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Ils ont quitté les bancs d’école

Nombre d’élèves ne sont pas allés en cours jeudi. Mais pour une bonne raison: découvrir l’univers professionnel d’un parent proche. Dix-huit jeunes étaient par exemple chez Tornos.

Photo Stéphane Gerber

Michael Bassin

«Je ne pensais pas qu’on pouvait faire une pièce si détaillée à partir d’un bloc comme ça.» Océane, 12 ans, a abandonné sa chaise d’école, hier, pour se rendre chez Tornos. A l’image de milliers d’autres écoliers à travers le pays, la jeune fille a participé à la traditionnelle journée Futur en tous genres. Le principe? Accompagner un proche pour découvrir son métier.
L’idée consiste également à casser, si possible, quelques stéréotypes de genres. Les filles sont dès lors encouragées à se rendre dans des secteurs dits «demecs», et vice versa. Un but atteint chez Tornos, puisque 10des 18 jeunes étaient des participantes.
Océane n’a pas pour plan de carrière d’intégrer le domaine de la machine-outil. Mais l’écolière de 8H, à Perrefitte, souhaitait découvrir l’univers du compagnon de sa maman. «Il est polymécanicien, mais je ne savais pas du tout ce que c’était avant aujourd’hui», confie-t-elle. «Cette journée est une bonne opportunité pour les jeunes de se faire une idée plus précise sur ce qu’est le monde du travail», juge Emanuel Lanz, le polymécanicien en question. «C’est aussi intéressant pour Océane de savoir ce que je fais, afin que cela soit moins abstrait lorsque j’en parle.»
Les jeunes venus en immersion chez Tornos ont été gâtés. Après un petit-déjeuner pris dans le restaurant de l’entreprise, les écoliers sont partis à la découverte des différents départements, ceci sous la houlette d’Alain Kohler, responsable fabrication et de la formation des apprentis polymécaniciens.
Grâce à un discours imagé – en comparant la réalisation d’une pièce à celle d’un gâteau aux pommes – et au jeu des questions-réponses, le formateur a bien vulgarisé les différentes étapes de fabrication d’une machine, allant de l’usinage à l’emballage en passant par le contrôle ou l’assemblage. Ont suivi pour les écoliers: visites de la place de travail du proche et du Centre d’apprentissage de l’Arc jurassien, ainsi qu’initiation au golf indoor – car, oui, il n’y a pas que la productivité qui compte.
Voir où papa travaille
Pour Alain Kohler, cette journée n’a pas pour but d’attirer les jeunes, demain, chez Tornos. «Les écoliers sont surtout intéressés à voir l’environnement de travail de leur parent. Par contre, cela nourrira leur réflexion lorsqu’ils devront opérer un choix professionnel. Surtout qu’ils sont encouragés à découvrir des métiers différents les autres années.» Cela dit, Futur en tous genres permet quand même à l’entreprise de montrer aux élèves que le domaine a passablement changé par rapport à ce que certains vieux de la vieille racontent. «Suivre un apprentissage de polymécanicien n’est pas une impasse!» insiste Alain Kohler. «Avec des passerelles, on peut par exemple devenir ingénieur.»
Océane, elle, s’imagine maîtresse d’école. Le prochain métier à découvrir lors de la journée Futur en tous genres 2019? «Comme je suis tous les jours en classe, je sais déjà comment c’est...» glisse-t-elle, le sourire au coin des lèvres.

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