Vous êtes ici

Mont-Crosin

Le cheval a montré qu'il a encore sa place dans l'agriculture

Une démonstration de traction animale moderne a eu lieu ce week-end sous les énergies du Mont-Crosin. Histoire de montrer que le cheval de trait a encore sa place dans l'agriculture d'aujourd'hui.

Sous les éoliennes, soixante ans séparent les deux faucheuses. (Bernard Schindler)

Bernard Schindler

A Mont-Crosin, on parle beaucoup d’énergies renouvelables. Samedi, sous les éoliennes et le soleil, une démonstration de travaux agricoles hippo-tractés a rassemblé la foule. Les organisateurs tablaient sur une septantaine de visiteurs, le double s’est pressé autour du champ à faucher. Ils sont venus parfois de loin, entre Appenzell et le Valais en passant par le Doubs. Une conjonction d’intérêts est à l’origine de l’événement.
Des agriculteurs prônent la traction animale, mais pas le retour à l’ère de l’araire, tel David Michel, de Krauchtal, qui avec le constructeur de machines Christoph Schmitz et le forgeron Fritz Hadorn, a perfectionné les outils, devenus plus légers, efficaces et confortables pour hommes et chevaux.
La Fondation suisse pour le climat a soutenu financièrement le projet. La ferme de Sur-la-Côte est un site de démonstration idéal: c’est un haut lieu de la traction animale, le fief d’Henri Spychiger, chantre et pionnier du renouveau du cheval de trait qui vient de remettre son domaine à Mikaël Zürcher.
Et les Franches-Montagnes sont à la porte, avec ses amoureux du cheval et leurs émules d’ailleurs.

Les deux âges du cheval

L’herbe est mûre, le champ et les attelages prêts à faucher. Une faucheuse Aebi des années cinquante tirée par Malin et Escudo, deux FM pure race non allégée, fait les deux premiers tours, sous surveillance. Le vétérinaire Pascal Furer mesure les pulsations cardiaques avant et après l’effort. Le Centre européen de ressources et recherches en traction animale (CERRTA), de Villers-sous-Chalamont près de Salins, a placé ses capteurs de traction. Jacques Cannelle précise : «On met un peu de science dans l’affaire!».
Deux modèles Schmitz modernes continueront le travail. La largeur de coupe s’élargit des 1,35 m de l’Aebi aux 2,40 m de la plus grande Schmitz, pour un effort comparable de 240 à 360 kgf selon la densité de l’herbe.
A 12h30, le champ est fauché propre, au gré des commentaires bilingues du speaker Urs Moser.

Collation et courage

A la ferme, à côté du pavillon d’information du Juvent des éoliennes électrogènes, Mikaël Zürcher et ses aides se sont démenés comme de beaux diables pour offrir la collation à tous: «Je ne m’attendais pas à autant de monde!» précise le nouveau fermier, essoufflé.
Avec le domaine, il a aussi repris la philosophie du maître, Henri Spychiger. Pas de passéisme ni de folklore, l’homme est convaincu que les chevaux actifs ont leur place dans l’agriculture actuelle. Il le met en pratique: les travaux de ses champs de pommes de terre et d’orge sont l’apanage de ses quatre FM de trait. Il a sans aucun doute un goût immodéré des défis : il a tout juste 20 ans, il n’est pas fils d’agriculteur, il reprend un domaine de montagne et il aime les chevaux de travail. C’est beaucoup à la fois. Mais il rayonne de joie, d’énergie, interne cette fois, et d’un courage hors du commun. Et comme élément moteur de l’organisation du jour, il a généreusement envie de faire connaître ses convictions.

Articles correspondant: Région »