Concrètement, les 15 480 signataires demandent au canton d’user de sa position d’actionnaire principal de BKW FMB Energie SA (FMB), propriétaire de la centrale, pour fermer cette installation, jugée dangereuse. Les auteurs de l’initiative rappellent qu’en vertu de la loi sur l’énergie nucléaire et de la Constitution bernoise, le canton porte la responsabilité principale en cas d’accident. Ils estiment inacceptable de faire peser une telle responsabilité sur les épaules des citoyens.
La récolte des signatures a été très rapide, puisque le comité avait jusqu’en avril pour récolter les 15 000 paraphes nécessaires. Pour ce dernier, cette rapide récolte démontre bien que la population souhaite l’arrêt immédiat du réacteur. La Constitution invoquée Dans un courrier adressé à fin janvier aux membres du Grand Conseil, deux membres du comité d’initiative demandaient aussi aux députés d’exiger l’arrêt immédiat de la centrale en invoquant l’article 31 de la Constitution cantonale sur la protection de l’environnement. Ils constataient aussi que la poursuite de l’exploitation d’une telle installation en toute sécurité coûterait très cher et que d’un point de vue purement économique, le maintien de cette centrale n’était pas acceptable. A leurs yeux, la mise à l’arrêt immédiate permettra non seulement de réaliser des économies, mais elle contribuera à protéger l’environnement et les citoyens, qui pourront dormir tranquilles.
Quant à l’argument des places de travail que brandissent les partisans de la centrale, les opposants rétorquent qu’il n’y aura pas de licenciements massifs car les éléments combustibles devront de toute façon rester sous haute surveillance dans des bassins de refroidissement pendant au moins cinq ou six ans. De surcroît, les travaux de démantèlement de l’installation et le stockage définitif des déchets radioactifs vont générer des investissements de plusieurs milliards de francs et créeront des postes de travail. Reste qu’avec 52% des actions de FMB, le canton n’a pas les moyens d’exiger l’arrêt immédiat de la centrale lors de l’assemblée des actionnaires. Une telle démarche nécessite une modification des statuts de la société, qui requiert un vote à la majorité des deux tiers. L’an dernier, une telle demande avait déjà été rejetée lors de l’assemblée générale. /pho
- Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire
