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Distinction

Deux cafés biennois parmi les plus beaux

L’association Patrimoine suisse a répertorié, dans une revue, les plus beaux cafés de Suisse. A Bienne, l’Odéon et le bistro Farel comptent parmi les cinquante établissements sélectionnés.

Les architectes qui ont rénové la Maison Farel ont également choisi le mobilier qui se trouve dans son café. Les inspirations des années 1950 rappellent l’histoire du lieu. Patrimoine suisse/Oliver Marc Hänni

Par Clara Sidler

L’Odéon et le bistro Farel comptent parmi les plus beaux cafés de Suisse. Les deux cafés biennois ont fait craquer les spécialistes de Patrimoine suisse. L’association a établi une liste de cafés et tea-rooms considérés comme les plus remarquables de Suisse dans une revue publiée dernièrement. Elle a sélectionné cinquante établissements sur 550 préalablement choisis. L’ouvrage compte des cafés qui se trouvent aussi bien dans le canton de Zurich et de Berne, que dans celui de Genève, de Neuchâtel ou encore de Vaud. «La qualité architecturale, le concept global ainsi que la qualité du café comptaient parmi les critères principaux pour la sélection des établissements», explique Françoise Krattinger, chef de projet au sein de Patrimoine suisse.
Bien que très différents, les deux cafés biennois ont séduit les experts du patrimoine.

Paris des années 1930
Du côté de l’Odéon, ce sont ses airs de Paris des années 1930 qui ont fait mouche. Avec son velours carmin, ses grands miroirs accrochés aux murs et son papier peint à motifs rouges, le café s’est démarqué des autres établissements. «L’Odéon, ouvert dans un premier temps comme un bar, dans les années 1930, est l’un des rares établissements publics qui ait conservé son intérieur d’origine sans paraître vieillot», peut-on lire dans l’ouvrage de Patrimoine suisse.

«Je suis très content et fier», commente Rolf Schädeli, patron de l’établissement, avec Nathalie Jeanrenaud et Martin Glauser. En 2010, les trois propriétaires ont repris les locaux, qui avaient, à l’époque, besoin d’un rafraîchissement. Pour ce faire, ils ont fait appel à l’artisan qui avait posé les revêtements des murs et des sièges dans les années 1970. Celui-ci a donc collé de nouveaux papiers peints réimprimés à Vienne dans ses teintes d’origine. «C’était important pour nous de préserver le patrimoine de cet établissement unique», ajoute Rolf Schädeli.

Quant aux répercussions d’une telle distinction sur la clientèle, Rolf Schädeli ne se fait pas d’illusions. «Je ne pense pas que cela augmentera l’affluence qui est, par ailleurs, déjà très bonne», précise celui qui se réjouit que jeunes et plus âgés fréquentent son «petit bijou».

Des airs d’après-guerre
D’un tout autre style, le bistro Farel a également séduit Patrimoine suisse. Construite entre 1956 et 1959 par l’architecte biennois Max Schlup, la Maison Farel a été réhabilitée il y a trois ans par cinq architectes qui l’ont rachetée. Aujourd’hui, elle abrite un café avec cour, une salle de conférence, des bureaux et des logements. «Avec peu de moyens mais beaucoup de doigté, les concepteurs ont remis en valeur les matériaux d’origine et élaboré des détails cohérents», est-il indiqué dans la revue de Patrimoine suisse. «Ce café montre qu’il est possible de transformer un bâtiment historique de manière intelligente sans perdre son aspect original», précise Françoise Krattinger. «De plus, il est extraordinaire que ce genre d’immeuble, classé digne de protection, soit ouvert au public», ajoute-t-elle. «C’est un honneur de paraître dans cette revue», réagit Ivo Thalmann, l’un des cinq architectes qui a participé à la rénovation.

Mais l’architecture et l’histoire des bâtiments ne constituent pas les seuls critères de sélection. «Nous n’oublions pas l’élément principal d’un café, qui se trouve être... le café qui y est servi!», s’amuse Françoise Krattinger avant de rassurer les amateurs de ce breuvage. «Dans les deux établissements biennois, le café est excellent.»

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