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La Neuveville

La région pendue à ses propres cimaises

Dès le 17 novembre et jusqu’au 24 du même mois, le Café-théâtre de la Tour de Rive à La Neuveville accueillera les photographies de Bernard Schindler, de Diesse, un homme connu en ces lieux comme le loup à barbe blanche.

Il photographie les gens d'ici (Droz)

Blaise Droz

En l’an de grâce 2009, alors qu’il n’était plus qu’à quelques mois de la retraite, Bernard Schindler, enseignant au collège secondaire de la Suze à Bienne, est entré au Journal du Jura comme d’autres entrent en religion. «Je ne voulais pas d’une retraite oisive et lorsqu’on m’a dit, au bureau communal de mon village, que Le JdJ cherchait un correspondant local, j’ai été immédiatement séduit», nous confie le sympathique citoyen de Diesse. Dans le bureau du rédacteur en chef d’alors, l’affaire a été vite conclue. L’entretien d’embauche s’est plus ou moins limité à un cordial «Bienvenue à bord!» Il faut dire que la réputation, les qualités de plume et les connaissance de la vie locale de l’intéressé l’avaient précédées et qu’il aurait fallu être bien mal inspiré pour refuser ses talentueux services.

Géologue et enseignant
De formation, ce jeune homme de 69 ans est géologue et l’essentiel de sa carrière a été voué à des travaux de consulting en hydrogéologie et en géologie de l’ingénieur. Parler de géologie avec lui est une magnifique leçon de choses, on ne s’en lasse jamais! Cependant, notre homme a plus d’une corde à son arc et par deux fois, d’abord pour financer ses études et ensuite à l’approche de la retraite, il a enseigné au niveau secondaire. Dès ses premiers papiers pour Le JdJ, Bernard Schindler s’est remémoré l’époque où il écrivait des milliers de pages de rapports géologiques à l’intention d’un lectorat de béotiens mais aussi de scientifiques bien au fait du sujet traité. «En écrivant pour le journal, j’ai trouvé que cela ne changeait pas beaucoup», s’enthousiasme notre homme, dont la fierté repose aussi et peut-être surtout sur le nombre de photographies déjà amassées en quatre ans de pratique. «Quand on me demande quelle est ma fonction au JdJ, je réponds que je suis correspondant de Diesse de Nods et du week-end!», rigole notre interlocuteur, dont la fréquentation du centre de la Tour de Rive est presque hebdomadaire. Il y a rencontré et photographié des artistes renommés ou encore inconnus avec le même enthousiasme qu’il a immortalisé les pompiers ou les participants de la course aux œufs... De simples exemples parmi une foule d’autres. «Ceux qui manquent le plus dans mon fichier de photos, ce sont les politiciens. Aller à leur rencontre ne fait guère partie de mon cahier des charges», ajoute Bernard Schindler.

Avec simplicité  
Pratiquer la photographie en tant que support des articles rédactionnels a appris à Bernard Schindler à affronter les gens en face. «Il faut oser se lancer, ne pas se contenter de photographier subrepticement des gens qui vous tournent le dos!» Dans la collection de notre interlocuteur, pas de Che Guevara à la René Burri ni de baiser de l’hôtel de ville façon Robert Doisneau. Il photographie les gens d’ici avec simplicité, avec un cœur gros comme ça et avec toujours en arrière plan une histoire à raconter. Sûr que ce sera un vrai bonheur de l’accompagner à la Tour de Rive lors du vernissage du 17 novembre, dès 16h, et pour ceux qui voudront un peu se changer les idées, au finissage du 24 novembre à 16h également. 

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