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Un podium de discussion autour de l’avenir de la presse régionale a eu lieu vendredi soir en vieille ville. Il y a notamment été question des jeunes, des réseaux sociaux et d'une redevance pour tous.

Bernhard Rentsch, Julien Grindat et Nicole Schiau en plein débat (Copyright Stefan Leimer / Journal du Jura)

Christian Kobi

La question de l’avenir de la presse régionale s’est immiscée hier soir dans le cadre du First Friday, à l’occasion d’un podium de discussion organisé par le Club Canal 3 à la rue Haute 22. Animé par Julien Grindat, président de l’association et directeur des publications du groupe Gassmann, le débat a réuni, autour des deux tables dressées pour l’occasion, Bernhard Rentsch, lui aussi directeur des publications du groupe Gassmann, et Nicolae Schiau, le nouveau chef d’antenne biennois de Couleur 3.

Devant une quinzaine de personnes, les orateurs ont tout d’abord évoqué la période difficile que vivent les médias dans leur ensemble. Tous ont été d’accord pour dire que la presse régionale devait trouver des moyens de se réinventer. Mais de quelle manière? «La consommation de l’information passe aujourd’hui principalement par les smartphones. Il faut donc trouver des moyens t’attirer les jeunes à travers les réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter», a estimé Nicolae Schiau.

Selon lui, la gratuité des journaux ne doit pas être pointée du doigt  pour tenter d’expliquer la baisse d’intérêt pour la presse payante. «Aujourd’hui, tout est gratuit, même la musique. Il faut chercher des explications plus loin, notamment sur la manière de personnaliser l’information et de parler à sa cible», a-t-il poursuivi, estimant qu’il manquait «un hameçon pour attirer le jeune public».

Sur la gratuité, Bernhard Rentsch a un avis différent: «La branche a fait une grave erreur en prenant cette direction, dont le résultat est une baisse évidente de la qualité. La culture du gratuit est extrêmement dangereuse.»

Jeunes prêts à payer
Pour les intervenants, l’avenir des médias n’est toutefois pas tout noir. Des pistes existent. «Je pense que les jeunes sont prêts à payer pour une information de qualité. Il faut simplement les prendre par la main et leur montrer que le traitement journalistique implique certains coûts», a ajouté Nicolas Schiau.

La gestion des coûts, justement, représente l’un des grands défis de la presse. Selon Bernhard Rentsch, il faut oser se poser la question des formats. «Peut-être que l’avenir ne sera plus le papier. Mais à mon sens, ce qui importe le plus est le contenu. Nous devons mettre l’accent sur la région et les gens qui la font vivre.»

Pour Nicolas Schiau, la presse régionale pourrait même aller plus loin et supprimer les contenus nationaux ou internationaux. «On retrouve ceux-ci gratuitement sur internet le jour d’avant. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour l’investir dans des contenus régionaux?», a-t-il questionné. «Nous avons tenté l’expérience et, au final, il s’avère que nos lecteurs, qui ne sont pas tous jeunes, sont demandeurs de ces pages nationales et internationales. Il s’agit de trouver le bon dosage», lui a répondu Berhard Rentsch.

Une redevance pour tous?
Pour le directeur des publications Gassmann et le chef d’antenne de Couleur 3, la branche n’est pas en train de s’effondrer. Elle évolue et doit se réinventer, tout simplement. «Les gens auront toujours envie de savoir ce qui se passe dans leur région, quelle que soit la forme», a appuyé Berhard Rentsch.

Dans ce contexte-là, service public et médias régionaux sont-ils plutôt des ennemis ou des alliés? «C’est évidemment une question politique», a jugé Nicolas Schiau qui s’est dit, à titre personnel, favorable à une redevance pour tous les médias et plus seulement pour ceux de la SSR. Et si une partie de la solution était là?

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