingénieur et chef de projet aux CFF Philippe Cornaz lors d’un point presse, en novembre dernier. On ne sait encore pas si 44 d’entre elles seront tout de même suffisantes pour mettre des bâtons dans les roues des CFF.

A entendre les opposants, on se dit toutefois que l’ex-régie fédérale risque bien de devoir revoir quelque peu sa copie concernant le doublement de la voie ferroviaire entre le lieu-dit Poudeille-Chavannes et Douanne (détails du projet dans LeJdJ du 27 septembre et du 7 novembre).

Si «opposant» est le terme officiel dans le cadre de la procédure devant conduire à la construction du tunnel à double voie de Gléresse, la plupart des doléances ne concernent pas l’ensemble de l’entreprise, censée s’achever en2025/26.

Plateau de Diesse souhaiteaussi avoir son mot à dire
Selon l’édition de mardi dernier de nos collègues du Bieler Tagblatt, les communes de Douanne-Daucher et de Gléresse ont notamment fait appel. A elles s’ajoutent trois organisations, 37 particuliers ainsi que les municipalités de LaNeuveville et de Plateau de Diesse.

L’exécutif de la ville du bord du lac a en effet profité de la séance du Conseil général de mercredi soir pour développer son grief. «La commune conteste un certain nombre d’éléments», a relevé le conseiller municipal Christian Ferrier. Parmi eux, citons notamment la nouvelle configuration d’un passage inférieur, «le déplacement de la bretelle de sortie de la N5 sur un viaduc très imposant» et, cela a d’ailleurs été rajouté au dernier moment, «la création d’une place d’atterrissage pour les hélicoptères à proximité du portail ouest».

Dans ses explications,ChristianFerrier note encore que La Neuveville souhaite qu’on clarifie le financement de certaines mesures concernant la réaffectation du tracé. En clair: pour qu’elle ne doive pas mettre, elle, la main au porte-monnaie. Des mesures qui concernent le réaménagement de la liaison Chavannes-lac, les zones de compensations écologiques, la création d’une piste cyclable et le fameux service de bus résultant de la suppression annoncée de la gare de Gléresse figurent aussi dans la liste des revendications. «Donc, pour me rendre à Prêles avec le vinifuni, je dois aller en train à Douanne puis revenir en arrière jusqu’à Gléresse avant de monter...» s’était par exemple offusqué Jean-Pierre Latscha (FOR) lors de la séance de septembre du législatif.

Quatrième commune directement concernée par le projet du transporteur fédéral, Cornaux la Neuchâteloise n’a, elle, rien à redire. C’est donc celle de Plateau de Diesse qui prend le relais. «Selon Aare Seeland mobil, l’exploitant du funiculaire reliant Gléresse et Prêles, on compte 100'000 à 120'000 transferts de passagers par an», signale Raymond Tröhler, le maire de Plateau de Diesse

La suppression de la gare de Gléresse pourrait donc priver le Plateau de centaines voire de milliers de touristes par an, en admettant qu’une bonne partie des 120'000 utilisateurs du funi ne soient pas des pendulaires. «Cela concerne les touristes, mais aussi trois colonies de vacances et le camping de Prêles, le plus grand du Jura bernois. Cette opposition nous permet donc d’être partie prenante dans ces décisions, étant donné que nous n’avons jamais été consultés concernant ce projet», soupire Raymond Tröhler.

Reste le préavis des cantons
Sans vouloir être exhaustifs, notons encore, comme introduit précédemment, que la commune de Douanne y va également de quelques demandes. «Le projet dans son ensemble est approuvé», souligne le Conseil municipal, qui n’a «aucune intention de l’entraver sur le principe». Toutefois, on souhaite limiter les nuisances pendant le chantier, mais également le bruit et les ondes de chocs dès la mise en service, étant donné l’augmentation de la vitesse et de la fréquence des convois. Quant à Gléresse, le contenu de son opposition –avant tout des questions de compensations– devrait être réglé à l’amiable avec les CFF.

Finalement, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage ainsi que l’association Patromoine bernois exigent notamment que la qualité du portail ouest soit améliorée.

Le transporteur national a donc un peu de pain sur la planche. Selon Christian Ferrier, «les cantons de Berne et de Neuchâtel doivent préaviser ce projet jusqu’au 6 mai et les CFF se prononceront avant fin août». Egalement sur la position des offices fédéraux concernés.

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