Vous êtes ici

Moutier

«Je suis un acteur du Roestigraben!»

Courant populaire en Suisse alémanique, le théâtre physique est pour l’heure peu présent en Suisse romande, qui lui préfère, peut-être par simple méconnaissance, le théâtre contemporain «branchouille», aux dires de Cédric Dubois, metteur en scène de Karussell Amor, un spectacle qui sera joué dimanche 27 janvier à 17h au Pantographe de Moutier.

Cédric Dubois, un sacré background artistique! (LDD)

Pierre-Yves Theurillat

L’influence de l’Ecole Dimitri opère: ce théâtre presque muet est d’abord un langage, celui des corps, qui prennent contact, qui se rencontrent, qui ont un poids aussi. Cédric Dubois sait le mettre en scène. Cet homme de théâtre de La Chaux-de-Fonds vit depuis dix ans à Moutier, un peu par hasard: «Le metteur en scène Germain Meyer partait pour le Mexique. Il m’avait laissé son appartement. Je cherchais justement un endroit calme! (rires) ». Prévôtois pour autant? «Peut-être mes descendants le seront-ils?».  En attendant, cet ancien élève de l’Ecole Dimitri, germanophile, n’attend pas de fourbir ses armes: on le retrouve aux côtés d’Aurèle Morf à la soirée théâtre de la Fête du Taureau et dans l’association Autour de Saint-Germain qu’il anime également.

Du théâtre tous azimuts

Le metteur en scène de Moby Dick en 2009 reprenant le flambeau du même Germain Meyer, c’était lui. Que les plus jeunes retrouvent avec enthousiasme depuis plus de vingt ans à chaque camp théâtre de l’AJAC, puis Coordination jeune public à Sornetan, alors qu’il dit aujourd’hui vouloir arrêter. Qui affiche depuis plus de dix ans des activités de mise en scène, lors d’Expo 02, sur l’Arteplage de Neuchâtel, comme comédien avec la Compagnie Dimitri, ou au Karlskühne Gassenshow.
 Au Théâtre populaire romand, il devient responsable de formation et assistant de direction, de 2003 à 2009. Il travaille à Cours des miracles, à Delémont, et, tourné vers l’enseignement, il s’occupe des cours de théâtre facultatif dans les écoles jurassiennes, en itinérance de Montfaucon à Coeuve, de Porrentruy à Courfaivre. Il réunit la plupart des mêmes activités avec l’association Kosmokult, sise à La Chaux-de-Fonds.

Avec Laura Ender – ils collaborent pour la deuxième fois - celui qui a vécu dix ans en Suisse allemande met précisément en scène le théâtre physique dans Karussell Amor. Cédric Dubois aime ce lieu du Pantographe. Comme Yan Mercanton et d’autres, il s’y sent des amitiés réciproques. Cela avant quelques dates à Frick, Baden et Zurich, date-phare. «Tout le gratin de toute la Suisse allemande s’y déplace. Karussell Amor est sorti l’an dernier. La stratégie est ici de revendre le spectacle», affirme Cédric Dubois.

Une répétition générale au Panto

 Au Pantographe, il s’agira plutôt d’une répétition générale publique, étant donné la livraison brute d’un spectacle sans technique lumière et son. «Une histoire muette de carrousel qui ne fonctionne plus, parallèle à la vie d’un couple précisément mis en scène. Les passions des premiers instants ne durent pas, une longue durée de vie nécessite une alimentation, être à l’écoute de sa partenaire. Avec la routine du couple, l’ennui, le carrousel tourne moins et d’ailleurs, que fout-on dans ce carrousel?», explique cet «acteur du Roestigraben» comme il se définit, qui signera sans doute avec cette trame un visuel chorégraphique expressif.

Il ajoute, l’apparence d’y être arrivé: «Avec le minimum vital de paroles, il s’agit de trouver un équilibre dans l’espace ou ces deux figures sont enfermées». Pas de fil rouge? «Peut-être le tango, qui revient, chorégraphié ou improvisé, instaure un dialogue, un jeu, une dynamique et une sensualité, faisant naître à nouveau l’envie de continuer de tourner dans ce carrousel». Et peut-être en Suisse romande aussi, si tant est que la Romandie veuille bien comprendre une histoire sans légende.

Articles correspondant: Région »