Vous êtes ici

Abo

Technologie

Des start-up qui décoiffent

Dans le cadre du petit-déjeuner microtechnique de la CEP, AlveoliX et Acube Technology ont présenté hier leurs innovations, respectivement des organes sur puces et un système d’accès mains libres.

Les membres de la CEP n’étaient hélas pas très nombreux hier pour suivre les explications d’Olivier Guenat, CEO d’AlveoliX. Peter Samuel Jaggi

Par Philippe Oudot


Plutôt que d’inviter ses membres à une traditionnelle visite d’entreprise, la CEP les avait convié hier matin au Switzerland Innovation Park Biel/Bienne, à Nidau, pour participer au petit-déjeuner microtechnique qu’elle organise régulièrement. L’occasion d’y entendre deux jeunes patrons de start-up des plus innovantes présenter les produits qu’ils sont en train de développer.

Fondée en 2015, AlveoliX a pour objectif de développer et commercialiser des organes sur puces, a expliqué son CEOOlivier Guenat. Aujourd’hui, le développement d’un nouveau médicament prend du temps – 10 à 15 ans, de la phase préclinique à l’enregistrement du produit – et coûte très cher – plus de 2,5milliards de dollars. Dans la phase préclinique, les tests se font in vivo, donc sur des animaux, ou in vitro, sur des plaques dites de Petri, avec des cultures de cellules. «Le problème, c’est que dans les tests in vitro, les cellules sont fixées sur la plaque et réagissent difficilement aux tests des médicaments», a-t-il expliqué.

Fonctionnalités préservées
AlveoliX a donc développé une voie intermédiaire appelée «organe sur puces», qui est en quelque sorte une interface entre biologie et ingénierie et qui reproduit l’environnement cellulaire de manière beaucoup plus fiable et précise que les plaques Petri, car les cellules ne perdent pas leurs fonctionnalités. Pas étonnant donc que les grandes entreprises de pharma investissent des millions dans cette technologie, qui permet de réduire de manière significative le nombre d’expériences sur des animaux.

AlveoliX a ainsi mis au point des modèles qui reproduisent des cellules du poumon, ce qui permet d’étudier certaines maladies comme la fibrose pulmonaire. «Nous avons donc développé un ‹poumon sur puces› avec les cellules alvéolaires qui s’étirent et se rétractent comme à chaque respiration, grâce une membrane flexible qui imite la barrière alvéolaire, et une pompe externe», a expliqué Olivier Guenat.

Nouvelle dimension
Ce poumon sur puces permet donc d’étudier concrètement les effets des particules que l’individu inhale en respirant et qui peuvent affecter un poumon, en particulier s’il présente des lésions.

Si AlveoliXtravaille sur le poumon, l’orateur a souligné que les organes sur puces ouvrent une nouvelle dimension en matière de recherche pour tester de nouvelles molécules entrant dans la composition de médicaments. Et si, pour l’heure, le marché est encore naissant, Olivier Guenat a estimé que son potentiel se chiffrait en milliards de dollars.

Pour ce qui est du projet d’AlveoliX, le CEOa indiqué qu’aujourd’hui, le prototype industriel était terminé et que le produit allait arriver sur le marché dans le courant de l’année prochaine.

 

Dispositif mains libres, pour en finir avec les tickets et autres badges

CEOd’Acube Technology fondée en 2017, David Correa travaille au développement de systèmes de contrôle d’accès mains libres. Pour expliquer sa démarche, il a pris des exemples de la vie de tous les jours: actionner une télécommande pour ouvrir la porte de son garage;prendre un ticket de parking pour garer sa voiture; présenter son badge d’accès à l’entrée de son entreprise, ou encore commander un billet de train sur son smartphone. «Toutes ces actions ont un point commun:il y a un détecteur – caméra, antenne RFID – et un objet – télécommande, ticket ou carte de crédit – et il en faut un pour chaque opération.»

Or, cela nécessite de l’entretien et de la maintenance, sans oublier que les tickets sont à usage unique. D’où l’idée d’avoir un seul boîtier connecté à différentes interfaces afin d’avoir un système de contrôle d’accès unique mains libres», a-t-il expliqué. Et comme quasi-tout le monde possède un smartphone, Acube Technology a imaginé une application qui, lorsque l’on se trouve dans le champ d’émission du boîtier, détecte la présence et libère l’accès – pour autant que la personne dispose des droits. «L’avantage de notre système, c’est qu’il est 100%compatible avec ceux d’accès existants, et qu’il offre un niveau de sécurité élevé, comparable à celui utilisé dans l’e-banking. Il génère des économies de temps et d’argent et permet aussi d’améliorer le contrôle», a relevé David Correa. Par exemple pour une gérance immobilière, qui peut facilement activer ou désactiver l’accès à un garage collectif.

Restait à trouver la technologie permettant d’identifier de manière sûre les ayants droit. Or, celles du RFID, du GPSou de Bluetooth n’offrant pas une précision suffisante, Acube Technology est en train de développer, en partenariat avec la HE-Arc, un nouveau système qui, à terme, doit permettre de détecter l’app sur le smartphone, de libérer l’accès et, le cas échéant (pour le paiement d’un parking public ou d’un trajet en transport public par exemple), de débiter automatiquement le montant de la transaction. Aujourd’hui, a précisé David Correa, le Cube 1 (accès à un garage privé) est déjà opérationnel. Le système développé avec la HE-Arc, utilisable pour des parkings publics, devrait l’être dès 2020.

Articles correspondant: Région »