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Elections biennoises

Les Romands sont-ils solubles dans le PS?

La soirée de mardi s’annonçait houleuse dans les rangs du Parti socialiste... et elle n’a pas déçu! Il aura en effet fallu près de 3h30 aux 160 membres du PS réunis à huis clos en assemblée générale pour désigner les quatre candidats qui complètent la liste commune établie avec les Verts, baptisée Bienne solidaire – Die Rotgrüne Kraft.

Erich Fehr, Salome Strobel, Cédric Némitz, Barbara Schwickert et Niels Arnold. Photo Olivier Gresset

Isabelle Graber
 

La conseillère municipale écologiste Barbara Schwickert figurera en tête, suivie du maire Erich Fehr (PS), du Romand Cédric Némitz (PSR) et des Alémaniques Salome Strobel (PS) et Niels Arnold (PS). L’élection de ce dernier constitue une grosse surprise, d’autant plus que le fils de l’ancien conseiller municipal Otto Arnold, également frère de Marc, président de la section de Madretsch du PS, s’est faite au détriment du candidat francophone Mohamed Hamdaoui. Battu d’une voix par Salome Strobel au dernier tour, ce dernier avait été élu par le PSR afin d’épauler la candidature de Cédric Némitz. Au cours de ces primaires, Mohamed Hamdaoui avait battu d’une seule voix sa camarade Michèle Morier-Genoud. Au lendemain de ces nominations, la présidente du PSR avait démissionné de ses fonctions, toute comme la vice-présidente Emilie Moeschler.


Femme ou Romand, fallait-il vraiment choisir?
Les arguments féministes semblent donc, en surface du moins, avoir été une fois encore au centre des débats mardi soir. Niels Arnold n’est guère ému par le fait que la liste de gauche ne compte qu’un seul Romand: «Le PSR a eu la possibilité de nommer deux personnes mardi soir, mais la direction du PS a voulu une deuxième femme... Pour ma part, je suis hereux d’être nommé par l’assemblée. » Ces propos font bondir la présidente ad interim du PSR, Béatrice Sermet: «Le PSR n’a commis aucune faute! Nous avions choisi deux candidats dont la qualité ne peut pas être remise en question. Je me permets de renvoyer la balle à la section de Madretsch: pourquoi n’a-t-elle présenté aucune femme? Je rappelle en outre que le 26 janvier, date de nos primaires, nous ne savions pas quel serait le choix de Madretsch.»

Fief du clan Arnold, cette section s’était déplacée en force à l’assemblée générale, comme le confirme Niklaus Baltzer, président du PS biennois: «A elle seule, Madretsch représentait plus de la moitié du total des membres. Les trois autres sections, Bienne-Stadt/Ost, les Jeunes socialistes (Juso) et le PSR étaient clairement moins bien représentées.» Là encore, Béatrice Sermet réagit: «Une trentaine de membres du PSR étaient présents, ce qui est remarquable vu nos effectifs. Notre section s’est montrée très digne et surtout très unie tout au long des débats, ce dont nous pouvons être fiers.»

La section de Madretsch feraitelle la pluie et le beau temps au sein du PS? Il se murmure que, mardi soir, elle aurait recruté nombre de membres dont le visage était totalement inconnu des autres camarades. De précieuses voix qui auraient été briefées pendant la séance par le président de la section afin qu’elles votent «comme il faut».


La confiance du PSR
Du côté des francophones, comment analyse-t-on le véritable coup de théâtre qui a coûté sa place à Mohamed Hamdaoui? «Ce résultat, qui s’est joué à une voix près, démontre que Mohamed Hamdaoui a su convaincre de nombreux camarades, et pas seulement au sein du PSR. Bien sûr, cette liste n’est pas celle que nous avions souhaitée. Mais je suis confiante et j’espère que Cédric Némitz sera élu cet automne. Evidemment, cela ne peut pas se faire sans le soutien des Alémaniques», relève Béatrice Sermet. Nul doute que le PS sera encore le théâtre de nombreux débats, qui pourraient notamment porter sur le fonctionnement de ses sections et leur organisation.

 

 

LA RÉACTION DE MOHAMED HAMDAOUI

«Je n’ai pas envie de lâcher l’affaire»

Elu aux primaires du PSR le 26 janvier, Mohamed Hamdaoui a été évincé d’une voix mardi soir lors du choix définitif des candidats socialistes au Conseil municipal. Mais il affirme ne point éprouver d’amertume: «La décision du PS ne me pose aucun problème. C’est la démocratie... Le fait que cela se soit joué à une seule voix près prouve que je ne suis pas si nul. Je vais m’engager à fond dans la campagne!» Comment le Romand analyse-t-il le déroulement de cette séance, qui a vu l’avènement d’un candidat de Madretsch totalement inconnu au bataillon? «Tôt ou tard, le Parti socialiste devra s’interroger sur sa structure, des sections qui ont parfois des accents claniques, ce que je regrette. Notre objectif doit demeurer la défense de ceux qui en ont le plus besoin. Personnellement, je n’ai pas envie de lâcher l’affaire. Si on a besoin de moi, je me tiens à disposition pour assumer la présidence du PSR.»

Mots clés: Bienne

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