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Saignelégier

«Moutier est une ville jurassienne»

40e anniversaire du plébiscite du 23 juin.

Un coup de bélier:l’écusson bernois n’y survivra pas. Il laissera sa place à un drapeau jurassien. (Stéphane Gerber)

Gérard Stegmüller

On était bien sûr loin de la liesse populaire d’il y a 40 ans, quand, le 23 juin 1974, les sept districts du Jura historique acceptaient de créer un nouveau canton par 52% de oui. La participation a frôlé les 90%. L’anniversaire du «plébiscite libérateur», pour reprendre les termes du Mouvement autonomiste jurassien (MAJ), a été arrosé hier toute la journée et en soirée à la halle du Marché-Concours de Saignelégier. La partie officielle, sur le coup de l’apéro de midi, a rassemblé environ 250 personnes. Des élus du nord comme du sud, des militants et le Gouvernement jurassien in corpore. Foin de nostalgie! Le nom de Moutier était sur toutes les lèvres. «Moutier est une ville jurassienne. Elle a sa place dans le canton!», s’est exclamé Charles Juillard, président de l’exécutif.

Le ministre a rappelé qu’il avait 12 ans lors du «oui à la liberté». Puis: «Le Jura a 35 ans, n’est pas parfait, mais il existe. Le 24 novembre a été une étape nécessaire dans la Question jurassienne. Le Gouvernement est d’avis que l’unité du Jura n’est plus un objectif politique à atteindre dans les circonstances.» Mais Charles Juillard a rapidement évoqué le principe du vote communaliste, qui concernera à coup sûr Moutier, et Belprahon, espère l’Ajoulot.

Aux urnes en 2017

Le scrutin devrait intervenir en principe en 2017. «Pour le Gouvernement jurassien, il est trop tôt de dévoiler notre stratégie. Nous devons élaborer un processus qui soit le meilleur possible. Traverser des épreuves renforce l’être humain. Nous sommes encore plus forts depuis le 24 novembre. Ce jour-là, les gens du nord (réd: ceux qui forment le canton du Jura) ont été fantastiques. Ils n’ont pas fait preuve de clivage.»

Contrairement au sud, serait-on tenté d’ajouter, hein? Tiens, au sujet du Jura bernois, l’animateur principal du Groupe Bélier, Clément Piquerez, a été catégorique: «Pourquoi sourire à une population qui nous a craché au visage? (...) Nous allons nous employer à arracher au canton de Berne tout ce qui peut l’être, à commencer par Moutier. L’unité sera reconstruite pierre par pierre. Et pas d’Unspunnen!» Histoire que ce Jura bernois décidément très convoité ne soit pas «une banlieue de Bienne», a martelé Maurane Riesen, représentante du Mouvement universitaire jurassien. Selon le maire de Saignelégier, Joël Vallat, «le glas a sonné le 24 novembre. Mais ce n’est que provisoire, j’en suis convaincu!»

Le Groupe Bélier a profité de ce raout pour fracasser un pan en bois muni d’un écusson bernois, remplacé par un drapeau jurassien. La lutte continue donc. Elle sera chaude en Prévôté. Voire bouillante.

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