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Bienne

«Je tiens à assurer le lien entre la ville et le canton»

Christoph Grupp (Les Verts) fera ses débuts au Grand Conseil. Il a décidé de se rendre à Berne à pied.

Christoph Grupp est parti hier depuis le chantier du lotissement du Wasen. Photo LDD

Didier Nieto

Christoph Grupp aurait sans doute souhaité un programme moins chargé pour ses débuts au Grand Conseil lundi prochain. L’ordre du jour qui l’attend a de quoi effrayer même les politiciens les plus chevronnés: plan d’économies du canton, modification de la loi sur l’aide sociale, réforme fiscale ou encore budget 2018... «Les documents que j’ai reçus cumulent plus de 2000 pages. Personne ne peut lire tout ça en si peu de temps. Mais j’ai plusieurs séances de fraction prévues cette semaine. Elles me permettront de bien me préparer», relève l’écologiste biennois, qui s’apprête donc à succéder à Daphné Rüffenacht, partie en cours de législatures pour des raisons familiales.
Pour marquer son entrée dans l’arène cantonale, Christoph Grupp a décidé de se rendre à pied à Berne. «Je me suis inspiré de mon arrière-grand-père, qui était pasteur à Nidau et qui siégeait au Grand Conseil. Il y a plus de 100 ans, lui aussi avait rallié la capitale à pied», raconte le conseiller de ville. Son périple, qui a commencé hier, s’étalera sur toute la semaine et comprendra quatre étapes. Lors de chacune d’elles, le futur député présentera, dans un cadre particulier, sa vision politique et les thématiques qui lui tiennent à cœur: énergie renouvelable, protection du paysage, coopérative d’habitation, formation...

L’exemple du Wasen
Comme point de départ et première étape de sa randonnée, Christophe Grupp avait choisi le chantier du lotissement d’habitation du Wasen, qui appartient aux coopératives d’habitation Biwog et Casanostra. «Tous les bâtiments auront la particularité d’être chauffés grâce au système de pompes à chaleur installé par la Ville et Energie Service Bienne dans le quartier de la Champagne», a expliqué le politicien à la presse, conviée pour l’occasion. Pour ce genre de projet, il est «impératif que les investisseurs privés et les pouvoirs publics collaborent», a souligné Vincent Studer, président de Biwog – coopérative dont Christoph Grupp est membre du comité.
Venue apporter son soutien à son collègue de parti, la directrice des Travaux publics, de l’énergie et de l’environnement Barbara Schwickert a considéré le lotissement du Wasen comme un exemple à suivre. «En matière de chaleur, la Ville s’est fixé un objectif ambitieux: 35% du parc immobilier doit être chauffé grâce à de l’énergie renouvelable d’ici 2025. Et pour les bâtiments publics, ce taux doit atteindre 50%.»
Demain, Christoph Grupp fera halte à la ferme de Kilian Baumann, un autre député écologiste. Les deux politiciens évoqueront la production agricole bio à petite échelle. Dimanche, le Biennois s’arrêtera au Jardin botanique de Berne, où il a suivi sa formation de biologiste. «Un endroit souvent menacé par les coupes budgétaires.»

Opération en vue des élections
A Berne, Christoph Grupp entend défendre les idées vertes, ses convictions personnelles, mais aussi les intérêts de Bienne. «Comme les conseillers municipaux n’ont plus la possibilité de siéger au Grand Conseil en raison de l’interdiction du double mandat, il est important de faire entendre la voix de Bienne à Berne. Mais j’aimerais que les élus de Bienne, du Seeland et du Jura bernois collaborent davantage pour défendre la région.» Il souhaite aussi sensibiliser un peu plus les Biennois au rôle de la politique cantonale. «Ici, nous n’avons pas toujours conscience de l’importance qu’ont les décisions prises à Berne pour la ville. La majorité du budget dépend par exemple de prescriptions cantonales.»
Christoph Grupp ne le nie pas: sa randonnée est avant tout une opération de communication en vue des élections cantonales de 2018. «J’ai peu de temps pour me faire connaître jusqu’au mois de mars, d’autant qu’il n’y aura pas de session en janvier et en février. Je veux faire tout ce que je peux en amont pour que Bienne et Les Verts conservent mon siège.»
Propriétaire d’un bureau de relations publiques et président de la Paroisse réformée alémanique de Bienne, Christophe Grupp n’entend abandonner aucune de ses casquettes en raison de son nouveau mandat. Pas même son siège au Conseil de ville qu’il occupe depuis 2009. «Je tiens à assurer le lien entre la ville et le canton. Et je pense que mon réseau est très intéressant pour faire circuler mes idées.»

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