Vous êtes ici

Un parti centriste au réel pouvoir décisionnel

Les Verts libéraux couvrent une vaste palette entre la gauche et la droite. Avec leurs quatre représentants au Conseil de ville, ils pourront faire pencher la balance tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, tout en restant indépendants.

Un parti centriste au réel pouvoir décisionnel

Marjorie Spart


Les Verts libéraux ont créé la surprise dimanche en plaçant quatre candidats au Conseil de ville. Ce parti, qui défend des thèmes comme l’écologie mais aussi le libéralisme économique, se situe au centre de l’échiquier politique. Mais ses élus, comme Max Wiher ou Alain Pichard, sont très éloignés quant à leur orientation gauche-droite, comme le montre le tableau Smartmap publié ci-contre.


En effet, à y regarder de plus près, force est de constater que le coprésident Max Wiher est plus proche des idées du Parti socialiste, alors qu’Alain Pichard aurait davantage d’affinités politiques avec le Parti radical. Ces disparités risquent fort de peser dans la balance lors de votes au Conseil de ville. Rappelons que la gauche (Parti socialiste et Verts confondus) détiendra, dès le 1er janvier, 30 sièges au Conseil de ville, soit la moitié des fauteuils du parlement biennois.


Selon les jeux des alliances, les Verts libéraux peuvent donner l’avantage à la gauche, en votant comme elle, ou alors lui mettre des bâtons dans les roues. Interrogé sur l’orientation exacte de son parti, Max Wiher répond: «Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, mais très au centre. Longtemps l’écologie a été cataloguée comme étant l’apanage de la gauche. Mais tel n’est pas le cas. Le souci écologique répond uniquement à une vision très réaliste du monde actuel. Nous partageons certaines idées des Verts sur l’écologie, mais nous nous sentons proches des radicaux quand il s’agit de parler de libéralisme économique et des finances.»


Cette entrée en force a réjoui doublement le coprésident parce que d’une part, il ne s’attendait pas à obtenir autant de sièges pour la première participation des Verts libéraux à des élections municipales. D’autre part, grâce à ses quatre nouveaux élus, le parti peut former sa propre fraction. Il n’aura pas besoin de s’allier à un autre groupe parlementaire pour faire entendre sa voix. «Nous n’avons pas encore eu une discussion au sein du parti pour décider si oui ou non nous formerions une fraction. Mais personnellement, je trouve qu’en constituer une garantit notre indépendance et de pouvoir voter librement selon les sujets proposés», confie Max Wiher.


Une dernière inconnue dans ce tableau est de savoir si Roland Gurtner, élu sous les couleurs du mouvement citoyen Passerelle, voudra s’allier aux Verts libéraux et intégrer leur fraction – s’ils la constituent bien évidemment – ce qui donnerait encore davantage de force au parti de Max Wiher.


La prochaine législature s’annonce donc pleine de surprises et de rebondissements. Les Verts libéraux pourraient bien avoir entre leurs mains une bonne partie de la destinée de Bienne la Rouge... et Verte, parfois libérale. /MAS

Articles correspondant: Région »